La COP 23 : l’heure de la fin des négociations a sonné

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La COP 23 : l’heure de la fin des négociations a sonné

 

 

La 23ème Conférence Of The Parties est terminée, c’est le moment du bilan ! De nombreuses attentes pesaient sur cet événement. Le but était de convertir en actes les engagements pris lors de la signature de l’accord de Paris en 2015. L’objectif principal était de contenir le réchauffement climatique à 2°C dici à 2100. Il est temps de voir si les objectifs fixés ont bien été atteints.

Lundi 13 novembre 2017, en plein milieu des négociations, la revue Bioscience publie son « avertissement à l’humanité ». Signé par 15 000 scientifiques ce rapport rappelle l’urgence de la situation. Des indicateurs tel que l’état de l’ozone stratosphérique, les réserves d’eau douce, les réserves de pèche, la santé des zones maritimes, la déforestation… sont suivis depuis 1960. Le bilan est alarmant : sur ces 9 indicateurs, 8 sont rouges. Le message adressé par ces scientifiques aux dirigeants des gouvernements est clair : il n’est pas encore trop tard, il faut agir rapidement et protéger ce que nous pouvons encore préserver. Les scientifiques estiment que nous avons environ trois ans pour inverser la machine.

Cependant, à la sortie des négociations, la bilan est plutôt amer. On retient surtout que les objectifs fixés auront du mal à être respectés par les pays.

La phase de négociation s’attarde sur les questions des financements

Lors de l’Accord de Paris, il a été fixé que 100 milliards de dollars d’investissements devaient être consacrés à la lutte contre le réchauffement tous les ans à partir de 2020. Or d’après les statistiques actuelles on devrait arriver à 67 milliards de dollars en comptant les financements du secteur privé. Aucune négociation n’a permis de faire le consensus à ce niveau.

Les pays africains, souvent très touchés par les conséquences du réchauffement climatique déplorent le manque d’implication des pays développés. Certains dirigeants africains mettent l’accent sur le fait que les pays africains ne sont pas les plus gros producteurs de Gaz à Effet de Serre (GES), mais qu’ils en payent les conséquences au prix fort.

Les points positifs : la Syrie ratifie les accords de Paris :

Le 7 novembre 2017, la Syrie rejoint les accords de Paris. Ce qui fait des Etats-Unis l’unique pays à ne pas en faire parti. A partir de 2020, ils sortent des accords de Paris suite à la décision de Donald Trump.

25 Etats s’engagent à sortir du charbon :

Une coalition nommée le “Powering Past Coal Alliance” a été fondée par 27 membres, composés d’Etat mais aussi de collectivités territoriales tel que :
le Canada, le Royaume-Uni, le Costa Rica, la France, l’Italie, la Suisse, Washington DC… Chacun de ses Etats s’est fixé une échéance pour sortir du Charbon.
Le président Français, Emmanuel Macron, s’est engagé à arrêter la production de charbon en France pour 2021. Cependant, cette bonne nouvelle est à relativiser car la production de charbon est une part mineure dans la production énergétique en France.
Rappelons également que Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire, a annoncé que l’objectif de baisser la part du nucléaire à 50% du mix énergétique français pour 2025 ne sera pas réalisable.

La fixation d’un calendrier et la création d’un outil pour mettre en application les objectifs de la COP 21:

Les pays se sont mis d’accord pour dresser un bilan des émissions de GES pour la fin de l’année 2018. Mais aussi pour commencer un processus de dialogue de « talanoa » entre les différents pays afin d’évaluer les étapes nécessaires pour maintenir sous 2°C le réchauffement climatique. Le terme « talanoa » a été judicieusement choisi, il signifie bienveillant, afin de rappeler la nature de ces dialogues qui débuteront dès le mois de janvier 2018.

Que retenir de cette COP 23 ?

Il est raisonnable de dresser un bilan nuancé de cette COP 23. Des outils ont bien été créés dans le but de convertir les paroles en actes. Cependant, un grand manque d’enthousiasme de la part des représentants des pays a très souvent été dénoncé. Les négociations sont donc toujours ouvertes et aucune action concrète n’a été engagée.

Affaire à suivre avec le COP 24 qui se déroulera en Pologne à Katowice, en décembre 2018…

Laura SAGER

 

Pour aller plus loin :

https://cop23.unfccc.int/fr

http://e360.yale.edu/features/why-post-paris-climate-challenge-is-even-harder-than-we-thought

https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-7h/journal-de-7h-mardi-14-novembre-2017

http://pdf.20mn.fr/2017/quotidien/20171117_PAR.pdf?1

http://www.francetvinfo.fr/politique/conference-environnementale/cop23-plusieurs-plaintes-enregistrees-pour-harcelement-sexuel_2472970.html

Podcast :

http://www.europe1.fr/emissions/la-revue-de-presse/a-la-une-lheure-des-comptes-pour-la-cop-23-3495167

 

 

 

 

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