Villes et villages auto-suffisants

Et si au lieu d’attendre la transition écologique, on s’y mettait maintenant, à notre niveau ? De nombreuses expériences fleurissent dans le monde nous prouvant que c’est possible, et même, que ça marche plutôt bien. En effet, certains avant-gardistes ont préféré agir et mettre en pratique les principes d’un nouveau modèle.

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Les initiatives que nous allons présenter sont inspirées d’une ville pionnière du Sud-Ouest de l’Angleterre. Totnes, ville de 8 000 habitants est considérée comme la capitale du développement alternatif et le cœur du réseau de la transition des villes. Elle a mis en œuvre un « plan de descente énergétique » suivant plusieurs étapes : tout d’abord un éveil des consciences avec une sensibilisation et une formation des habitants ; ensuite, la recherche d’une autonomie alimentaire avec le développement d’une agriculture durable ; enfin, la marche vers une économie « zéro carbone » à travers un mode de vie plus responsable.

Commençons par un exemple local : Ungersheim, village alsacien dont le maire a décidé de préparer ses 2 000 habitants à un avenir sans pétrole. Ce « village en transition » se distingue par sa recherche d’une autonomie intellectuelle avec le développement d’une démocratie participative en associant régulièrement les habitants aux décisions publiques ; d’une indépendance énergétique par la construction d’un « éco-hameau » fait de maisons en bois naturellement isolées ; et d’une souveraineté alimentaire à travers la démarche « de la graine à l’assiette » avec l’installation d’une exploitation maraîchère. Récemment, une éolienne et une centrale photovoltaïque permettent d’alimenter en énergie les habitants. Ces derniers utilisent la monnaie locale appelée « le radis » et laissent leurs enfants aller à l’école en charrette tirée par un cheval.

L’île de Samso au Danemark suit la même dynamique : se libérer des énergies fossiles d’ici à 2030. Devenue en 2007 la première île autosuffisante en énergies renouvelables, le défi devrait être relevé haut la main. Suite au Protocole de Kyoto, ses habitants ont su interpréter la transition comme un moyen de redynamiser leur île car les jeunes partaient et les commerces et les usines fermaient. Ils ont alors saisi cette opportunité en installant une dizaine d’éoliennes : le vent étant une ressource importante à cet endroit du globe. Cette réussite n’aurait pas pu se faire sans la combinaison d’une volonté démocratique (bottom up) et d’une politique volontariste (top down) : les familles recevant une éolienne dans leur jardin devaient être d’accord et devenaient copropriétaires de celle-ci, et le gouvernement s’est porté garant du rachat de l’électricité pour faciliter le prêt auprès des banques.

Cette capacité à transformer un handicap en opportunité a aussi été le pari du maire de Saint-Pierre-de-Frugie en Dordogne. Ce village de 400 habitants a fortement été touché par la désertification et avait perdu tout dynamisme : exode des jeunes vers les villes, fermeture des écoles, faillite des commerces, etc. La solution de l’équipe municipale a été d’enclencher une transition écologique pour faire de ce village un endroit où il fait bon vivre : interdiction des pesticides et produits phytosanitaires, permaculture, sentiers de randonnée, rénovation du patrimoine avec des matériaux écologiques, ouverture d’une épicerie bio pour mettre en valeur des produits locaux, création d’une école de pédagogie alternative, et installation d’un gîte rural pour faire de l’écotourisme. Ces projets ont été depuis, couronnés de succès car tous les jours, des curieux demandent si des maisons sont à vendre.

Pour terminer, retour au Royaume-Uni mais cette fois-ci en Ecosse. Findhorm est un village modeste mais présente la plus faible empreinte écologique du monde industrialisé. Il vit en accord avec les principes de ses fondateurs qui l’ont créé en 1962 sur la base de l’écologie spirituelle. Cette communauté d’aujourd’hui 500 habitants vit donc en harmonie avec la nature. Régulièrement, elle accueille des citadins désireux de rompre avec leur quotidien pour une semaine en immersion, quelques mois ou toute la vie. Pour devenir responsable, elle a développé sa monnaie locale, produit son alimentation avec des fermes en permaculture, réutilise les déchets organiques pour en faire du compost, traites les eaux usées avec la « living machine » (système de bactéries qui mangent les déchets), chauffe les maisons avec de la biomasse et produit l’électricité à partir d’éoliennes.

 

Ainsi, toutes ces villes et villages ne sont ni des utopies nées de l’imagination d’hurluberlu, ni l’œuvre extravagante d’hippies loufoques, sinon des projets raisonnés et raisonnables, basés sur le bon sens et cherchant à répondre à la question du 21ème siècle : comment ferons-nous sans pétrole ?

 

SOURCES

http://www.sortirdunucleaire.org/Totnes-coeur-et-vitrine-du

Documentaire « Objectif Empreinte Zéro », 2010, 13 minutes

http://www.konbini.com/fr/tendances-2/village-de-dordogne-desertifie-devient-modele-ecologique/

Emission de France Inter « Et si demain nous vivions sans pétrole ? » par Catherine Boullay

https://reporterre.net/L-ile-danoise-de-Samso-apprend-a-vivre-sans-petrole

Image libre de droit

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