No Planet, No Olympic Games !

Le sport, qu’il se pratique à l’échelle locale, nationale ou internationale, rassemble, émeut et inspire. On dit souvent que le sport est école de la vie: les Jeux Olympiques, événement mondial, peuvent-ils alors devenir un outil puissant de sensibilisation à la protection de l’environnement ? D’Athènes 1896 à Paris 2024, quel impact environnemental et quelles mesures sont prises par le CIO pour préserver la planète ? Comment s’assurer que les générations futures auront la possibilité d’exercer un sport sans mettre leur santé en danger ?

Bassin Olympique privé d’eau, de nageurs et d’entretien à Rio, six mois après les Jeux (Source: l’Express)

C’est en 1994 qu’a été intégrée à la Charte Olympique la nécessité de protéger l’environnement. Pourtant, ces dernières années, les impacts négatifs des Jeux Olympiques ont été très médiatisés : les Jeux d’hiver 2014 à Sotchi ont été qualifiés de jeux les plus polluants de l’histoire. Pour cause, la destruction de 2 000 à 4 000 hectares de forêts, la construction de 400 km de routes, de 12 tunnels et de 77 ponts, l’émergence de décharges sauvages mais aussi la disparition d’espèces d’oiseaux migrateurs. La seule idée d’organiser des Jeux d’hiver dans une station balnéaire au climat subtropical a fait polémique.

Personne ne peut non plus être insensible à la destruction d’une forêt vierge depuis plus de 500 ans pour la construction de pistes de ski alpin à Jeongsong, pour l’organisation des Jeux d’hiver en Corée du Sud en 2018. Après les Jeux d’été à Rio en 2016, on retiendra l’abandon quasi immédiat des infrastructures sportives, alors que des milliers de personnes avaient été expropriées entre 2009 et 2013 pour leur construction.

Face à ces ratés, comment réagit le CIO ? Comment réduire l’empreinte carbone et l’impact environnemental des futurs Jeux Olympiques ?

Récemment, le 18 décembre 2018, une initiative a été lancée par la convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) en partenariat avec le CIO : « Le sport au service de l’action climatique ». Un accord-cadre encourage les associations sportives à élaborer un plan en faveur du climat, en respectant cinq principes :

–          La promotion d’une plus grande responsabilité environnementale

–          La réduction de l’impact global des changements climatiques

–          La sensibilisation à l’action en faveur du climat

–          L’encouragement des habitudes de consommation durable et responsable

–          Prôner la lutte contre les changements climatiques à travers des campagnes de communication

Par la suite, le CIO, les comités d’organisation des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 et Paris 2024, des organisations sportives telles que Fédération mondiale de voile, la ligue mondiale de Surf, Roland-Garros, ont tous signé cet accord-cadre. Le CIO, en tant que chef de file, guidera les signataires dans la mise en œuvre de ces principes directeurs grâce à des guides pratiques*.

Ainsi, pour les prochains Jeux d’été qui auront lieu à Tokyo 2020, une stratégie de développement durable consultable ici à été prévue. Celle-ci assure la conformité des futurs jeux avec la norme ISO 20 121, un système de management environnemental appliqué aux événements. L’accent sera mis sur la gestion des déchets pour un événement « zéro déchets », la réduction de la consommation d’énergie, la production d’énergies renouvelables sur les sites de compétition ou encore sur les modes de transports. Il est prévu de mettre à disposition des véhicules propres et économes en carburant – des véhicules tout électrique, à pile à combustible ou hybrides. Il est également prévu de réutiliser des infrastructures existantes (15 sur 37), 28 se situeront dans un rayon de 8 km autour du Village Olympique. En effet, le déplacement des athlètes et des spectateurs est un enjeux crucial car le transport représente la plus grosse empreinte carbone d’un tel événement.

Le CIO exige donc désormais des candidats aux Jeux Olympiques une stratégie de développement durable stricte en amont, ce qui encourage la prise en compte de l’environnement par les pays organisateurs. En revanche, l’on peut se demander quelles sont les réelles conséquences si un organisateur des Jeux ne respecte pas ses engagements écologiques ? Il n’existe à l’heure actuelle aucune sanction significative et dissuasive en cas de dégradation des espaces naturels, de pollution des eaux, ou encore de pollution atmosphérique.

La France organisera les Jeux Olympiques d’été à Paris en 2024. Le Comité d’organisation a signé un accord avec le WWF France pour partager une ambition commune : organiser le premier événement mondial qui s’alignera sur l’Accord de Paris. Affaire à suivre.

Source : WWF France

 

*Carbon Footprint Methodoly for the Olympic Games and Paralympic games et Sports for climate action en collaboration avec la CCNUCC.

 

Sources :

Le CIO prend les rênes de l’initiatives des NU pour le sport au service de l’action climatique, Comité International Olympique, 11/12/2018

JO 2024 : Paris veut battre des records environnementaux, Novethic, 13/09/2017

Jeux Olympiques 2014, Pourquoi Sotchi ne rime pas avec écologie, Ma Planète « Sud Ouest », 07/02/2014

Tokyo 2020, Stratégie de développement durable

 

 

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