Les Externalités négatives du transport aérien sur le climat, il est temps d’agir.

UN TRAJET 15 FOIS PLUS ÉMETTEUR QU’UN TRAIN ET 45 FOIS PLUS QU’UN TGV

Résultat de recherche d'images pour "avion qui pollue"

Pour comparer les externalités négatives (pollution climatique) des différents modes de transport, les chiffres les plus utilisés sont ceux des émissions de CO2  par voyageur par kilomètre, c’est-à-dire des émissions pour un voyageur parcourant un kilomètre grâce à ce mode de déplacement. Se basant sur ces critères, l’avion ressort en tête du classement des modes les plus polluants, dans les proportions similaires à la voiture individuelle et avec des émissions de l’ordre de 45 fois supérieures au TGV (ou 15 fois pour la moyenne des trains longue distance). Cela permet d’illustrer, par exemple, qu’un voyage Lille – Marseille aura le même impact en avion que pour une personne seule en voiture, mais un impact 45 fois plus important que s’il était réalisé en TGV.

SOURCE: AURELIEN BIGO/DONNEES ADEME ET ENTDCC BY-NC-ND ( https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/la-mobilite-des-francais-panorama-issu-de-lenquete-nationale-transports-et-deplacements-2008)

La figure ci-dessus est tiré de la “Revue du CGDD : la mobilité des français panorama issu de l’enquête nationale transports et déplacements 2008”; on a en ordonnée les émissions de CO2 par kilomètre et en abscisse la moyenne des émissions des différents modes de déplacements allant du train courte distance barre en vert à l’avion barre en rouge. Les barres de gauche de couleur verte représente la moyenne pour le mode train, celle du milieu en hachurée seulement pour les déplacements à courte distance, et à droite les déplacements longue distance qui sont plus directement comparables à l’aérien en termes de motifs. D’après la figure, on pourrait clairement penser que l’avion et la voiture ont des impacts similaires. Sauf que la rapidité de l’avion lui permet d’atteindre des distances lointaines en très peu de temps. Alors que personne n’imaginerait faire un aller-retour Lille-Marseille en voiture dans la journée. Un second critère à examiner concerne donc les émissions par heure de trajet. Une personne prête à faire 10 heures de trajet pour partir en vacances traversera la France ou atteindra un pays voisin si elle part en voiture, en train ou en car. Opter pour l’avion lui permettra de partir sur un autre continent. Cette vitesse implique que le trajet moyen en avion est de 2 400 km, loin devant les autres transports dont les trajets à longue distance sont généralement de l’ordre de 300 km et de quelques kilomètres à quelques dizaines de kilomètres tous trajets confondus. Monter dans un avion est ainsi loin d’être anodin en matière d’impact climatique comparé aux autres modes de transport.

Émissions de CO₂ par heure de transport puis par trajet, en fonction du mode de transport.

SOURCE: AURELIEN BIGO/DONNEES ADEME ET ENTDCC BY-NC-ND ( https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/la-mobilite-des-francais-panorama-issu-de-lenquete-nationale-transports-et-deplacements-2008)

On voit aisément que  les émissions d’un kilomètre en avion équivalent à peu près à un kilomètre effectué seul en voiture, une heure en avion est 13 fois plus émettrice qu’une heure en voiture. Monter à bord d’un avion rendra votre trajet 125 fois plus émetteur en moyenne que de monter dans une voiture ; et plus de 1 500 fois plus émetteur que de monter dans un train.

D’AUTRES EFFETS RÉCHAUFFANTS AUTRES QUE LE CO2

Une seconde analyse réside dans le fait que les émissions de COne représentent qu’une partie de l’impact climatique de l’aviation. Parmi les autres effets les plus parlants, on a les oxydes d’azote (NOx) émis dans la haute atmosphère qui entraînent une réduction de la quantité de méthane (CH4) et une production d’ozone (O3), deux gaz à effet de serre, ainsi que les traînées de condensation et les cirrus (genre de nuage présent dans la couche supérieure de la troposphère entre 5 000 et 14 000 mètres d’altitude) qui ont tous deux un effet réchauffant.

UNE POLLUTION SOUS-ÉVALUÉE, IL FAUT REFAIRE LES CALCULS DE ÉCOTAXE AÉRIENNE 

Calculer son bilan carbone personnel sur une année permet de se rendre compte de ce très fort impact, à l’échelle individuelle, d’un trajet en avion à longue distance. Par contraste, si l’on se place au niveau français ou mondial, l’impact climatique du transport aérien peut paraître relativement faible. Si l’on regarde les statistiques françaises, les émissions de CO du transport aérien représentent seulement 2,8 % des émissions des transports et 0,8 % des émissions totales de gaz à effet de serre en 2016. Ces faibles chiffres s’expliquent par le fait que seuls les trajets internes à la France sont comptés (outre-mer compris). Les transports aériens et maritimes internationaux ne sont en effet pas pris en compte dans les chiffres des conférences des Nations Unies sur le climat.

Par conséquent, le secteur se fixe ses propres objectifs climatiques (forcément peu contraignants) via l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), et les inventaires nationaux des émissions reflètent donc un périmètre purement national. Pourtant, compter les trajets internationaux multiplie par six l’impact de l’aérien pour la France, pour le faire passer à 13,7 % des émissions des transports et 4,4 % des émissions totales du pays.

Au niveau mondial, l’aérien représente en 2015 environ 11% d’émissions de COdes transports, soit 1,5 % des émissions totales de gaz à effet de serre. Ce constat est très alarmant et amène à réfléchir sur la fiscalité environnementale du transport aérien,qu’il vaut recalculer en prenant en compte pour le transport aérien les émissions de CO2 de des voyageurs par kilomètre sur la distance parcourut et ses autres effets réchauffants.     

 

SOURCES:

1/ https://www.dataero.fr/est-ce-que-les-avions-polluent/

2/https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/sites/default/files/2018-11/La_mobilite_des_Francais_ENTD_2008_revue_cle7b7471.pdf

A propos de Paul OHANSON

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.