L’autoconsommation peine à se généraliser en France

Plus de 2 ans après son autorisation officielle, par la Loi du 24 février 2017, puis précisée, pour son volet collectif, par le Décret du 28 avril 2017, l’autoconsommation cherche encore et toujours son équilibre économique et les bons réglages réglementaires pour espérer s’imposer comme une alternative à un système énergétique centralisé.

 

L’échec de la 2e tranche d’appel d’offres autoconsommation

Prévue pour 50 MW, la deuxième tranche de l’appel d’offres autoconsommation n’a retenu que 2,2 MW de projets sur les quelques 18 MW ayant été déposés les développeurs.

L’appel d’offres lancé par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) portait rappelons-le sur « la réalisation et l’exploitation d’installations de production d’électricité à partir de sources d’énergies renouvelables situées en France métropolitaine continentale, dont au moins 50% de la production est autoconsommée et dont la puissance est comprise entre 100 et 500 kW ». Il s’adressait majoritairement aux industriels français, plus à même de pouvoir consommer en temps réel l’énergie produite.

 

Pourquoi un tel échec ?

 La CRE s’était montrée très critique, dès le lancement de cet appel d’offres par le Gouvernement, notamment sur le niveau et le calcul du complément de rémunération appliqué à l’électricité ainsi produite.

En effet, ce complément de rémunération fixé ex ante, au regard du prix proposé par le candidat dans son offre, de l’énergie autoconsommée et de la puissance maximale annuelle injectée sur le réseau ne permet pas de prendre en considération les variations des prix du marché.

Plusieurs explications peuvent donc être apportées au désintérêt flagrant, notamment des industriels, face à ce dispositif. La principale d’entre elles, est : étant donné que le producteur valorise une partie de son électricité sur le marché, il est incité à autoconsommer sa production au moment où il y a un excédent de production et, au contraire, à l’injecter au moment où il y a un déficit, et où les prix de marché sont donc les plus élevés.

Ce constat traduit une fois de plus l’incapacité des politiques en faveur de la transition énergétique à inciter les acteurs économiques, qui réfléchissent et agissent selon des décisions prises à courts termes, à penser, ne serait-ce qu’un peu plus, sur le long terme.

Pourtant, les prévisions font de ce secteur un enjeu stratégique pour l’industrie de la transition énergétique : RTE anticipe qu’en 2035, l’autoconsommation individuelle et collective pourrait représenter 10 GW d’installations solaires alimentant 3,8 millions de foyers.

 

Face à ce constat, une question est à méditer. Penser l’énergie de manière générale et réfléchir au développement d’un système énergétique durable et résiliant, revient à interroger notre relation à la nature : voulons-nous vivre en harmonie avec elle ou bien la détruire, jusqu’au jour où nous nous rendrons compte que l’argent ne se mange pas ?

 

https://www.cre.fr/Documents/Appels-d-offres/Appel-d-offres-portant-sur-la-realisation-et-l-exploitation-d-Installations-de-production-d-electricite-a-partir-d-energies-renouvelables-en-auto

 

 

 

A propos de Marion LEMOIGNE

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.