Un accès universel à l’eau potable pour 2030 ?

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on LinkedIn0Share on Google+0

Nous avons tous déjà entendu ce slogan : « L’eau est notre avenir, économisons-là », mais pour des Européens, qui ont accès à une eau potable de qualité en tournant le robinet de leurs cuisines ou de leurs salles de bain, il est parfois difficile de concevoir, voir même d’imaginer, que l’eau soit une ressource rare et précieuse. Pourtant, bien que sur Terre, le volume total d’eau est estimé à 1 400 millions de milliards de m3, tous les êtres humains n’ont pas cette chance.

En effet, selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), actuellement la pénurie d’eau affecte plus de 40% de la population mondiale. Le changement climatique renforce encore un peu plus ces tensions déjà réelles dans le secteur de l’eau en entraînant une répartition toujours plus inégale de cette ressource vitale. Selon L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), nous nous trouvons dans une situation de pénurie lorsqu’une personne dispose de moins de 1000 m3 d’eau par an, ce qui correspond à moins de 3 litres d’eau par jour. Nous sommes très loin des 250 litres d’eau consommés par jour et par habitant en Amérique du Nord, ou des 100 à 230 litres d’eau consommés en Europe (150 litres pour un Français).

C’est dans ces conditions qu’en septembre 2015, les 193 Etats membres l’ONU ont convenu d’atteindre à l’horizon 2030, 17 objectifs de développement durable (ODD). Ces derniers ont (sauf exception) tous une composante sanitaire ou contribueront à améliorer la santé mondiale. L’un d’eux vise à garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau.

 

water-158956_960_720Source de l’image

 

L’eau, une source de conflit

L’eau est une ressource à vocation internationale, puisque, les rivières, les lacs, ou les nappes phréatique traversent les frontières – nous comptons 250 bassins fluviaux transfrontaliers sur le globe –, pendant que la multiplication des sècheresses et le changement climatique affectent l’ensemble de la planète. Cette caractéristique fait de l’eau un véritable défi en terme de coopération et de solidarité interétatique. Il est donc important d’éviter au maximum les conflits liés à l’approvisionnement en eau entre les différents Etats car il est certain que cette ressource peut facilement devenir un véritable instrument de pouvoir et de pressions socio-politiques aux mains du pays situés en amont d’une source d’approvisionnement.

 

Les infrastructures d’eau et d’assainissement dans le monde

Il est important de souligner que depuis 2010, l’accès à l’eau potable et l’assainissement est reconnu comme un Droit de l’Homme par les Nations Unies. Cela signifie que, la ressource en eau doit être disponible, de qualité (avec une couleur, une odeur et un goût acceptables), accessible, et les installations doivent être culturellement acceptables, c’est-à-dire construites de manière à protéger la vie privée et la dignité. [en savoir plus]

Pourtant 1,8 milliard de personnes dans le monde consomment de l’eau contaminée, 2 milliards et demi n’ont pas accès à un assainissement de base[1], ainsi, une grande majorité des eaux usées sont déversées dans les rivières ou la mer sans aucune dépollution.

L’OMS a lancé le 13 avril 2017, un cri d’alarme sur l’état de l’eau dans le monde : « Aujourd’hui, près de deux milliards de personnes utilisent une source d’eau potable contaminée par des matières fécales, ce qui les expose à contracter le cholera, la dysenterie, la typhoïde et la polio [ce qui] cause plus de 500 000 décès provoqués par la diarrhée chaque année », explique la directrice du département Santé publique.

Le problème étant que pour sortir de cette situation – toujours selon un communiqué de presse de l’OMS[2] s’appuyant sur les estimations de la Banque mondiale – pour atteindre l’objectif fixé par les Nations Unies, les investissements en faveur des infrastructures liés à l’eau doivent tripler, afin d’atteindre 114 milliards de dollars par an (Ce chiffre n’inclut pas les coûts de fonctionnement et d’entretien). En période de restriction budgétaire dans l’ensemble des pays développés, suite à la crise économique, un tel financement risque de malheureusement être difficile à obtenir, malgré des cadres législatifs plus ou moins favorables à ce type de projet.

 

Le cadre législatif français

Bien que le cadre législatif français soit plutôt favorable à l’augmentation des aides internationales, avec notamment, la loi Oudin Santini adoptée par le parlement français en 2005, permettant aux collectivités territoriales, les établissements publics de coopération intercommunale et les agences de l’eau de consacrer jusqu’à 1 % des recettes de leurs services d’eau et d’assainissement, ou à des actions de solidarité internationale dans ce secteur. Les difficultés budgétaires de la France ont eu pour conséquence une diminution de ces aides publiques au développement.

Il est tout de même intéressant de constater que grâce à cette loi, les collectivités territoriales peuvent mobiliser leurs agents techniques des services eau et assainissement sur ces projets à l’international. Ce qui, selon moi, est primordial, bien que selon le rapport 2015 des organisations onusiennes concernant les Objectifs du Millénaire pour le développement[3], 91 % de la population mondiale utilise actuellement une source d’eau potable améliorée, contre 76 % en 1990. La pérennité de ses installations et le succès de ces services dépendent étroitement des capacités locales de gestion et d’entretien des équipements.

Il ne faut donc pas oublier que, pour atteindre l’objectif d’accès universel à l’eau potable des Nation Unies, il ne suffit pas de financer des projets d’infrastructures permettant à ces populations de consommer de l’eau potable, et d’assainir leurs eaux usées, il faut également former la population locale afin qu’elle puisse entretenir ses infrastructures.

[1] Progress on drinking water and sanitation, 2014 update, JMP report, UNICEF, WHO

[2] http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2017/water-sanitation-investment/fr/

[3] http://www.un.org/fr/millenniumgoals/reports/2015/pdf/rapport_2015.pdf (page 52)

 

Lire aussi :

Eole Water: les français inventent l’éolienne qui produit de l’eau potable

500 scientifiques tirent la sonnette d’alarme pour l’eau potable de notre planète !

L’invention du Warka Water règle la problematique d’eau potable dans le monde.

 

Email this to someoneTweet about this on TwitterShare on Facebook0Share on LinkedIn0Share on Google+0

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *