Toitures végétalisées et panneaux solaires, rivalité ou compatibilité ? 

Panneaux solaires et toitures végétalisées ciblent la même proie, les toitures de nos bâtiments. Rivalité ? Cohabitation ? Que peut-on attendre de cette concurrence ?

La toiture végétalisée, pour une ville plus nature : 

Commençons par apprivoiser le concept de la toiture végétalisée. Egalement connue sous le nom de toit vert ou encore toiture végétale, il s’agit d’un toit aménagé recouvert par un tapis de végétalisation. Le toit, l’élément porteur, est le support du complexe d’étanchéité et du système de végétalisation. En outre, la construction d’une structure intensive, semi-extensive voire extensive est envisageable. Ce développement du système entraînerait nécessairement un accroissement des atouts.

En effet, la toiture verte regorge d’avantages. En plus de sa dimension esthétique et paysagère, elle favorise la gestion des eaux pluviales. Il est vrai que la minéralisation intensive de nos villes rend les surfaces imperméables. L’eau n’a d’autre choix que de ruisseler jusqu’au réseau d’évacuation des eaux usées. Or, avec les précipitations d’eau plus fréquentes et plus intenses, à l’instar des derniers évènements météorologiques, ces réseaux d’évacuation se trouvent rapidement saturés. La toiture végétalisée permet de retenir une partie de ces eaux pluviales qui sont intégrées dans le cycle d’évapotranspiration des végétaux. Concernant l’eau non retenue, deux scénarios sont plausibles. Soit elle est progressivement relâchée vers le réseau d’évacuation, soit elle est réutilisée à destination d’usages type chasses d’eau.

En termes de bâti, la toiture végétale se révèle également intéressante. Elle renforce l’étanchéité du bâtiment et renforce donc sa durabilité. Mais c’est également un très bon isolant, aussi bien au niveau thermique qu’acoustique. De plus, elle permet d’apporter un espace vert supplémentaire, tout en exploitant une surface peu propice aux activités humaines.

En parallèle, cette toiture verte peut s’avérer être un petit havre de paix pour nos amis de la faune et de la flore. Ils peuvent ainsi y trouver un habitat et même de la nourriture. De quoi encourager la biodiversité à réinvestir nos villes.

Enfin, la toiture végétalisée peut être un outil pour lutter contre le phénomène d’ilot de chaleur urbain. Lors des épisodes de chaleur, les éléments urbains ont tendance à stocker les calories solaires et les restituer en fin de journée, ce qui décuple les températures pourtant déjà élevées. Avec une toiture verte, le phénomène d’évapotranspiration des végétaux présents contribue à la création d’un microclimat rafraichissant. Mais pour qu’une ville puisse bénéficier de ces aménités, le dispositif doit être étendu à suffisamment de toitures à l’échelle de la ville.

Forte de ces nombreux atouts, la toiture végétalisée a été encouragée par plusieurs villes telles que Paris.

Toiture végétalisée de l’école des science et de la biodiversité. source image : https://flic.kr/p/eRsKp7

La toiture solaire, une énergie renouvelable et 100% locale : 

Inutile de s’étendre trop longuement sur les vertus de panneaux solaires, bien plus démocratisés. L’énergie 100% locale et renouvelable qu’ils produisent en a déjà séduit plus d’un. Les panneaux solaires sont propices à une installation sur les toits, où le taux d’ensoleillement est optimal.

Une association pérenne pour plus d’efficacité :

Les plus pour les panneaux solaires :

Un module solaire exposé à une température trop élevé réduit sa capacité de production et son efficacité. Il est donc nécessaire de ventilé l’arrière du module pour l’éviter. Lorsque le panneau solaire est implanté à proximité de végétaux, le phénomène d’évapotranspiration issue de leur respiration peut très bien jouer ce rôle de ventilation et rafraichissement.

Les plus pour la biodiversité :

La disposition inclinée des panneaux solaires permet de créer à la fois des zones ombragées ce qui limite les fortes expositions au soleil. Il est également une protection contre le vent ou encore des zones de ruissèlement de la pluie. Cela induit la création de microclimats au sein de la toiture et génère une diversité d’habitats pour la faune et la flore. Ainsi des espèces évoluant dans des milieux pourtant différents, peuvent se côtoyer sur la même toiture.

Une toiture autonome :

Une combinaison bien élaborée de la toiture végétalisée et des panneaux solaires pourrait rendre la toiture autonome. Un système de récupération des eaux de pluies pourrait irriguer les végétaux tout en utilisant l’énergie produite par les panneaux solaires. Ainsi, la toiture pourra être complètement déconnectée des réseaux d’alimentation en eau et énergie.

Il n’est donc plus nécessaire de prioriser la production d’énergie durable ou les avantages de la toiture végétalisée.

 

Pour en savoir plus :

Sur la toiture végétalisée :  

https://greenroofs.org/

https://www.soprema.fr/fr/article/dossier-thematique/les-toitures-vegetalisees-un-dossier-complet  

http://www.adivet.net/

Une toiture forêt installée au dessus de l’école des sciences et de la biodiversité : http://www.ileseguin-rivesdeseine.fr/fr/actualite/une-foret-pousse-sur-le-toit-de-lecole-des-sciences-et-de-la-biodiversite

Sur les bénéfices de l’association des deux systèmes :

HUI, S.C.M, CHAN, S. C. (2011, November 22). “Integration of green roof and solar photovoltaic systems.” Paper presented on Joint Symposium 2011, Consultable a cette adresse : https://pdfs.semanticscholar.org/cca4/8bc31a8187823028cbe327cc81f07249096b.pdf

A propos de Laura SAGER

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