Plastiques à usage unique : un pas en avant, deux pas en arrière

« Il est illusoire de penser que nous serons prêts en 2020 » a déclaré Frédéric Marchand

Comme beaucoup d’entre nous l’ont suivi récemment, l’Union Européenne a adopté une directive relative à l’interdiction des plastiques à usage unique. Proposé par la Commission Européenne en mai 2018, le texte avait été validé dans la nuit du 18 décembre 2018 après de longues discussions. Malgré une décision fixe, un sénateur LREM a déposé un amendement ce mardi 29 janvier 2019, afin de remettre en question la date d’entrée en vigueur de cette directive et demande à en limiter les effets.

Pour rappel !

70% des déchets se trouvant dans les océans proviennent de ces plastiques à usage unique. L’Union Européenne a donc vu juste en proposant ce texte visant à interdire l’utilisation de produits plastiques tels que les cotons-tiges, les couverts en plastique ou encore les pailles lorsque le remplacement est possible. Pour d’autres produits, un simple objectif de diminution de consommation a été fixé aux états membres. Les états se voient aujourd’hui dans l’obligation de revoir leurs exigences au niveau de la conception des produits ainsi que de la gestion des déchets.

Afin d’être en conformité avec le droit communautaire, la France a modifié l’article L541-10-5 du Code de l’environnement qui affirme maintenant que « au plus tard le 1er janvier 2020, il est mis fin à la mise à disposition des gobelets, verres et assiettes jetables de cuisine pour la table, pailles, couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux-repas, pots à glace, saladiers, boîtes et bâtonnets mélangeurs pour boissons en matière plastique, sauf ceux compostables en compostage domestique et constitués, pour tout ou partie, de matières biosourcées. » Il y est également indiqué la fin de l’utilisation des bâtonnets ouatés, des contenants alimentaires en plastiques et des bouteilles d’eau en plastique dans le cadre de la restauration scolaire, tout cela pour le 1er janvier 2020 ou pour le 1er janvier 2025.

La date joue ici un rôle apparemment important puisque Mr Frédéric Marchand, sénateur LREM a justifié son amendement en affirmant que « 1500 à 2000 emplois sont menacés par l’entrée en vigueur de ces nouvelles interdictions ». Selon le Sénat qui a adopté cet amendement modifiant le projet de la loi PACTE, le Gouvernement aurait besoin de plus de temps afin de préparer la transition et pour minimiser les risques sur les emplois. Les sénateurs sont particulièrement inquiets d’une « distorsion de concurrence » par rapport aux pays voisins qui, eux, pourraient repousser l’interdiction de ces produits à plus tard.

Ce contre-temps prouve encore une fois que la transition écologique ne pourra pas se faire sans penser à une transition sociale en amont. Il est temps de commencer à repenser notre modèle social afin de se préparer aux futurs conséquences que va entraîner la protection de l’environnement. Même si l’interdiction de ces produits n’est pas remise en cause, il ne faudrait pas se faire avoir par un retour en arrière et pouvoir aujourd’hui oser prendre de l’avance.

A propos de Louisiane DEREAT

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