Résultats de l’appel d’offres éolien terrestre : généralisation de la procédure ou financement participatif ?

Les résultats de la première tranche de l’appel d’offres éolien terrestre ont été rendus publics le 28 février dernier par le ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) : 22 projets lauréats ont été retenus, pour développer et exploiter 500 MW d’éolien terrestre, pour un tarif moyen de 65,4 €/MWh. Ce dénouement, qui intervient à l’aube des discussions sur la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), est pourtant marqué de tendances antagonistes.

L’accélération de la transition énergétique

Etape clé dans l’intégration de l’énergie éolienne au marché de l’électricité, l’appel d’offres éolien lancé en mai 2017 par la Commission de Régulation de l’Energie (CRE), fixe un cadre économique et d’attribution clair pour les acteurs de la filière, en vue de l’atteinte des objectifs fixés par la France pour la transition énergétique. Divisé en 6 périodes, l’appel d’offres éolien apporte une visibilité sur 3 ans et conduira à l’attribution d’un total de 3GW de puissance éolienne, strictement dédiée toutefois aux parcs de plus de 6 machines ou pour des machines d’une puissance supérieure à 3 MW.

Les projets lauréats de cette première période de mise en concurrence, se voient attribuer un contrat de complément de rémunération d’une durée de 20 ans, à un prix moyen pondéré de 65,4 €/MWh. Le prix moyen de l’énergie éolienne terrestre est donc en baisse, par rapport au dernier tarif d’achat en vigueur, qui était de 72 €/MWh. Cette tendance à la baisse renforce ainsi la compétitivité de l’éolien et confirme la pertinence de la filière comme élément clé de la diversification du mix électrique Français, mais a surtout comme conséquence de faire baisser les coûts de soutien pour l’Etat.

Nicolas Hulot a en ce sens déclaré : « Les résultats sont sans ambiguïté : la maturité et la compétitivité de l’éolien terrestre et plus largement des énergies renouvelables sont une réalité. Nous n’en sommes qu’au début de la transition énergétique ».

Généralisation des appels d’offres ou financement participatif ?

Dans le Communiqué du Presse du MTES relatif à l’annonce des résultats, il est mis en évidence la volonté de « privilégier », pour ne pas dire généraliser, la procédure d’appel d’offres pour les futurs projets soutenus par l’Etat. Dans le même temps, il a été encouragé au cours de cet appel d’offres, le développement du financement participatif : un tiers des projets ont bénéficié d’une prime pour l’investissement participatif, de 2 à 3€/MWh (suivant la part du financement participatif de 20% à 40%). De prime abord, ces deux problématiques n’apparaissent pas conciliables.

Cette déclaration n’est pas anodine et alerte certains acteurs de la filière, à l’instar de Olivier Perot, Président de France Energie Eolienne, qui déclare : « La France est actuellement dotée d’un système tarifaire à deux niveaux : un système d’appel d’offres pour les projets plus importants et un mécanisme de prix forfaitaire dit « guichet ouvert » pour les installations plus petites. Ce dispositif souple facilite un développement harmonieux de projets dimensionnés et adaptés en fonction des territoires et des contraintes notamment spatiales. Cette annonce, moins d’un an après les dernières modifications règlementaires, porte atteinte à la stabilité du marché et met en péril un grand nombre de projets ».

En effet, la complexité des procédures d’appel d’offres et l’absence de mutualisation du risque entre plusieurs projets augmente les coûts de développement et pénalise les acteurs locaux – à savoir les citoyens, les collectivités, les PME et les agriculteurs – au profit de grands groupes. Cette distorsion de concurrence défavorise les projets les mieux intégrés dans une démarche territoriale et concertée, par nature plus lents à mettre en place. L’implication croissante des parties prenantes, et la co-construction de projets de grande qualité environnementale, sociale et économique, sont pourtant les leviers de l’intégration locale des projets éoliens, talon d’Achille de la filière.

Puissance à installer par développeur retenu à la première période d’appel d’offres :

 

Sources :

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/premier-appel-doffres-concurrentiel-leolien-terrestre-permet-faire-sensiblement-baisser-couts

https://www.connaissancedesenergies.org/biomasse-appel-doffres-et-perspectives-180228

https://www.greenunivers.com/wp-content/uploads/2018/03/18-03-01-Analyse-AO-Eolien-terrestre-Tranche-1-Actualisée.pdf

1er AO sur l’éolien terrestre : l’énergie éolienne démontre sa compétitivité, mais son cadre économique a besoin de stabilité

 

A propos de Marion LEMOIGNE

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