Le pétrolier a sombré, vive le pétrole !

Vous aussi, vous avez sans doute eu vent du naufrage du pétrolier iranien Sanchi en mer de Chine orientale le 14 janvier dernier, après un collision qui avait entraîné sa combustion pendant une semaine et le décès des 32 membres de l’équipage. Retour sur cet événement dramatique finalement peu couvert par la presse…

Que l’on ne s’inquiète pas ! Le Sanchi ne transportait qu’un hydrocarbure très léger, le condensat. Qui, puisque qu’il est incolore, ne peut être assimilé à une marée noire. Ouf, sauvés ! Nous n’assisterons donc pas à l’effroyable spectacle des mouettes, tortues et autre faune locale engluée dans du pétrole… C’est d’ailleurs peut-être pour cela que cet événement, dont l’ampleur de la pollution est sans précédent (les 136 000 tonnes de condensat transportés feraient rougir l’Erika et ses 20 000 tonnes de pétroles déversés), n’est que timidement couvert par la presse écrite, un article par-ci par-là, et n’a été que brièvement évoqué par les journaux télévisés lors des premiers jours suivant l’accident, sous l’angle humain. Et oui, la détresse des familles, en larmes réclamant justice, est bien plus vendeuse que le désastre écologique en cours, dont on ne peut même pas rapporter d’images spectaculaires puisque le carburant est incolore…

La particularité de ce condensat est d’être très peu soluble, très volatile et toxique. Il va donc continuer à s’étaler à la surface de la mer de Chine, formant déjà une plaque de 330 km², en s’évaporant doucement et en mêlant ses toxines à l’atmosphère ambiant … Mais pas de panique ! Bien que ces vapeurs toxiques soient surement à l’origine du décès des membres de l’équipage, quasiment aucune allusion dans la presse grand public aux dangers inconnus d’une pollution atmosphérique au condensat .. Une fois encore : rien à voir, circulez ! S’il n’y a pas de preuve visibles à l’œil nu, alors pas de pollution ! Les vapeurs toxiques déjà présentes dans l’atmosphère et celles qui vont encore s’y ajouter n’ont apparemment aucun effet notoire qu’il faudrait relever et analyser…

Toute cette fumée sans feu que nous vend la presse française m’interloque tout de même sur les véritables conséquences environnementales de la propagation de ce condensat, dont on ne sait pas grand chose, mis à part qu’il n’y aurait  “pas de risque de marée noire importante” pour les uns, contre une marée noire historique pour les autres

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/pollution/article/2018/01/16/naufrage-du-sanchi-pas-de-risque-de-maree-noire-importante_5242524_1652666.html

https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/maree-noire-maree-noire-mer-chine-desastre-nouveau-genre-69790/

http://www.lefigaro.fr/sciences/2018/01/15/01008-20180115ARTFIG00186-une-maree-noire-historique-au-large-de-shanghai-apres-le-naufrage-d-un-petrolier.php

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