Chroniques de Géorgie : l’arrogance écolo

Voici le premier chapitre d’un récit sarcastique sur le quotidien d’un étudiant en M2 DGEDD, écologiste convaincu, en Géorgie.

Dans les alentours de Tbilissi, le plastique envahit les plaines

Les anciens vous le diront : être étudiant en DGEDD ne se limite pas uniquement à la vie universitaire, c’est également, et avant tout, un état d’esprit, le partage d’une vision d’un monde meilleur, sans pollution et débarrassé de cette plaie qu’est le plastique. Alors que nous pensions le maîtriser, il a fait de nous son esclave. Et notre relation avec lui, malsaine et digne d’un traumatisme de Stockholm, ressemble à une mauvaise comédie dramatique à la française, avec du « je t’aime, moi non plus » à toutes les sauces.

Et pourtant le monde évolue. Les magasins zéro déchets émergent, l’achat en vrac renaît et les tutos sur « comment faire son propre dentifrice avec du charbon » ne vous auront pas échappé sur les réseaux sociaux. Alors que l’Union européenne prévoit l’interdiction des ustensiles en plastique à usage unique pour 2020, le reste du monde semble encore être sous perfusion face à cette malédiction.

Avoir des convictions, c’est bien. Les appliquer, c’est mieux. Après avoir complété votre collection de bocaux en verre, minutieusement remplis de produits achetés en vrac et trônant par ordre de couleur dans vos placards, vous vous considérez peut-être comme consommateur éco-responsable. Il faut le dire, il y a une certaine fierté qui se crée, qui sera sans doute perçue comme de l’arrogance par d’autres. Et quand vous arrivez enfin à faire vos courses sans même utiliser le moindre sac plastique, dans votre tête vous vous dites : « Mais comment ai-je pu être aussi débile pendant toutes ces années ? », un peu quand comme un fumeur qui arrive enfin à se passer de son addiction. Oui, il peut y avoir un peu d’arrogance dans tout cela.

Après avoir fait tant d’efforts pendant ces dernières années, me voilà coincé à la case départ. Le destin a voulu que je me trouve actuellement à Tbilissi, capitale de la Géorgie et de l’air la plus nocive dans le monde pour la santé humaine. Quel coup de grâce pour un écolo convaincu de se retrouver dans un monde médiéval en termes d’écologie, dans lequel la voiture est roi, le plastique le clergé et la pollution la peste.

Vous l’aurez compris, cher.ère lecteur.rice, que je suis dans l’exagération et que mes propos ne reflètent que vaguement la réalité. Je tiens tout de même à partager mon quotidien dans lequel, vous le verrez dans les mois à venir, mes convictions se verront heurtées à d’autres réalités et opinions, quelque fois à ma plus grande frustration.

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