Chroniques de Géorgie 2 : Back dans le vrac

Voici le deuxième chapitre sarcastique sur le quotidien d’un étudiant en M2 DGEDD, écologiste convaincu, en Géorgie.

En Géorgie, une grande quantité de produits s’achète en vrac. 

Vous aurez sans doute lu dans le 4ème des commandements du bobo-écolo que « En vrac, tu achèteras ». Si je fais référence à des textes si anciens qui ont refait surface ces dernières années grâce aux scrupules extrémistes chlorophylle-marxistes, c’est parce que la consommation en vrac tant appréciée par les initiés n’a en fait rien de nouveau. Dans son étude sur la vente en vrac (2012), l’ADEME précise qu’elle se serait éteinte lors des années 1960 suite à la prolifération massive de l’emballage et de l’hyper-industrialisation agricole. Pour se protéger face à l’invasion de la consommation capitaliste, elle serait réfugiée dans zones plus accueillantes, notamment en Union Soviétique. Le climat y étant favorable à sa survie, elle s’y est ancrée et perdure jusqu’à aujourd’hui.

C’est lors de mes explorations en milieu autochtone que j’ai pu faire cette grandiose découverte. Qui aurait pu croire que c’est en Géorgie, pays caucasien peuplé de quelques 4 millions d’habitants, que je découvrirais l’eldorado du vrac ? Sans vouloir citer de grande chaîne de supermarché français, c’est dans ce carrefour de l’humanité que je trouve mon bonheur. Nos magasins zéro déchets paraissent bien ridicules face à ces supermarchés vous proposant généreusement des rayons entiers de biscuits, pâtes, riz, lentilles, haricots, œufs et tenez-vous bien, de bière en vrac !

Et pourtant, une autre découverte freine instantanément mon enthousiasme si ridicule. Le plastique a bel et bien réussi à franchir les chaînes du Caucase, s’y est installé et s’y porte très bien. Le Géorgien est devenu un collectionneur impulsif du sac en plastique. Pour résumer son addiction : un produit = un sac. Résultat des courses : plus d’une trentaine de sacs trônent sur les tapis de caisse. Pas un sac en papier de disponible, ce qui m’oblige à pécher.

Il m’a été difficile de renoncer à mes principes de bobo-bio. Ne maitrisant que quelques rudiments de la langue locale, était-ce la fin de tant d’années d’engagement et de convictions ? Si vous êtes dans la même situation que moi, cher.ère lecteur.rice, où que vous soyez sur cette planète, sachez que j’ai trouvé un moyen pour faire face à ce genre de situation. Je vous conseille de vous rendre au rayon boulangerie où vous trouverez avec un peu de chance des sacs en papier. Servez-vous généreusement pour faire et refaire vos achats, et ne vous souciez pas des regards moqueurs qui peuvent peser sur vous. Après tout, avant de donner des leçons de morale, soyez cohérents dans vos propres comportements.

 

Je continuerai à partager avec vous, cher.ère lecteur.rice, mes frustrations quotidiennes si vous le voulez bien. N’oubliez surtout pas de prendre ces chroniques au onzième degré, sans lequel mon univers personnel serait bien mélancolique.

 

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