Terres rares : une impasse essentielle

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Entre enjeu géo-économique, matériaux indispensables pour les EnR et défis écologiques, la question des terres rares est une réelle problématique pour les États occidentaux. Alors, qu’en est-il aujourd’hui ?

L’utilité de terres … abondantes

Contrairement à son appellation, les terres rares sont relativement abondantes sur Terre. On trouve les principales réserves prouvées en Chine, aux États-Unis et en Russie. En tout, 17 éléments composent cette “famille” chimique. De ce fait, le tableau périodique des éléments atteste des similitudes des propriétés physiques et chimiques.

Les terres rares ont trouvé une application industrielle que très récemment. C’est durant les années 1970s que leur utilité c’est vu croissante. Avec l’arrivé de nouvelles technologies telle que la télévision couleur, les propriétés des terres rares s’avéraient parfaitement adaptées. Les découvertes scientifiques et technologiques successives ont rendu ces éléments indispensables. En effet, on les retrouve dans la conception de panneaux solaires, d’ampoules à basse consommation ou de tablettes. Mais également dans le domaine militaire : missiles de croisières, radars, satellites, etc. De nombreuses problématiques géostratégiques sont donc existantes.

Un cadre géostratégique sensible

Au-delà du potentiel technologique et donc du produit fini, le principal enjeu concerne l’exploitation des mines. Pour des raisons d’impact écologique majeur, la quasi-totalité des mines américaines et russes ont été fermées il y a une quinzaine d’années. Cette diminution a favorisé les exportations chinoises de terres rares. Environ 90% des exportations mondiales proviennent de la Chine. Étant en monopole sur le marché mondial, l’empire du milieu n’hésite pas à l’utiliser comme levier économique et diplomatique pour s’imposer. Un embargo de plusieurs mois a par exemple eu lieu contre le Japon et les États-Unis entre 2010 et 2012.

Un syncrétisme écologique

À travers les différentes communications de la Commission Européenne, on comprend que le développement des énergies durables est une des priorités de l’Union. Or, citons les éoliens où le néodyme, un des éléments appartenant aux terres rares, est essentielle à la construction. Son extraction est délicate. Un article de 2012 de la sur le site de vulgarisation scientifique Café Science nous éclaire à ce sujet : “La Chine étant plus « souple » que nous en matière écologique (comprenez que c’est le dernier de leur souci), ils sont tout à fait disposer à contaminer des populations entières pour extraire ces métaux et les vendre à des occidentaux pour fabriquer leurs petits appareils électroniques et développer des technologies vertes“. Là est le syncrétisme. Pour produire une énergie “verte”, il y a l’obligation de passer outre certaines contraintes environnementale, sociale et, dans une moindre mesure, économique.

L’industrialisation de l’énergie verte est encore sujette à des contradictions propres à sa définition et son appellation. Un parallèle avec le nucléaire serait intéressant. En effet, lors de la conception des centrales, nous n’avions pas pensé aux déchets au moment du démantèlement. Pour les énergies vertes, c’est lors de leur conception que nous n’avions pas pensé à l’impact environnemental.

 

Sources :

Article : Les Terres Rares, Café Science, 23.06.2012

Interview : Métaux rares : “Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel”, interview de Guillaume Pitron par Marine Ernoult, 01.02.2018

Podcast : Terres rares : le nouvel instrument de domination de la Chine, France Culture, 29.01.2018

A propos de Nicolas KRUMACKER

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