Bouleversement climatique et fin du monde : stop à la dystopie

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« Pourquoi, en général, les hommes s’attendent-ils à une fin du monde ? Et, cela étant, pourquoi précisément à une fin épouvantable pour la plus grande partie du genre humain ? ». Cette citation de La Fin de toutes choses d’Emmanuel Kant est à nouveau d’actualité.

Un contexte d’écriture

1984, Le Meilleur des Mondes, I, Robot, Le Jour d’Après, Black Mirror, les oeuvres littéraires et cinématographiques ruisselles de dystopie. Il convient cependant de prendre garde à de nombreux aspects. Premièrement, le contexte politique au moment où l’auteur écrit son oeuvre (1984 publié en 1949 à l’aube de la guerre froide). Ensuite, le contexte industriel et social qui peuvent, à mon sens, être liés comme Le voyage au bout de la nuit de Céline, publié en 1932. Les exemples sont nombreux et il serait délicat de tous les citer dans cet article. Pourtant, un point essentiel semble échapper : les dystopies présentées correspondent à la victoire d’un secteur bien ciblé dans la société (un partie politique ou une nouvelle technologie).

Si le chef-d’oeuvre de Céline intègre une démarche passive d’une critique de la société, il faut souligner qu’il ne s’agit pas d’un roman d’anticipation mais d’une oeuvre écrite au moment des faits. Un constat en somme.

Une pensée collective

Notre objet d’étude porte sur un point précis. Une intuition, un doute que des auteurs ont. Souhaitant mettre en garde un public souvent bien conscient des problématiques, les dystopies n’amènent qu’une nuance dramatique au potentiel d’un produit ou d’une idéologie. Les dystopies sont la voie facile qui plaît tant à notre société chrétienne. Le dernier Livre du Nouveau Testament en est un parfait exemple : l‘Apocalypse. Bien des gens se targuent de connaître sa traduction comme d’un objet passé. C’est bien là le problème, le mettre au passé. C’est un sujet présent qui ne porte plus le titre de Livre de la Bible, mais d’un schéma sociétal déverbalisé. Ce n’est pas parce que les églises sont vides que le christianisme n’existe plus. Cette approche par l’histoire des sociétés doit obligatoirement passer par l’histoire des religions pour nous faire comprendre la pensée collective actuelle.

Alors, où en est-on de notre approche des bouleversements climatiques ? Est-ce un fait, une observation, une conclusion, une certitude ?

Un équilibre bilatéral

Bien évidemment que les images satellites sont éloquentes, l’Arctique est en train de fondre. La mer Baltique est polluée et est considérée comme une zone morte. C’est un fait. L’impact de l’homme n’est plus à démontrer. C’est de la bonne foi et du bon sens. Ma question est de savoir si cela présage un cataclysme planétaire. La réponse est non. Du moins l’attente du cataclysme est plus attendue que sa réalité. C’est une nuance fondamentale amenant parfois des conclusions belliqueuses des scientifiques, occidentaux et humains. Mais les désastres, eux, sont réels et bon nombre sont encore à prévoir. Je crois pourtant qu’il y a un équilibre entre les acteurs globaux. Les politiques sont contre balancés par les industriels et inversement. Il n’y a qu’à voir les réactions de la Silicon Valley lors des premières décisions du gouvernement de Donald Trump. Il est admis que le climat est un objet central dans les nouvelles stratégies de demain. Si un industriel le néglige, il est rattrapé par le politique. Si un politique le nie, il est rattrapé par l’industrie.

Aujourd’hui, il ne peut y avoir la victoire d’un seul et unique objet. Les interdépendances entre les domaines sont trop complexes. Les enjeux des changements climatiques ? Ils nous dépassent mais ne sont pas une fatalité. La surface de notre planète évolue sans cesse. Elle nous a vu naître et nous en faisons partie. Notre responsabilité à tous est d’évoluer avec elle. Chacun à notre échelle. La fin du monde n’aura pas lieu. Cette fin attendue n’est que le fruit de la passivité. Soyons actif. L’ère d’internet nous permettra de nous informer, d’apprendre et comprendre notre impact. Il n’y a plus d’excuse. Il n’aurait jamais dû en avoir.

 

Alors cogitons habilement. Ne jouons pas au devin ni à l’apprenti sorcier. Big Brother nous regarde.

 

Sources :

Emmanuel Kant, La fin de toute chose, 1794

Raphaël Enthoven, Little Brother, 2017

A propos de Nicolas KRUMACKER

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