Début de la COP 23 : les attentes

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Le 6 novembre 2017 a débuté la 23ème conférence annuelle des conventions-cadres de l’ONU sur le réchauffement climatique. La ville de Bonn, en Allemagne accueillera l’évènement présidé par les îles Fidji. Près de 20 000 participants sont attendus. Cette rencontre doit permettre de convertir les objectifs des accords de Paris déterminés lors de la COP 21 en actes concrets. Beaucoup d’attentes reposent sur cette conférence pourtant moins médiatisée.

Le réchauffement climatique est une véritable menace pour notre écosystème. Les populations humaines sont directement impactées par ces changements. Des migrations climatiques touchent les plus démunies, et ce phénomène alimente des guerres. Beaucoup de spécialistes affirment que la plus grande menace qui va peser sur l’être humain dans les années à venir ne sera pas les guerres ou le terrorisme mais plutôt les conséquences du réchauffement climatique.

Il est donc grand temps d’agir.

Le sommet de la Terre de Rio : début d’une lutte mondiale contre le réchauffement climatique

En 1990, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), créé par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) et l’organisation mondiale de météorologie (OMM), rend sa première synthèse sur le réchauffement climatique. Les liens entre les activités humaines et l’augmentation de la température à la surface de la terre y sont clairement soulignés. C’est un premier signal d’alarme pour l’ONU.

En réponse, en 1992 l’ONU organise le premier sommet de la Terre à Rio. 178 Etats y sont représentés, avec 110 chefs d’Etats, près de 10 000 journalistes et 40 000 participants. Le sommet débouche sur une convention cadre : la déclaration de Rio.

L’objectif est de limiter les gaz à effet de serre produits par les activités humaines.

Cette déclaration comporte 27 principes, dont les plus importants sont :

– le principe de responsabilité des pays développés

– le principe de précaution : l’absence de certitude scientifique ne peut pas servir de motif pour ne pas prendre de précaution.

Un agenda 21, qui est véritable un plan d’action pour le XXIème siècle sera adopté en même temps que la déclaration de Rio. Il permet de promouvoir le développement durable et donne des stratégies d’actions.

Cette déclaration reste cependant de la soft law, aucune contrainte n’est imposée aux pays signataires pour respecter leurs engagements.

 

Les «  Conferences Of the Parties » :

Depuis la convention cadre de Rio, les pays se sont mis d’accord pour se réunir chaque année afin de lutter contre le réchauffement climatique. Le début d’une longue liste de conférences annuelles des parties (en anglais Conferences Of the Parties (COP)) est lancé.

La COP 1 a lieu à Berlin en Allemagne en 1995.

 

1997 : Les accords de Kyoto : enfin un accord contraignant

La COP 3 débouche sur les accords de Kyoto, l’unique accord avec des objectifs quantitatifs et des contraintes. L’objectif est de réduire de 33% les gaz a effet de serre par rapport à 1990. Des contraintes seront imposées aux pays économiquement forts pour ne pas limiter les possibilités de développement pour les pays économiquement plus faibles.

Cet accord doit être signé par 55 des pays les plus pollueurs. Ils doivent s’engager chacun à réduire de 5% leurs émissions de gaz à effet de serre, l’ensemble comptabilisé doit permettre une baisse de 55% des émissions.

La finalité est assez malheureuse. On se rend compte que les Etats les plus pollueurs de la planète ne sont pas signataires de l’accord. Les USA et le Canada ne ratifieront pas l’accord. La Chine n’était pas encore considérée comme un pays développé économiquement, mais très rapidement, les émissions du pays vont devenirs préoccupantes.

S’enchaine alors une succession de COP, mais aucun véritable accord contraignant ne fait le consensus. Arrive alors la 21ème conférence des parties…

 

la COP 21 : l’accord de la « dernière chance »

L’accord de Kyoto touche à sa fin.

Un tournant historique a lieu à Paris en 2015 : la COP 21. Parmi les participants, 150 chefs d’Etats avaient fait le déplacement. Le but de cette COP est de trouver un nouvel accord qui fasse consensus au niveau mondial et contienne le réchauffement de la planète à moins de 2 degrés d’ici 2100.

Pour entrer en vigueur l’accord de Paris avait des conditions similaires à celles de l’accord de Kyoto. Il doit être signé par au moins 55 états qui représentent au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre.

Actuellement seuls les Etats Unis, retirés de l’accord sur décision de Donald Trump, et la Syrie ne sont pas signataires de l’accord. Par ailleurs, le président du Nicaragua a ratifié l’accord de Paris récemment, le 13 octobre 2017. En effet, les objectifs de l’accord avaient été jugés insuffisant pour éviter un réchauffement climatique trop radical.

Le bilan est plutôt positif, mais on reste dans un accord non contraignant. De plus, on peut souligner que les négociations des nations semblent manquer de transparence. Dès les premières lectures, des séances ont été tenues à huit clos. Des observateurs ont été éjectés des salles de réunion lors des échanges de la délégation.

La COP 21 soulève aussi des contestations au niveau de ses objectifs. Limiter à deux degrés le réchauffement climatique ne semble pas suffisant. Un dérèglement de cet ordre aurait déjà des conséquences désastreuses sur notre planète.

 

La COP 23 : un moment primordial

La COP 23 est organisée par les Iles Fidji. Cependant, pour des raisons de logistique, elle se tiendra à Bonn en Allemagne.

Beaucoup d’espoirs reposent sur cette COP 23 même si elle fait moins de bruit dans les médias. Cette COP 23 devrait être un moment décisif, en actant les objectifs des accords de Paris et proposant des actions concrètes.

De fortes attentes de la part des îles du pacifique, qui sont directement menacées par le réchauffement climatique. D’après les scientifiques, elles devraient prochainement se retrouver sous l’eau si l’on ne fait rien. Lors du sommet préparatoire de la COP 23, le 16 octobre 2016, Frank Bainimarama, président Fidjien a sollicité lors de son discours la mobilisation des autres pays, notamment des USA. Il est nécessaire que tous les pays du monde adhérent pleinement à l’accord de Paris.

 

Affaire à suivre…

 

Pour en savoir plus :

Website :

Site officiel de la COP 23 : http://newsroom.unfccc.int/fr/cop23-bonn/

Vidéo :

Datagueule : deux degrés avant la fin du monde : https://www.youtube.com/watch?v=Hs-M1vgI_4A

Vidéo discours du président Fidjien : https://www.youtube.com/watch?v=nr_nTX3hIc0

 

A propos de Laura SAGER

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