À la rencontre des justiciers des forêts

Soyons lassés des atermoiements pour protéger les forêts primaires. Soyons angoissés par le son des tronçonneuses détruisant l’épiderme de la terre. Soyons inquiets des risques écologiques connus de la déforestation. Mais, réjouissons-nous des récits de celles et ceux qui agissent contre la disparition des millions d’hectares du poumon de la terre, qui font valoir les ressources forestières et qui reboisent la terre. Ces hommes et femmes nous montrent qu’il est temps de « remonter dans l’arbre ».  

 

Le mouvement Chikpo Andolan : une protestation féministe et pacifique pour sauver des arbres 

‌Dans son ouvrage Soeurs en écologie, Pascale d’Erm retrace des portraits de femmes engagées. L’auteure raconte notamment l’opposition des paysannes illettrées aux actions des compagnies forestières dans la vallée de l’Uttar Pradesh (Inde). Afin de sauver les arbres de l’abattage, ces femmes les ont entourés de leurs bras et ont rappelé leur rôle au sein des communautés (la régulation de l’eau, le maintien des sols, la protection des cultures, ou encore leur utilité contre les glissements de terrain). Après plusieurs semaines, le mouvement Chikpo Andolan a obtenu à ce que les forêts soient sous leur propre responsabilité.

 

Jadav Payeng ou Forest Man

Le récit de Jadav Payeng, que l’on surnomme « Forest Man », traverse les frontières grâce à un documentaire réalisé par William Douglas McMaster. On suit cet homme en promenade au cœur de son incroyable forêt. Déterminé à sauver l’île de Maluji, située dans le Nord-Est de l’Inde, de l’érosion par les eaux du Brahmapoutre, Jadav Payeng a planté, arbre par arbre, une forêt de 550 hectares. Au sein d’un écosystème harmonieux ainsi recréé, la forêt abrite aujourd’hui de nombreuses espèces animales, dont plusieurs en voie de disparition.

 

Tristan Lecomte, l’ambassadeur de l’arbre

Tristan Lecomte, fondateur d’Alter Eco et PUR Projet, convainc les grandes entreprises de « remonter dans l’arbre » en soutenant leurs agriculteurs-fournisseurs par l’insetting. À la différence de l’offsetting, l’insetting ou la compensation carbone développée par PUR Projet intègre grâce à l’agroforesterie des engagements sociaux et environnementaux dans la chaîne de valeurs de l’entreprise. L’insetting conduit ainsi à la réconciliation et au dépassement des antagonismes.

Zoom sur Nespresso pour une dose de neutralité carbone  :

Depuis 2013, Nespresso s’est engagé aux côtés de PUR Projet dans un programme d’insetting ambitieux sur sa chaîne d’approvisionnement de café. L’objectif est de restaurer et préserver les écosystèmes de café desquels dépend Nespresso pour assurer la qualité de ses Grands Crus, ainsi que d’améliorer la qualité et le cadre de vie des producteurs de café. À travers la mise en place de projets agroforestiers d’insetting à grande échelle en Colombie, au Guatemala et en Éthiopie, Nespresso et PUR Projet travaillent main dans la main avec les fermiers qui plantent des arbres autour et au sein de leurs parcelles de café. 

– Extrait des Programmes Insetting sur www.purprojet.com

Dans son ouvrage Et si on remontait dans l’arbre ?, Tristan Lecomte recense plus de 100 bénéfices de l’arbre. En voici quelques uns à (re)découvrir et à partager : 

L’arbre emprisonne le carbone.

L’arbre rapporte au sol l’azote dont les autres plantes ont besoin pour pousser.

L’arbre limite les risques d’inondation.

L’arbre permet aux oiseaux de nicher, à l’ours de se gratter le dos.

L’arbre contribue à la pollinisation des cultures en abritant les essaims d’abeilles.

L’arbre nous permet d’écrire et de lire.

L’arbre est médecine.

L’arbre offre ses branches aux enfants qui grimpent le long de son tronc et construisent des cabanes.

L’arbre se laisse contempler par les artistes et leur murmure leur inspiration.

L’arbre structure notre vison de la famille : il est généalogique.

L’arbre est le témoin des amours naissants : qui n’a jamais gravé un cœur à la pointe du couteau dans l’écorce d’un arbre ?

L’arbre symbolise la sagesse : le roi Saint-Louis au pied de son chêne rendait la justice, tout comme les anciens des villages africains à l’ombre de l’arbre à palabres.

 

Sources :

P. D’ERM, Soeurs en écologie. Des femmes, de la nature et du réenchantement du monde, Les Éditions La Mer Salée, Rezé, 2017

M. LAMBERT, « Forest Man », l’homme qui a planté à lui seul une forêt de 550 hectares, 2014, Disponible sur : https://www.maxisciences.com/foret/forest-man-l-homme-qui-a-plante-a-lui-seul-une-foret-de-550-hectares_art33128.html

T. LECOMTE, Et si on remontait dans l’arbre ? Les 100 bénéfices de l’arbre essentiels à l’humanité, Les Éditions La Mer Salée, Rezé, 2015

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1 réponse

  1. Lam dit :

    Bonjour,

    Il est toujours intéressant de connaître les actions qui existent et qui montrent qu’avec une bonne dose de volonté, les hommes et les femmes peuvent dépasser la fatalité.

    Merci pour cette article et les documents à découvrir.

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