Pour ou contre le nucléaire ?

En tant que résident sur le territoire français, nous sommes particulièrement exposés aux enjeux et aux impacts du nucléaire. Les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima Daiichi en sont des éléments argumentaires. Les activités associatives, de lobbying et autres intérêts particuliers ne favorisent pas l’esquisse d’une vision objective. Alors, a-t-il vraiment lieu d’avoir un débat ?

 

Nucléaire et radioactivité

Il est souvent attribué au nucléaire la caractéristique sine qua non de radioactivité. Or, tous les éléments à l’échelle du nucléaire ne sont pas radioactifs. L’uranium 238 et l’hélium 4 sont régis par les lois de la physique atomique. Pourtant, le premier est radioactif, le second ne l’est pas. Poursuivons la réflexion. Les réactions de rééquilibrage atomique n’émettent pas les mêmes types de radioactivité. L’intensité des rayonnements varient et sont catégorisés en trois principaux types : alpha, bêta et gamma. De fait, les accidents majeurs du nucléaires émettent des particules extrêmement puissantes. Pour Tchernobyl, les experts se concentraient sur les particules de Césium 137. Issus des produits de fission de l’uranium il est très peu présent dans la nature. En effet, la chaîne de désintégration naturelle de l’uranium, quelqu’en soit l’isotope, ne produit pas de césium.

 

Fusion – Fission – Nucléaire

Les recherches portées sur la fusion nucléaire amènent une réaction commune : “encore une source d’énergie radioactive”. Certes, une source de radioactivité est à constater, mais négligeable et en rien comparable avec les produits de la fission. Ce qui est intéressant est que le terme prédominant est nucléaire (qui insinue radioactivité dans l’esprit collectif). Or, tenir compte des premiers mots, fusion et fission, indique déjà une distinction majeure.

 

Alors, pour ou contre ?

Comme souvent, la question est mal posée. Être “pour” insinue, grossièrement, de poursuivre le nucléaire dans les mêmes mesures qu’aujourd’hui. Chose délicate, puisque dépendre d’une source d’énergie à plus de 70% est bien trop. Diversifier l’approvisionnement pour limiter les risques est une obligation. À contrario, affirmer être “contre” laisse sous-entendre de stopper toutes activités nucléaires séance tenante. Une absurdité qui ne mérite pas d’être développée. La question devrait se reposer sur un constat neutre et objectif de notre production d’énergie, de ses avantages et inconvénients. De ce que nous devons en faire, de nos intérêts tout en gardant à l’esprit les lois fondamentales.

 

Alors, avant d’entamer un débat sur le nucléaire auprès de la population, un cours de physique-chimie sur le nucléaire parait essentiel. Les problématiques d’approvisionnement et de production énergétique devraient intervenir après.

 

A propos de Nicolas KRUMACKER

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