L’agroécologie, terreau fertile pour une alimentation durable

 

Appauvrissement des sols, pollution, risques sanitaires et environnementaux, … notre modèle agricole basé sur la monoculture intensive est à bout de souffle. La transition vers l’agroécologie est une solution permettant de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de préservation des écosystèmes.

 

L’agroécologie : comment ça marche ?

Au croisement des sciences de l’environnement (écologie) et des sciences agricoles (agronomie), l’agroécologie vise une agriculture en symbiose avec la nature. Le principe consiste à adapter les méthodes agricoles aux spécificités du terrain et de l’environnement afin de respecter l’équilibre des écosystèmes.

Exit les intrants chimiques et la mécanisation à outrance. L’agroécologie mise sur des méthodes plus douces comme la rotation des cultures, l’association d’espèces complémentaires, le paillage, la culture sur buttes, le compostage, le reboisement, etc.

Un modèle gagnant-gagnant

Tourner le dos au modèle productiviste conventionnel n’est pas synonyme d’insécurité alimentaire. Une étude de l’Institut du Développement Durable et des Relations Internationales (Iddri) montre qu’un modèle agroécologique est en mesure de subvenir aux besoins de 530 millions d’européens en 2050. Les écarts de rendements avec l’agriculture intensive sont peu significatifs. Couplée à une transition vers un modèle alimentaire soutenable, l’agroécologie semble tout à fait capable de nourrir la planète.

Cette démarche dépasse aussi les simples enjeux agricoles en promouvant des valeurs de justice sociale et de démocratie. L’agroécologie est par exemple intimement liée aux luttes contre l’accaparement des terres agricoles.

Aussi, à l’inverse de la Révolution Verte, l’agroécologie nécessite peu de ressources techniques, matérielles ou d’investissements pour être mise en œuvre efficacement dans les pays en développement.

L’agroécologie s’inscrit en politique

Les pouvoirs publics commencent à se pencher sur la question. Dernièrement, l’ONU s’est positionnée en faveur d’une évolution vers un modèle agroécologique, gage d’un système alimentaire soutenable.

En Amérique latine, de nombreuses mesures sont prises depuis les années 1980 pour promouvoir le développement de l’agroécologie en réponse aux enjeux sociaux et environnementaux.

Au niveau Européen les démarches sont encore balbutiantes. La réforme de la PAC, bien qu’ambitieuse sur le papier, demeure encore timide sur cet aspect.

En France, un plan d’action global pour l’agroécologie a été lancé en 2014. En parallèle, des groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE) ont été créés. Ces collectifs d’agriculteurs qui s’engagent dans une transition agroécologique comptent à ce jour plus de 7500 exploitations.

Au regard des limites écologiques, sociales et économiques de l’agriculture conventionnelle, la mutation de notre modèle agricole vers un système soutenable est une urgente nécessité.

 

Sources :

Actu Environnement, L’agroécologie peut nourrir l’Europe en 2050

Alimenterre, L’agroécologie peut nourrir le monde

France Nature Environnement, Qu’est-ce que l’agroécologie ? 

Le Coq et al., Politiques d’appui à l’agroécologie en Amérique Latine et Caraïbes: enseignement des processus d’institutionnalisation 

Pour la solidarité (think tank), Agroécologie et politiques publiques en Europe

Sciences et Avenir, L’agroécologie pourrait nourrir et sauver la planète selon l’ONU

A propos de Juliette LACROIX

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