Le chlordécone et ses ravages dans l’outre-mer

Le chlordécone, pesticide néfaste pour la santé, utilisé dans les bananeraies en Guadeloupe et Martinique entre 1972 et 1993.

Ce pesticide, pendant sa période d’utilisation, était considéré comme nécessaire pour la production des bananes en Martinique et Guadeloupe. Celui-ci était employé pour combattre le « charançon du bananier » et d’autres insectes attaquant cette culture dans les Antilles françaises entre 1972 et 1993.

Dans un rapport de l’OMS de 1991 intitulé : “Sur l’utilisation des pesticides en agriculture et ses conséquences pour la santé publique[1].” L’OMS dans ce rapport, présente le chlordécone comme un pesticide probablement cancérigène pour l’homme d’après les travaux du CIRC (Centre International de Recherche sur le Cancer). Précisons tout de même que c’est depuis 1979 que le CICR l’avait classé dans cette catégorie.

Dans ce même rapport, l’OMS présente ce produit comme responsable de problèmes neurotoxiques. Elle affirme : « La chlordécone, un hydrocarbure chloré utilisé comme insecticide a provoqué en 1975 plus de 57 cas de troubles neurologiques chez les travailleurs de Hopewell (Virginie)… Quatre ans après l’exposition, plusieurs d’entre eux continuaient à manifester des signes d’atteinte neurologique. »[2]

Santé publique France précise que durant toutes ces années d’utilisation, le chlordécone a pollué les sols et les eaux, contaminé la population et la chaîne alimentaire dans ces deux départements. Analyse partagée par L’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)[3].

L’ANSES, dans son rapport intitulé : « Exposition des consommateurs au chlordécone, résultat de l’étude Kannari »[4], stipule que l’exposition et le contact avec le chlordécone augmente de manière significative le risque de développer un cancer de la prostate.

Le chlordécone a été interdit aux USA depuis 1977 suite aux nombreux problèmes causés à l’environnement et ses effets toxiques constatés dans des usines de production. De plus, le CICR l’avait déjà classé comme probablement cancérigène  depuis 1979. Comment se fait-il que les autorités aient attendu 1993 pour interdire ce produit sur l’ensemble du territoire ? On peut se poser la question.

Ce qui est certain, nous ne sommes qu’au début d’une affaire qui est loin d’être terminée. Philippe Verdol, maître de conférence en sciences économiques à l’université des Antilles, également président de l’association guadeloupéenne EnVie-santé, affirme dans le journal Le Monde[5] sa volonté de saisir la justice suite au rapport de l’ANSES sur le chlordécone.

L’affaire chlordécone deviendra-t-elle une nouvelle affaire comparable à celle du sang contaminé?

 

Image libre de droit

Sources :

http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/40742/9242561398_fre.pdf?sequence=1&isAllowed=y&ua=1

https://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Sante-des-agriculteurs-risques-et-expositions-professionnelles/Le-chlordecone-cas-particulier-de-l-outre-mer

https://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/06/29/chlordecone-les-limites-autorisees-dans-les-aliments-attaquees-devant-la-justice_5322930_1652666.html

https://www.anses.fr/fr/system/files/ERCA2014SA0029Ra.pdf

https://www.anses.fr/fr/content/chlord%C3%A9cone-dans-les-antilles-certains-modes-d%E2%80%99approvisionnement-alimentaire-favorisent-une

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chlord%C3%A9cone

 

[1]http://apps.who.int/iris/bitstream/handle/10665/40742/9242561398_fre.pdf?sequence=1&isAllowed=y&ua=1

[2] Idem

[3] https://www.anses.fr/fr/content/chlord%C3%A9cone-dans-les-antilles-certains-modes-d%E2%80%99approvisionnement-alimentaire-favorisent-une

[4] https://www.anses.fr/fr/system/files/ERCA2014SA0029Ra.pdf

[5] Le monde 29/06/2018

A propos de Etienne GON

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