Parlons de faits dits verts

Lisons les grands titres de la presse : « La résistance de la croissance française au ralentissement économique mondial », « Les nouvelles mesures pour répondre à la colère des gilets jaunes », « Le lancement du smartphone pliable de Samsung ». Titres pour le moins attirants, n’est-ce pas ? N’avez-vous pas le sentiment d’être étouffés par un amas d’articles porteurs de mauvaises nouvelles ? Ne souhaitez-vous pas, pour une fois, qu’on s’intéresse à votre point de vue ? Nous, oui. Nous sommes donc allées à votre rencontre.

À la première question, pour implanter le décor de notre micro-trottoir, « Qu’entendez-vous aujourd’hui par écologie ? », vous avez déclaré d’une même voix : le respect de la nature. N’est-ce pas là un signe que, les citoyens, certes à des degrés différents, y seraient enfin sensibilisés ? Justine, 24 ans, nous conforte dans cette idée en considérant que c’est « l’un des sujets les plus importants, politiquement, humainement et économiquement parlant ». Au détour d’une rue, Emmanuel, 47 ans, nous dira que « c’est un mal nécessaire pour notre pauvre monde ».

Discutons, à présent, sur l’échelon le mieux approprié pour insuffler le respect de l’environnement. Au fur et à mesure des rencontres, vous nous avez confié que la mobilisation doit s’établir « à chaque personne » (Charlie, 26 ans), « à l’échelon local pour impliquer la population dans les décisions écologiques » (Sophie, 24 ans), « au niveau régional pour peut-être faire bouger les hautes sphères, là où les lobbies ont d’autres chats à fouetter » (Michel, 61 ans) ou « à l’échelon mondial » (Emmanuel, 47 ans).
Ainsi, vous ne partagez pas le même point de vue. Alors qu’en pouvons-nous déduire ? La voix de Justine nous met sur la piste : « Disons que l’Union européenne ne peut pas laisser passer les thématiques écologiques, et c’est un devoir pour elle de s’en préoccuper et de s’investir en ce sens. On sait très bien que tous les efforts individuels, à petite échelle, sont bénéfiques, mais sûrement et évidemment pas assez. Les grandes instances, structures, entreprises ont un poids beaucoup plus lourd et doivent prendre leurs responsabilités»

Justement, l’Union européenne, en fait-elle assez pour l’écologie ? Le constat largement partagé dans vos réponses est que l’Europe défend avant tout des intérêts économiques souvent incompatibles avec l’écologie. Jean-Christophe et Sonia, la cinquantaine, nous expliquent que « ce qui intéresse surtout l’Europe c’est la finance et la croissance, l’écologie c’est loin d’être une priorité ». Pour d’autres, comme Emmanuel, « l’Union européenne est trop sous influence de lobbyistes pour être écologique ». 

Cette demande citoyenne pour plus d’écologie va-t-elle se traduire dans les intentions de vote ? Rien n’est moins sûr. Et c’est là toute la contradiction. Même si l’écologie est aujourd’hui sur toutes les lèvres, pour beaucoup les priorités sont ailleurs. Comme l’explique Paul, 19 ans, en faisant références aux élections européennes de mai prochain :  « Ce qu’on voit dans les sondages, c’est que les partis les mieux placés ne parlent pas d’écologie ».
Et il n’a pas tort : selon les derniers sondages, La République en Marche, le Rassemblement National et Les Républicains sont en tête des intentions de vote. Leurs programmes ne sont, cependant, pas réputés être les plus verts. Quant aux listes France Insoumise et Europe Ecologie Les Verts, elles ne recueillent chacune que 9 % des intentions de vote.

Mais la mobilisation existe en dehors des urnes, comme le montre l’engouement pour les initiatives citoyennes en faveur du climat. La « Marche du siècle » de mars dernier a rassemblé plus de 350 000 personnes à travers la France. Nous avons donc voulu connaitre votre avis sur ces marches pour le climat. Réelle utilité ou pur symbole ? Pour Alisé, 22 ans, « c’est une belle démarche [qui] réunit les esprits autour de convictions communes. C’est comme ça que les choses changent ». Même avis du côté de Jean-Christophe, qui estime que « plus on en parle, plus on alerte les gens et plus ça va avoir un impact sur les comportements ». D’autres approuvent ces manifestations, mais doutent de leur réelle efficacité. C’est le cas de Paul et Pauline, qui leur reconnaissent surtout une portée symbolique : « Ça montre que tout le monde se bouge mais au final est-ce que ça fait vraiment un grand effet… Moi je ne pense pas ». Certains dénoncent même une forme d’hypocrisie comme Sonia : « Tu fais ta petite marche et puis après une fois que tu rentres chez toi t’oublies, tu ne changes pas tes habitudes ». Pour d’autres, ces marches sont inefficaces car « la volonté politique manque » (Emmanuel).

Par ces échanges, nous en déduisons que, nous, citoyens, nous pouvons agir en attendant que la politique s’évertue pleinement dans l’écologie et soutienne tous nos gestes protecteurs de l’environnement.

 

Écrit par Juliette LACROIX et Anaïs GOUTTÉ-PONGANNE

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