Et si le ciel tombait sur le vignoble français? (2)

Du chai de vinification aux vignes en terrasse, poursuite des effets du changement climatique sur nos crus.

Par-delà la hausse des températures, une autre problématique apparait : l’irrégularité du climat non anticipable. Gare au gel durant les sacro « Saints de glaces » qui peut mettre en péril et réduire à néant tout le travail d’une année. Pour le vigneron, la récolte n’est jamais protégée, les événements extrêmes peuvent se multiplier, comme les grêles d’été qui sont toujours redoutées. Mais ce n’est pas tout, le déséquilibre dans les précipitations engendre souvent des manques en eau. Ainsi, un stress hydrique est induit, réduisant la taille des baies et ne garantissant plus une qualité optimale du raisin. S’il est combiné au stress minéral, ce sont les rendements qui seront revus à la baisse … mauvais scénario.

Mais ces éléments ne sont pas exceptionnels pour la culture de la vigne. Au Liban ou en Egypte, les vignes sont cultivées dans des conditions extrêmes, mais les cépages sont adaptés. Certains sont sensibles à la pénurie d’eau et pourraient être remplacés par des plants de vignes plus acclimatés. Point positif, certaines maladies comme le mildiou, très sensible à l’humidité, risque de diminuer, mais c’est sans compter sur les ravageurs qui peuvent se multiplier. Une des solutions proposées serait de recourir à de nouveaux croisements de plants plus résistants aux maladies et qui marqueraient la typicité des cépages perdus par ces bouleversements climatiques.

Des moyens d’action sont déjà existants. On peut par exemple tailler plus tardivement les vignes pour retarder le développement des bourgeons et la récolte. L’irrigation peut également être mise en œuvre lorsque c’est possible. Il est pourtant clair que ce phénomène va favoriser certains terroirs et en pénaliser d’autres. Dans les régions du sud touristique, l’usage de l’eau est conflictuel, et la priorité ne semble pas être donnée à cette solution. Les régions du Nord sont davantage protégées. Le Nord Pas de Calais a vu apparaitre son premier domaine viticole, alors que le sud est en difficulté et doit s’adapter à des contraintes nouvelles.

Le changement climatique ne bouleverse pas qu’un terroir. C’est toute la carte des vignobles français qui doit être redessinée, et avec elle les 7,9 milliards d’euros générés par l’exportation du vin, le second secteur d’exportation du pays.

 

Sur la base d’échanges avec Philippe Gard, vigneron à Banyuls-sur-Mer

Sources complémentaires :

http://www.vinetsociete.fr/se-mobiliser-pour-le-vin/chiffres-clefs-de-la-filiere-vin

https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/vignes-vins-nord-pas-calais-quel-avenir-1100127.html

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