La révolution des cerfs-volants dans la production d’électricité

Alors que l’éolien ne représentait en 2016 que 3,9% de la production française d’électricité[1] et seulement 0,7% de sa consommation d’énergie primaire[2], de nouvelles technologies se développent pour capter au mieux l’énergie naturelle des vents.

Après les entreprises Enerkite à Berlin (Allemagne) et Kite Gen à Turin (Italie), c’est au tour de l’entreprise anglaise Kite Power Solutions de se faire remarquer en initiant un grand projet d’installation de cerfs-volants en Ecosse. L’objectif est de produire l’énergie électrique de toute une région d’ici à 2025 grâce aux cerfs-volants Kytoon (mélange entre « kite » et « balloon »).

A l’origine de la production d’énergie, il y a ce courant d’air présent en France et en Ecosse : le jet-stream. Très rapide, il porte le cerf-volant, lui permettant de réaliser des boucles en 8 tout en s’élevant en altitude.

Bill Gates (Microsoft) s’exprimait d’ailleurs récemment à propos de l’énergie issue des cerfs-volants[3] en disant : « Il y a 10% de chance pour que ce soit la solution magique ».

Des dimensions hors-du-commun

Le cerf-volant élaboré par Kite Power Solution mesure 40 m de large pour une production de 2 à 3 MW et sera emporté jusqu’à 450 m d’altitude pour capter un maximum de vent. En ce qui concerne le câble, le polyéthylène a été privilégié pour sa résistance. En effet, à 300 m d’altitude, un vent d’environ 40 km/h exerce sur la corde une force équivalente à une quinzaine de tonnes.[4]

 

Un principe simple

Les cerfs-volants, en forme de parapente afin de capter au mieux l’énergie du vent, sont câblés à un générateur électrique au sol. Emportés par le vent, ils vont s’élever en traçant des 8 et ainsi dérouler le câble, ce qui produira de l’électricité grâce au rotor.

Les cerfs-volants sont systématiquement couplés afin que la descente de l’un d’eux entraîne la montée de l’autre de manière à produire une énergie constante.

Beaucoup plus faciles à installer et à exploiter que les éoliennes, les cerfs-volants pourraient ainsi offrir une électricité bon marché d’ici quelques années seulement.

 

Nuisances

Au devant des arguments favorables au cerf-volant, il y a la question des nuisances. Le cerf-volant étant situé à haute altitude, les nuisances sonores et visuelles sont jugées négligeables, en comparaison notamment des éoliennes.

Il faudra cependant patienter jusqu’en 2025 pour constater l’efficacité de la ferme énergétique écossaise, avec à la clé de nouveaux financements de recherche et des contrats dans de nombreux autres pays en transition énergétique.

 

Sources : 

[1] Rapport « Panorama de l’électricité renouvelable en 2016 », RTE (publié en Février 2017).

[2] Rapport « Datalab : Chiffres clés de l’énergie, Edition 2016 », Ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer (publié en Février 2017).

[3]  « Gates to double investment in renewable energy projects », Financial Times (publié le 25 juin 2015) https://www.ft.com/content/4f66ff5c-1a47-11e5-a130-2e7db721f996#axzz3jASauKk1

[4] « Des cerfs-volants pour produire de l’électricité », Futuremag, Arte (publiée le 29 mars 2014).

A propos de Manon BOUREL

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