L’étalement urbain, un désastre écologique trop peu dénoncé

L’étalement urbain est un “phénomène qui intervient dans une zone déterminée lorsque le taux d’occupation des terres et l’utilisation de celles-ci à des fins d’urbanisation sont plus rapides que la croissance de la population sur une période donnée”. Cette problématique, connue depuis de nombreuses années, est la résultante de nombreux facteurs. Retour sur un phénomène de société qu’il est nécessaire d’endiguer.

Une des sources premières, et logique me direz-vous, est la croissance démographique : en effet, l’attrait des villes ne cessant d’augmenter, il a bien fallu loger toutes ces familles et leur descendance. Mais cela n’explique pas tout, puisque l’on parle d’étalement urbain lorsque le taux d’artificialisation des sols est supérieur à celui de la croissance de la population. On assiste donc, au delà des besoins nécessaires à la vie commune, à des excès dommageables pour l’environnement.

Un second facteur se trouve dans notre logique urbanistique : depuis la fin de la 2nd Guerre Mondiale, la reconstruction du pays s’est faite sur une logique sectorielle et fonctionnelle : il fallait séparer les zones commerciales, des zones de travail ou encore des zones habitables. Cette segmentation eu donc la conséquence que l’on peut observer aujourd’hui dans toutes les agglomérations : un cœur habitable et une périphérie d’industries, bureaux et commerces, qui ne cesse de s’étendre.

Cependant, cet étalement urbain est source de nombreuses problématiques environnementales : le mitage des terres agricoles en premier lieu, qui a pour conséquence la diminution des terres arables ainsi que la résilience de l’écosystème naturel, fragilisé face au épisodes climatiques violents. En second lieu, cet étalement urbain, dû également à l’évasion des ménages vers la périphérie des villes pour profiter d’un cadre de vie plus calme et verdoyant rallonge le temps de trajet travail-domicile, et augmente d’autant plus la pollution atmosphérique : en France, en moyenne, on passe 35 minutes dans sa voiture pour se rendre à son travail. Et lorsqu’on sait que le taux d’occupation des voitures n’est que de 1,1 personne par voiture, on sait qu’il faut multiplier le nombre de voiture par autant de travailleur …

Une des solution en vogue ces dernières années est de favoriser un retour en centre-ville de l’emploi à travers la mixité fonctionnelle des nouvelles zones construites : désormais, les architectes et urbanistes ont pour mot d’ordre d’allier harmonieusement habitations, commerces, et bureaux dans un même quartier, au nom de la proximité et en faveur d’un déplacement doux, non polluant. La compacité d’une ville rime avec sa durabilité.

Ces efforts en faveur de la préservation de la nature et de la diminution de notre impact environnemental auront également un effet positif sur le bien-être des populations : entre marcher quelques minutes pour se rendre à son lieu de travail ou être bloquer 30 minutes dans les embouteillage, l’humeur au bureau est bien changeante !

A propos de Audrey PETIT

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