Actualité de la saga Fukushima, le problème des eaux traitées: le tritium

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Six ans après la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi en 2011, l’affaire s’ouvre sur un nouveau volet qui démontre toujours l’incapacité actuelle de l’Homme à maitriser toutes les conséquences de l’énergie atomique, tant pour lui-même que pour son environnement.

 

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Le 14 juillet 2017, le président de la multinationale Tepco (Tokyo Electric Power Company) qui exploite la centrale, M.Takashi Kawamura, a affirmé dans la presse japonaise que la décision avait été prise de déverser une partie des eaux stockées sur le site de Fukushima dans l’océan Pacifique. Après les dégâts initiaux causés l’accident de 2011, déjà, la dégradation des barrières de confinement avait entrainé des fuites incontrôlables dans les réserves d’eau souterraines et dans le milieu naturel marin. Maintenant, cette décision peut apparaitre comme la goutte d’eau de trop.

Selon l’Institut de Recherche et de Sécurité Nucléaire (IRSN), malgré la poursuite des études scientifiques en matière de gestion post-accidentelle, on peut déjà constater les effets de l’accident sur la faune et la flore. En mars 2016, ce même institut estimait que la capacité d’entreposage était de 1 000 000 m³ et que la problématique croissante de la gestion se posait avec une complexité accrue lorsque le nombre d’opérations nécessaires pour traiter l’eau augmente, pour inclure la désalinisation de l’eau par exemple, pour ne pas envisager les plus techniques.

Ainsi, l’eau qui a servi à refroidir les réacteurs a été stockée et traitée par la suite pour réduire, en grande partie, sa teneur en radionucléides. C’est justement cette dernière qui pose problème à Tepco qui, attend l’autorisation pour déverser les 770 000m³ d’eau présentant une radioactivité moindre. L’argument avancé porte sur le fait que le tritium, difficile à extraire de l’eau, qui constitue actuellement la radioactivité, est présent en faible quantité et qu’il est moins radiotoxique que les autres isotopes. Mais encore, que le déversement dans l’océan Pacifique permettrait la dilution de cet élément, dont la présence dans l’eau traitée est en dessous des standards du pays.

En effet, si le tritium est présent dans la nature en tant qu’isotope de l’hydrogène et « provient pour l’essentiel de l’action des rayonnements cosmiques sur l’azote, l’oxygène et l’argon de l’air », la filière du nucléaire a contribué à augmenter sa présence sur terre. Le tritium est considéré comme peu radiotoxique, eu égard à sa période de radioactivité relativement courte (12,3 ans) par rapport à d’autres éléments radioactifs et son faible impact sur le corps humain.

Néanmoins, si l’eau faiblement chargée en tritium n’est pas source de danger pour l’Homme selon les études actuelles, les conséquences sur la flore et la faune marine sont difficilement prévisibles sur le long terme. Une étude sur le sujet a d’ailleurs montré que la concentration pouvait être nettement supérieure sur la faune marine que celle analysée dans l’eau de mer, tout en mettant en avant que l’accumulation le long de la chaine alimentaire était une possibilité à envisager. On comprend donc que, même si aucune certitude n’existe en la matière, les pêcheurs s’opposent farouchement à ce déversement. D’autant pour les conséquences économiques et sociales susceptibles de les affecter à travers la qualité (même supposément) amoindrie de leurs produits, que pour des raisons environnementales.

Cependant, il faut noter que l’impact sera fonction de la teneur en tritium de l’eau traitée, ainsi que du débit de déversement de cette eau dans le milieu récepteur. Le Japon devra donc trancher, avec précaution, le nœud gordien que constitue la corrélation entre enjeux financiers colossaux et protection de l’environnement et de ses ressources.

 

https://www.actu-environnement.com/ae/news/fukushima-eau-tritium-rejet-ocean-pacifique-29406.php4?xtor=AL-33

http://www.usinenouvelle.com/article/tepco-pret-a-rejeter-l-eau-contaminee-de-fukushima-dans-le-pacifique.N566719

https://english.kyodonews.net/news/2017/07/71b4a69d6c76-tepco-ready-to-release-radioactive-low-toxic-tritium-into-sea.html?phrase=tepco&words=Tepco,TEPCO

http://www.irsn.fr/FR/Larecherche/publications-documentation/fiches-radionucleides/Documents/sante/H3SAN.pdf

http://www.actunautique.com/2017/07/fukushima-tepco-va-deverser-dans-l-ocean-770-000-tonnes-d-eau-radioactive.html

http://www.telegraph.co.uk/news/2017/07/14/fishermen-express-fury-fukushima-plant-set-release-radioactive/

http://www.irsn.fr/FR/connaissances/Installations_nucleaires/Les-accidents-nucleaires/accident-fukushima-2011/fukushima-2016/Documents/IRSN-Fukushima-2016.pdf

https://www.actu-environnement.com/ae/news/livre-blanc-asn-risques-sante-tritium-nucleaire-10676.php4

https://pixabay.com/en/radio-active-danger-nuclear-toxic-2003201/ 

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