L’huile de palme en Indonésie où la culture du travail forcé

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        L’Indonésie et la Malaisie produisent à eux seuls 90% de la production mondiale d’huile de palme (52,8 millions de tonnes en 2015). Cette huile se retrouve dans de très nombreux produits de consommation comme par exemple le chocolat, la margarine ou encore le savon. Pour assurer la fourniture et la production de telles quantités et pour répondre à l’augmentation de la demande mondiale, un nombre conséquent de multinationales implantées en Indonésie n’ont pas hésité à employer un grand nombre de travailleurs. Mais plutôt que de favoriser l’emploi selon des normes respectables, ces entreprises, via des filiales et des sous-traitants, ont embauché des hommes, des femmes ainsi que des enfants, travaillant dans des conditions inhumaines, à la limite de l’esclavage.

La violation perpétuelle du droit des travailleurs

      L’huile de palme a toujours été pointée du doigt pour l’impact environnemental que sa culture impliquait. La déforestation ainsi que la destruction de l’habitat de la faune sauvage ont été mise sur le devant de la scène suite à de nombreux reportages et rapports effectués.

Moins médiatisées, les conditions de travail des personnes au sein de ces plantations d’huiles de palme sont également tout aussi préoccupantes. L’entreprise singapourienne Wilmar, premier producteur mondial d’huile de palme, est le fournisseur de cette denrée à plusieurs grands groupes occidentaux notamment Nestlé, Kellogg’s ou Unilever. Un récent rapport d’Amnesty International sur les conditions de travail des employés de Wilmar, au sein de la chaîne d’approvisionnement de l’entreprise a été publié le 30 novembre dernier. Au coeur de celui-ci, grâce à des entretiens ayant eu lieu avec des ouvriers, il en ressort que certains des droits les plus fondamentaux des travailleurs ont été violés.

On peut notamment relever dans ce rapport que:

  • Des femmes sont forcées à travailler durant de longues heures sans pause sous peine de voir leur salaire diminué. Elles ne reçoivent pas plus de 2,50 dollars par jour dans les cas les plus extrêmes. Elles n’ont pas non plus de retraite ou d’assurance maladie.
  • A cause de l’utilisation d’un pesticide très toxique utilisé dans les plantations appartenant à Wilmar, des ouvriers souffrent de graves lésions.
  • Les ouvriers travaillent sans tenue de protection alors qu’ils sont exposés à des niveaux dangereux de pollution, comme les feux de forêts.

Le rapport, qui envoie des signaux alarmants sur les conditions de travail des adultes, précise que les enfants ne sont pas épargnés. Ils seraient mêmes utilisés pour produire de l’huile de palme durable, certifié par Nestlé ou Colgate.

Le travail des enfants dans les plantations indonésiennes

       Les enfants tout comme les adultes ne sont pas épargnés par les pratiques de la firme Wilmar. Dans le rapport publié par Amnesty International, il apparaît que des enfants sont présents dans les plantations d’huile de palme. Les plus jeunes ont approximativement huit ans et effectuent un travail physique, pénible et dangereux, abandonnant l’école au profit des plantations. Des enfants, transportant des sacs pesant de 12 à 25 kilos, travaillant sans tenue de protection dans des exploitations où sont utilisés des pesticides hautement toxiques, ont été observés.

L’ONG dénonce les agissements de la firme singapourienne, qui méprise les droits les plus fondamentaux des travailleurs. Mais elle critique et accuse également les multinationales comme Colgate, Nestlé, Unilever de mentir aux consommateurs, en leur affirmant que leurs produits emploient une huile de palme durable. Alors qu’il apparaît manifestement que des atteintes aux droits humains ont lieu dans les plantations, et cela a été reconnu par Wilmar. La firme a affirmé qu’il existait des problèmes relatifs aux conditions de travail dans ses plantations. Cela n’empêche pourtant pas les multinationales citées auparavant de se fournir auprès de Wilmar, quand bien même des enfants auraient participé à la récolte de l’huile de palme.

Amnesty International déplore également le fait que l’Indonésie possède une législation concernant le droit du travail. La plupart des pratiques constatées dans les plantations constitue des infractions pénales mais la loi est très peu appliquée.

 Edouard Lotz

Image libre de droit:

Chaîne aux pieds d’un enfant

Webographie:

Extrait du rapport d’Amnesty International

Le Monde: exploitation d’enfants dans la production d’huile de palme

Europe 1 / Section économie: Pesticide et travail des enfants dans les plantations d’huile de palme

La tribune: Les multinationales profitent du travail des enfants dans la production d’huile de palme

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