Croissance et développement durable : un syncrétisme démodé

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Depuis 1987 et le rapport Brundtland, la nécessité d’intégrer le développement durable au modèle économique est évoquée par les institutions internationales. On retrouve dans ce rapport 3 piliers définissant le développement durable : environnemental, social et économique. C’est sur ce dernier point qu’il faut s’appuyer pour lui trouver une place dans un modèle de croissance.

Or, ces deux systèmes sont de prime abord incompatibles. Alors, est-ce que le développement durable est-il annonciateur du déclin du modèle économique actuel ? Bien au contraire !

Avant toute chose, il faut concevoir que la croissance est le moteur essentiel de n’importe quel secteur d’activité. Le développement durable n’en fait pas exception. Cependant, une rétrospective est nécessaire pour comprendre son impératif et pourquoi la croissance se fait attendre.

 

À la fin du XXème siècle, différents acteurs économiques se sont intéressés au développement durable. Pourquoi ? Car les stocks d’hydrocarbures diminuent. L’offre est vouée à diminuer et les prix à augmenter. Ce phénomène entrainera une baisse de la compétitivité du produit et une décroissance. Dans le même temps, les besoins linéaires qu’ont satisfait les hydrocarbures sont presque comblés.

La croissance : un indicateur clef

Ce schéma est connu depuis les deux Révolutions industrielles. En effet, l’arrivée de nouvelles techniques et matériaux (métallurgie, électricité, pétrole) ont répondu à un besoin de l’époque. Une réponse théorique est possible. En transposant les besoins individuels de la pyramide de Maslow à des besoins plus globaux, des attentes et besoins ont été comblés (chauffage en hiver ; diminution du temps de trajet entre deux villes). Ford et Rockefeller n’étaient en fait que sous le joug de la main invisible en ayant contribué à la richesse et au bien/besoin commun. En d’autres termes, si la réponse au besoin globale est adéquat, un phénomène de croissance est constaté. On peut donc dire que cet indicateur permet de quantifier un système pour répondre à la question : est-ce que ça marche ? Oui s’il y a de la croissance, non s’il n’y en a pas. Il est cependant encore trop précoce pour évaluer le développement durable sur la seule croissance.

Les générations futures : la nouvelle étape

Par ailleurs, en ce recentrant sur notre nouvelle pyramide de Maslow, on constate un nouveau stade : celui d’une projection pour les générations futures. Au même titre que les fonds souverains, les individus et gouvernements tendent à souhaiter une durabilité environnementale, sociale et surtout économique pour leurs enfants. Mais contrairement aux révolutions précédentes, celle du développement durable a été anticipée voire attendue. Ce qui souligne deux aspects de ce dernier : il s’agit d’un besoin global et est la continuité logique du système économique mondiale.

 

La question aujourd’hui est de savoir quels seront les secteurs porteurs et lesquels sont encore à découvrir ou à inventer. Et surtout, quels vont être les secteurs qui perdureront ? L’avenir est plein d’incertitudes où chacun aura sa place dans ce qui sera la Première Révolution durable.

 

[NDLR : nous retiendrons la définition de croissance comme étant l’évolution annuelle du PIB du secteur].

 

Sources :

Article 173 de la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte

Les Échos : La quatrième révolution industrielle, source d’espoir controversée

Larousse : Définition historique des Révolutions Industrielles

Parlons Énergie : le pétrole

Boursorama : L’Investissement Socialement Responsable

MOOC : Le développement durable, un levier de croissance

Ministère de la Transition écologique et solidaire : Agenda 2030

A propos de Nicolas KRUMACKER

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