Le covoiturage, ressource sous-exploitée du développement durable

De manière anodine, un particulier qui utilise pendant 10 ans une voiture consommant du 5 litres aux 100 km envoie 30 tonnes de C02 dans l’atmosphère[1], ce qui équivaut à 9000 kilos de mangues transportées depuis l’Afrique du Sud à titre d’exemple[2] … Le recours à la voiture, dont de nombreux particuliers peinent à se passer, est ainsi une source de pollution conséquente. Bien que l’électrification du parc automobile français suit son cours, son rythme n’est viable qu’à long terme, et la réduction drastique des émissions des gaz à effet de serre (GES) nécessaire à la lutte contre les changements climatique requiert de trouver urgemment des solutions à la pollution automobile. En effet, le transport routier représente à lui seul 38% des émissions totales de GES en France ! [3] Une solution simple et avantageuse en terme économique, rapide à déployer, serait d’encourager les particuliers à recourir au covoiturage pour leurs déplacements quotidiens domicile-travail.

En effet, il faut savoir qu’en Europe, le taux d’occupation moyen des voitures pour les déplacements domicile-travail est de 1,1 à 1,2 personnes par voiture[4], soit des conducteurs qui font le plein d’essence pour… Des sièges vides ! Le covoiturage présenterait alors de nombreux avantages : une décongestion des zones urbaines, des économies réalisées pour les particuliers, ainsi que des bénéfices environnementaux non négligeables. Selon une étude du Commissariat Général au Développement Durable de 2014, pour un covoiturage à 2 personnes seulement, le nombre de voitures circulants dans la zone urbaine est de -16% et une diminution des émissions de C02 de 4% pour un jour ouvré moyen.[5] Ces chiffres démontrent bien de la nécessité de développer la communication autour des bénéfices du covoiturage, qu’il s’agissent au niveau du bien commun qu’est la qualité de l’air et la protection de l’environnement, qu’au niveau plus égoïste du porte-monnaie : quand on sait qu’un particulier consacre en moyenne 3307 euros[6] de son budget annuel aux frais propres à sa voiture personnelle, il aurait tout à gagner à ouvrir ses portières à d’autres voyageurs…

En ces périodes de grèves de la SNCF, certains particuliers expérimentent le covoiturage pour pallier à l’absence des trains… Cette initiation au partage se transformera-t-elle en habitude … ?

[1] Association Negawatt, Changeons d’énergies. Transition, Mode d’emploi, Actes Sud, 2013, 112 pages Calculs pour une utilisation hebdomadaire moyenne 9,5h / jour, 5 jours / semaine.

[2] http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2009-09-11/une-tonne-de-carbone-ca-represente-quoi/917/0/376442

[3] http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lessentiel/ar/199/1080/emissions-gaz-effet-serre-secteur-france.html

[4] https://www.futura-sciences.com/planete/questions-reponses/automobile-taux-occupation-voiture-1019/

[5] https://www.actu-environnement.com/ae/news/covoiturage-domicile-travail-potentiel-solo-cgdd-22056.php4

[6] http://www.caradisiac.com/quel-est-le-cout-reel-d-une-voiture-dans-votre-budget-108945.htm

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