Une banque internationale d’uranium a ouvert ses portes

L’actualité récente a été marquée par la recrudescence de la peur des armes nucléaires. La passe d’armes entre Pyongyang et Washington en juillet se renouvelle avec l’annonce par le gouvernement nord-coréen qu’une bombe à hydrogène (d’une puissance 20 fois supérieure à celle ayant frappé Hiroshima et Nagasaki) avait été testée sur la péninsule. Pour beaucoup, ce dernier retournement confirme l’importance des accords de non-prolifération nucléaire START-1 et START- 2 qui limite l’utilisation de l’uranium enrichi à des fins militaires.

Uranium pellets
En certains points toutefois, une question de sécurité rencontre une question d’énergie. Car le régime de Kim Jong-Un et son prédécesseur Kim Jong-Il avait effectivement souhaité une source d’uranium illégale pour financer un projet d’expérimentation atomique dans les années 70 et 80. Cependant, d’autres pays sans force de frappe nucléaire ont utilisé un approvisionnement, certes illégal, pour financer leurs propres expériences, visant à maîtriser la fusion nucléaire.
On pense à l’Iraq et à l’Iran, ce dernier ayant plusieurs centrales nucléaires en activité alimentées par cet uranium acquis en dehors des voies légales. Il existe en effet une forte controverse sur l’utilisation de cet uranium pour le plan nucléaire civil, en raison de son acquisition selon des moyens illégaux et en violation des traités internationaux.

Etant donné le statut d’états mercenaires de la Corée du Nord, l’Iraq et l’Iran sur les mêmes périodes, la question de l’accès des scientifique de ces pays à cette technologie pour des fins non-belliqueuses a été abandonnée au profit d’un durcissement du dialogue : un pas de guerre, en d’autres termes.

Banque pour la recherche nucléaire

Mais nous sommes en passe de voir un infléchissement de cette démarche. L’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) a décidé que le meilleur moyen de lutter contre les fournisseurs hors-la-loi serait de les concurrencer. Pour ce faire, une banque d’uranium a ouvert. Cet énorme réservoir de 800m² situé à Oskemen au Kazakhstan contiendra 90 tonnes d’uranium hautement surveillé, au profit des pays membres de l’AIEA. Si ceux-ci ne réussissent pas à se fournir par des voies commerciales légales traditionnelles, ils pourront se tourner vers l’AEIA, qui deviendra ainsi un fournisseur de fait (et un fournisseur de taille !).
D’un coût de 140 millions de dollars, ce bâtiment à la pointe de la modernité a été financé conjointement pas des Etats Membres, dont le Koweit, la Norvège et les Etats-Unis. Quelle meilleure solution pour faire rentrer les Etats dans le rang qu’en récompensant un comportement légal des Etats qui sont membres, tout en continuant de pénaliser ceux qui ne le font pas ? Attention toutefois : cette banque ne remet pas en question la lutte contre la course à l’armement nucléaire.
Cet uranium devra être exclusivement réservé aux projets à des fins électriques. Sa position sur le sol Kazakhstanais lui donne aussi le rôle d’un chien de garde : le Kazakhstan est à l’origine de 40% de l’uranium sur la planète et contrôle certains grands fournisseurs légaux.

Grégoire SMELT est étudiant-juriste d’origine franco-britannique et fait parti du Master 2 GEDD de l’Université de Strasbourg.

Sources:

http://www.nti.org/learn/facilities/456/

http://www.novethic.fr/isr-et-rse/actualite-de-lisr/isr-rse/une-banque-d-uranium-ouvre-au-kazakhstan-pour-lutter-contre-la-proliferation-nucleaire-144780.html

https://www.iaea.org

https://www.theguardian.com/world/live/2017/sep/03/north-korea-nuclear-test-south-korea-yohap-kim-jong-un-live

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