La route vers le gaz d’origine renouvelable

La méthanisation est un marché en plein essor, dont le développement se trouve au croisement des domaines de l’économie, de l’agriculture et de l’environnement.

Qu’est-ce que la méthanisation ?

La méthanisation est un procédé naturel permettant de produire de l’énergie grâce à la décomposition de matière organique mélangée à des bactéries. Cette technique engendre la formation d’une énergie renouvelable, le biogaz, ainsi que d’un résidu résultant de la digestion des déchets par l’enceinte hermétique, le digestat.

Le biogaz, également appelé biométhane, peut être valorisé de différentes manières : utilisé comme source de chaleur ou d’électricité (le méthaniseur est alors un site en « cogénération »), directement injecté dans le réseau de gaz (site en « injection »), comme source de chaleur seule, de carburant (bioGNV, gaz naturel pour véhicules). Le gaz injecté dans le réseau est alors une véritable alternative au gaz naturel, énergie fossile amenée à disparaitre. Les réserves mondiales de gaz naturel sont évaluées à une cinquantaine d’années à notre rythme de consommation actuel.

Un contexte règlementaire favorable

La France compte aujourd’hui 405 installations de méthanisation. Dans le cadre du « plan climat » dévoilé en 2017, l’objectif affiché est de développer cette technique et par là, augmenter le nombre de méthaniseurs.

La loi de transition énergétique pour la croissance verte a pour ambition de voir se dégager une proportion égale à 10% de gaz d’origine renouvelable de la consommation finale brute d’énergie à horizon 2030.

La programmation pluriannuelle de l’énergie, qui est en cours de révision, prévoit 137 MW de puissance totale installée fin 2018 pour la méthanisation sous forme de cogénération (au 31 mars 2018, 142 MW étaient déjà installés). Il est prévu que les sites d’injection injectent du biométhane dans le réseau à hauteur de 1,7 TWh fin 2018: au 31 mars 2018, la capacité de production était de 637 GWh/an. Les professionnels du secteur proposent de fixer un objectif de 60 TWh pour 2028, dont plus de 50 TWh de biométhane issu de la méthanisation.

Parallèlement, un groupe national de travail « méthanisation » présidé par Sébastien LECORNU, a annoncé le 26 mars 2018 une série de mesures visant à favoriser l’émergence de projets, simplifier la règlementation et réduire les délais, faciliter l’approvisionnement en amont et les débouchés en aval, valoriser au mieux le gaz et diffuser la connaissance.

Un chemin semé d’embûches

Les matières incorporées dans le méthaniseur (les « intrants ») peuvent provenir de sources variées : les collectivités, les entreprises industrielles et agricoles. La commission LECORNU souligne que le « Gouvernement a fait le choix de s’appuyer sur les agriculteurs pour accélérer le développement de la filière car ils disposent de la matière première permettant la production de biogaz », la méthanisation devient également « un complément de revenus évident pour le secteur agricole », actuellement en difficultés.

Les agriculteurs sont la cible privilégiée de cette nouvelle technique. Cependant ne devient pas méthaniseur qui veut.

Tout d’abord, il s’agit d’une technique complexe mettant en jeu des organismes vivants. Il est nécessaire de maitriser les intrants, effectuer le suivi et pouvoir effectuer la maintenance de l’unité de méthanisation.

La méthanisation se heurte également à des problèmes d’acceptabilité générés souvent par des idées reçues. L’établissement de nombreux prestataires spécialisés dans des services de concertation citoyenne, ateliers d’information ou autre accompagnement témoignent de la nécessité pour les porteurs de projets de considérer ces questions. Il s’avère que certains préjugés mènent la vie dure aux nouveaux agriculteurs-méthaniseurs : ne sont pas justifiées les allégations concernant la création de nuisances sonores ou olfactives. Une unité de méthanisation ne présente d’ailleurs pas plus de danger qu’une station-service. Le chemin peut être long et laborieux jusqu’à la mise en route de l’installation.

C’est dans ce contexte divisé, entre soutien et complexité, que le biométhane doit se trouver une place pour aujourd’hui … et surtout pour demain.

Pour plus d’informations :

http://www.pardessuslahaie.net/frontend.php/agriculteurs-methaniseurs/39

http://www.injectionbiomethane.fr/wp-content/uploads/2018/04/rex-appropriation-locale-final.pdf

http://www.ademe.fr/informer-dialoguer-autour-dun-projet-methanisation

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/plan-liberation-des-energies-renouvelables-sebastien-lecornu-presente-15-conclusions-du-groupe

A propos de Carole COMBE

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.