Le visage caché de la “fast fashion” (1/2)

 

La « fast fashion ». C’est ainsi que l’on désigne aujourd’hui l’industrie de la mode. Elle consiste à produire toujours plus et dans des temps records des collections de vêtements, qui se renouvellent sans cesse. Les consommateurs n’achètent plus par besoin mais pour renouveler leurs armoires et s’inscrire dans le dernier mouvement de mode. Pourtant, ces modèles de production et de consommation engendrent de terribles conséquences environnementales et sociales.

photo vêtements

Les chiffres font peur : on compte, chaque année, 100 milliards de pièces de vêtements fabriquées dans le monde, 700 000 tonnes de vêtements consommés en France et 12 kilos de vêtements jetés par personne en France !

Quelles sont les conséquences engendrées par la fabrication de nos vêtements et par le gaspillage qui en est fait ?

Dans ce premier article, il sera uniquement question des conséquences environnementales. Les conséquences d’ordre social seront abordées dans un second article sur le sujet.

 

De la culture à la décharge…un désastre écologique

La fabrication du vêtement textile comporte cinq étapes : la culture, la filature, le tissage, la teinture et la confection. Chacune d’elles implique généralement l’utilisation de produits chimiques. Ces derniers, souvent toxiques, sont transportés par l’eau rejetée et contaminent fleuves, rivières, faune et flore, jusqu’aux nappes phréatiques. Les conséquences sont désastreuses tant pour la planète que pour notre santé. Ainsi, en Chine, on estime que 70% des cours d’eau sont pollués à cause de la fabrication du textile.

Le problème se pose aussi en fin de vie du vêtement. En effet, des millions de tonnes de vêtements finissent à la décharge, où la dégradation des fibres naturelles, comme le coton ou le lin, entraîne la production de méthane. De plus, les produits chimiques toxiques peuvent s’échapper du vêtement pour s’infiltrer dans les nappes phréatiques lorsque la décharge n’est pas suffisamment étanche.

 

«Greenwashing » : le marketing vert des entreprises

Face aux inquiétudes grandissantes, de plus en plus de marques de prêt-à-porter se sont engagées à réduire leurs impacts environnementaux. H&M par exemple s’est donné un objectif de taille pour 2020 : utiliser uniquement du coton bio, recyclé ou certifié « Better Cotton Initiative » (BCI). Le label BCI, lancé notamment par Adidas, H&M, IKEA, Oxfam et WWF, promet un coton « écolo et équitable ». Mais la réalité est tout autre, puisque le BCI autorise en fait l’utilisation du coton Bt transgénique. Adidas explique que ce label est plus complet que la certification biologique, ce qui est faux. Il peut seulement se vanter de produire un coton « moins pire » que le coton conventionnel, du moins pour l’instant, les impacts environnementaux d’une telle culture étant encore méconnus.

coton

Si l’on estime que la démarche du groupe H&M mérite toutefois d’être saluée, il faut encore rappeler que le groupe est aujourd’hui le plus gros acheteur de coton au monde, et il ne souhaite en aucun cas ralentir la cadence. Au contraire, le géant de la « fast fashion » espère bien que sa stratégie saura attirer de nouveaux clients, et c’est ce qui pose problème. Car le coton, qu’il soit bio ou non, est le troisième plus gros consommateur d’eau d’irrigation de la planète, après le riz et le blé. Sa production entraîne un assèchement des terres et un bouleversement du milieu de vie. C’est ainsi que la culture intensive du coton en Asie Centrale, basée sur l’exploitation des fleuves de la Mer d’Aral, a vidé la mer de 90% de sa surface en l’espace de cinquante ans. Les poissons ont disparu et les conditions de vie des habitants de la région ont été profondément bouleversées.

Heureusement, de plus en plus de marques éco-responsables émergent. L’entreprise néerlandaise MUD jeans, par exemple, s’est récemment lancée dans le « leasing » : les clients n’achètent plus leurs jeans pour en devenir propriétaires, ils les louent pour les renvoyer à l’entreprise une fois leurs jeans usés, lesquels seront recyclés ! MUD Jeans est l’un des premiers à se lancer dans l’économie circulaire et espère bien atteindre un jour le « zéro déchet » !

Consommer intelligemment, c’est donc possible ! Mais il ne faut pas oublier que la première chose à faire, dans l’intérêt de la planète et donc de tous, c’est de consommer moins !

Retrouver le second article sur les conséquences sociales de la “fast fashion” ICI

Dima Doukhi Afficher l'image d'origine – Étudiante en Master 2 GEDD à Strasbourg

 

Sources :

http://www.consoglobe.com/industrie-textile-ethique-environnementale-cg

http://www.elozay.com/2016/10/enquete.h-m-zara-topshop-la-fast-fashion-un-fleau-ecologique.html

http://www.novethic.fr/empreinte-terre/agriculture/isr-rse/les-premieres-recoltes-de-better-cotton-attendues-pour-2011-132102.html

Images libres de droit:

https://pixabay.com/fr/flou-gros-plan-focus-cintre-veste-1850082/

https://pixabay.com/fr/coton-sur-le-terrain-plantes-233920/

 

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.