Paris-Saclay : l’inauguration du réseau énergétique dernière génération

La mobilisation d’énergies renouvelables à grande échelle 

Un réseau de chauffage urbain, communément appelé “réseau de chaleur”, permet la distribution de chaleur par un maillage de canalisations à partir d’une installation de production centralisée, et à destination de plusieurs consommateurs, à l’échelle d’un quartier par exemple. En France, les réseaux de chaleur ont principalement commencé à se développer à partir du siècle dernier. Leur principal atout : c’est le seul moyen de production qui permet actuellement de mobiliser à grande échelle des énergies renouvelables, et ainsi de contribuer efficacement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

 

Schéma de principe d’un réseau de chaleur (Source ADEME Île-de-France)

En 2015, la loi sur la Transition énergétique pour la croissance verte fixe plusieurs stratégies énergétiques à suivre au niveau national, dont l’augmentation de la part d’énergies renouvelables et énergies de récupération (1) alimentant ces réseaux. L’objectif à atteindre est de 38% d’énergies renouvelables dans la consommation finale de chaleur en 2030. La quantité de chaleur et de froid renouvelable véhiculée par les réseaux devra alors être multipliée par 5 (année de référence : 2012). On parle ici de la géothermie, la chaleur issue de la valorisation des déchets ou encore la biomasse.

 

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Inauguration du réseau le 24 juin 2019 

 

Un réseau de chaleur cinquième génération 

En 2018, le Syndicat national du chauffage urbain recense en France 761 réseaux de chaleur et 23 réseaux de froid. Le pôle d’innovation technologique et scientifique de Paris-Saclay, situé à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, apporte désormais sa pierre à l’édifice en inaugurant le 24 juin 2019 son premier réseau échangeur de froid et de chaleur dernière génération. Ce projet participe à la réussite de l’objectif environnemental ambitieux de Paris-Saclay : devenir un territoire à énergie positive.

D’ici 2024, le réseau s’étalera sur 25 kilomètres qui desserviront une surface de 2,1 millions de m², constituée de laboratoires, établissements d’enseignement, de data center et autres bureaux. L’ensemble de ces bâtiments sera alimenté par une source d’énergie à la fois renouvelable, compétitive et locale: la géothermie profonde. En effet, à 700 mètres de profondeur sous une partie du bassin parisien se trouve la nappe d’eau souterraine de l’Albien fournissant une eau naturellement chauffée à 28°C, idéale pour ce réseau qui repose sur un circuit de distribution basse température. Pour valoriser cette énergie thermique, des puits géothermiques ont été réalisés, qui permettent à la fois à pomper l’eau puis, après en avoir prélevé les calories, à la réinjecter dans l’Albien.

 

Un technologie dernière génération 

La caractéristique innovante du projet réside dans sa capacité à faire des échanges de chaleur et de froid à un niveau décentralisé entre les divers bâtiments alimentés, contrairement à un réseau classique qui se contente de “distribuer” la chaleur. Ce mécanisme permet de plus, d’intégrer parfaitement les énergies de récupération. A titre d’exemple, la chaleur produite en été par les systèmes de climatisation pourra être réutilisée pour chauffer l’eau sanitaire. D’autres évolutions sont d’ores et déjà envisagées comme l’intégration de l’énergie solaire produite par les panneaux situés sur les toits d’immeuble ou encore d’éventuelles unités de méthanisation présentent sur le territoire. Le réseau sera piloté via un centre de commande installé sur le Campus Paris-Saclay et des chaufferies au gaz permettront l’appoint énergétique lors des pics de consommation.

Cette innovation est notamment rendue possible grâce à la forte digitalisation du réseau qui permet de tracer l’énergie consommée, bâtiment par bâtiment, et en temps réel. Ce système s’appuie sur une infrastructure numérique capable de collecter et de traiter plus de 5 000 données en temps réel.

 

Des économies d’énergie et de facture en prévision 

La chaleur produite sera à plus de 60% renouvelable, soit émettant deux fois moins d’émissions de CO2 que le gaz. Ce projet aura coûté 51,7 millions d’euros, dont 10 millions d’euros proviennent du fond chaleur de l’Ademe et 1,5 million de l’Union européenne. Ce type de projet présente un autre avantage certain : une facture énergétique complètement détachée des évolutions des cours des énergies fossiles et épuisables, dont le prix va, par définition, inévitablement augmenter proportionnellement à leur rarification.

 

(1) valoriser les énergies de récupération permet de récupérer de l’énergie qui, à défaut, serait perdue.

 

Sources :

SNCU

http://www.geothermie-perspectives.fr/article/objectifs-loi-transition-energetique

https://www.epaps.fr/contenu/reseau-dechange-de-chaleur-de-froid-de-paris-saclay-modele-innovant-service-de-transition-energetique/

 

 

Sources image : 

http://www.leparisien.fr/essonne-91/plateau-de-saclay-un-reseau-de-chaleur-et-de-froid-innovant-07-06-2019-8089023.php

https://www.ademe.fr/expertises/energies-renouvelables-enr-production-reseaux-stockage/passer-a-laction/transport-lenergie/reseaux-chaleur

 

A propos de Juliette MENOU

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