La Convention de Minamata sur le mercure

Issue des travaux du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), l’entrée en vigueur de la Convention de Minamata sur le Mercure, le 16 août 2017, démontre la volonté des Etats à collaborer sur des aspects touchant à la santé humaine et à la protection de l’environnement.

mercure

A partir de 2001, le PNUE a commencé à étudier la question et en 2003, il a reconnu par le biais de son Conseil d’administration qu’à la vue du nombre de preuves, cette substance a des impacts mondiaux conséquent. Malgré la mise en place d’un programme ad hoc plusieurs fois renforcé, en 2009  « le Conseil d’administration a conclu que les mesures librement consenties n’avaient guère permis de répondre aux préoccupations suscitées par le mercure et a décidé que de nouvelles mesures étaient nécessaires, notamment l’élaboration d’un instrument international juridiquement contraignant[1] ». De ce constat est né, une dizaine d’années après le commencement des travaux, la Convention adoptée le 10 octobre 2011 à Kumamoto au Japon.

La Convention de Minamata porte le nom de la plus dramatique pollution au mercure de l’histoire qui a eu lieu dans la ville japonaise éponyme en mai 1956. Cet épisode prend sa source dans le déversement cette substance, à partir des années 30, dans la baie de Minamata, d’eaux usées industrielles issues d’industries pétrochimiques. « Les habitants de villages locaux qui ont mangé du poisson et des crustacés de la baie ont commencé à souffrir de convulsions, de psychoses, de perte de conscience et de coma. Au total, des milliers de personnes ont été certifiées comme ayant directement souffert d’un empoisonnement au mercure, maintenant connu sous le nom de maladie de Minamata[2] ».

L’importance de cette convention ne fait pas uniquement référence à cet événement tragique. Le mercure, présent naturellement dans l’environnement, est un métal lourd que l’on retrouve partout. Connu pour ses sérieuses conséquences neurotoxiques, notamment sur les nourrissons et foetus, le mercure attaque  le cœur, le « système nerveux, la thyroïde, les reins, les poumons, le système immunitaire, les yeux, les gencives et la peau. Il peut entraîner des pertes de mémoire ou des troubles du langage[3] ».

Son utilisation dans de nombreux produits du quotidien (piles, ampoules basse consommation, thermostats, les produits issus des filières la cosmétiques et pharmaceutiques,…), l’importance des rejets dans l’atmosphère, l’eau et le sol par des sources multiples, comme son emploi dans les activités d’extractions des métaux (notamment l’or), consacrent aux obligations juridiques, tirées des 35 articles de cette convention, une portée conséquente sur le commerce du mercure.

Il faut espérer que les 74 parties permettront à la Convention d’être effective. Mais également que l’assistance technique et financière permettront d’améliorer le traitement, de limiter sa fabrication et l’exploitation des mines de mercure, ainsi que de faire adhérer de nombreux Etats Africains qui possèdent des minerais autres, mais qui nécessitent l’utilisation du mercure.

[1]http://www.mercuryconvention.org/Portals/11/documents/Booklets/Minamata%20Convention%20on%20Mercury_booklet_French.pdf

[2] http://www.sentinelle-droit-international.fr/?q=content/entr%C3%A9e-en-vigueur-de-la-convention-de-minamata-pour-une-protection-plus-efficiente-contre-le

[3] https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/pollution/la-convention-de-minamata-contre-le-mercure-entre-enfin-en-vigueur_113149

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