Le nouveau scénario négaWatt pour la transition énergétique

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Une France fonctionnant à 100% aux énergies renouvelables et neutre en carbone à l’horizon 2050 : c’est ce que propose l’association négaWatt dans son scénario énergétique présenté le 25 janvier dernier. Le collectif d’experts y affirme la nécessité et l’urgence de mettre en place une transition énergétique ambitieuse, avec à la clé de nombreux avantages environnementaux, sociaux et économiques.

 

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Fondée en 2001, l’association négaWatt regroupe des experts du domaine de l’énergie, dans le but de participer à la réflexion autour de la transition du secteur. La ligne directrice est claire : le terme négawatt désigne l’énergie non consommée ou économisée. La démarche négaWatt soutenue par l’association s’appuie donc sur trois grands piliers :

  • La sobriété, qui vise à réduire les besoins énergétiques, et par conséquent la demande.
  • L’efficacité, qui permet de réduire la quantité d’énergie nécessaire pour subvenir à un même besoin.
  • Les énergies renouvelables, qui, développées de manière réaliste, permettent des gains économiques et environnementaux.

 

Dans le scénario pour la période 2017-2050, l’association envisage une consommation d’énergie finale réduite de moitié en 2050 par rapport à la demande actuelle, une ambition par ailleurs affirmée dans la loi de transition énergétique votée en 2015. Cette diminution proviendrait pour 60% d’actions de sobriété et 40% d’efficacité. Il faudrait donc lutter contre les gaspillages et développer le recyclage, notamment dans l’industrie, maîtriser le nombre et l’usage des appareils consommateurs d’énergie, repenser les déplacements en promouvant les transports en commun, le covoiturage et en redimensionnant les véhicules, ainsi qu’améliorer la performance énergétique des bâtiments, transports et équipements. Le scénario prévoit par exemple un vaste programme de rénovation thermique du parc immobilier aboutissant à une demande réduite de 56%, ou encore une mutation du secteur de la mobilité pour une réduction de la consommation de 62%.

 

Cette demande énergétique réduite serait, selon négaWatt, couverte à 100% par des énergies renouvelables, en premier lieu desquelles la biomasse et l’éolien. Le secteur des transports s’affranchirait des combustibles fossiles en convertissant le parc de véhicules à l’électricité et au biogaz. Le chauffage reposerait quant à lui principalement sur la biomasse. Et le secteur électrique s’appuierait majoritairement sur l’éolien et le solaire, complété par la mise en place de systèmes de stockage, notamment sous la forme de méthane de synthèse (power-to-gas), qui devrait représenter « l’une des clés de voûte du système énergétique ». Le scénario prévoit l’abandon du nucléaire, les centrales fermant à la fin de leur durée de vie initiale, 40 ans. La France sortirait donc définitivement du nucléaire à l’horizon 2035.

 

Les experts de négaWatt vantent les bénéfices d’une telle transition.

Sur le plan environnemental, le scénario permettrait à la France de devenir neutre en carbone en 2050. En effet, les puits de carbone agricoles et forestiers, qu’il conviendrait de préserver et développer grâce notamment à l’agroforesterie, compenseraient les émissions résiduelles. La qualité de l’air serait grandement améliorée du fait de la quasi-suppression des particules fines émises par la combustion des dérivés du pétrole.

D’un point de vue économique, le document avance une création nette d’emplois de l’ordre de 500 000 à l’horizon 2050, les postes perdus dans certaines branches étant plus que compensés par ceux créés par les nouvelles activités. Egalement, cette transition permettrait un gain global de 370 milliards d’euros sur la période 2020-2050 par rapport au scénario tendanciel. Cette analyse prend en compte les dépenses d’investissement dans les secteurs de l’énergie, des transports et du bâtiment, l’exploitation de ces systèmes mais aussi le coût des importations d’énergie, devenu quasi-nul dans le scénario négaWatt.

Enfin, cette mutation profonde permettrait une répartition plus équitable de l’activité et des richesses produites par l’énergie sur le territoire national, les renouvelables étant par essence décentralisés. La France enverrait de ce fait un message fort d’exemplarité, en favorisant l’émergence d’un nouveau modèle, ainsi que de responsabilité en prenant sa juste part à l’effort climatique. Il convient de rappeler que l’accord de Paris affirme lui-même l’ambition d’une neutralité carbone dans la seconde moitié du 21ème siècle.

 

Toutefois, les experts de négaWatt préviennent : même dans l’hypothèse très peu probable où tous les pays adopteraient une démarche similaire dès aujourd’hui, le réchauffement climatique s’élèverait à environ 1,8°C en 2100, à peine sous le seuil des 2°C convenu à la COP 21 et au-delà de « l’idéal » de 1,5°C. Une manière d’illustrer l’ampleur et l’urgence des transformations à entreprendre.

 

Sources :

Association negaWatt

Le Monde

L’Usine Nouvelle

Alternatives Economiques

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1 réponse

  1. Une France fonctionnant à 100% aux énergies renouvelables et neutre en carbone à l’horizon 2050 . c’est un rêve a faire .

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