Quel avenir pour le label bio européen ?

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La politique européenne sur l’agriculture biologique devrait être réformée prochainement. La proposition de décertification des produits contaminés par des pesticides est particulièrement discutée.

 

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L’actuel règlement européen de l’agriculture biologique, qui date de 1991, avait déjà été réformé en 2007. Une nouvelle réforme est souhaitée pour soutenir le marché bio en pleine croissance. Si le bio est de plus en plus privilégié par les consommateurs, c’est bien pour la qualité du produit. C’est pour cela que la Commission a proposé d’instituer des seuils de pesticides au-dessus desquels un produit bio perdrait automatiquement sa certification.

En effet, actuellement, le label bio ne garantit pas que le produit contienne zéro pesticide. Les producteurs se voient seulement imposer une obligation de moyens : ils doivent prendre toutes les précautions, et ce à tous les niveaux de la chaîne de production (culture, transport, distribution…), pour respecter le modèle bio. Ils ont par exemple interdiction d’utiliser des pesticides de synthèse dans les champs.

De plus, les analyses sur le produit fini ne sont pas systématiques. Et si ces analyses ont lieu et démontrent la présence de substances interdites, la décertification du produit n’a pas toujours lieu puisque le règlement européen ne prévoit rien dans ce cas. Selon le rapport de 2015 rendu par l’European Food Safety Authority (EFSA), 15 % des 4 620 aliments bio analysés en 2013 contenaient des résidus détectables de pesticides, et 0,8 % d’entre eux dépassaient les niveaux autorisés en conventionnel pour chaque pesticide. La présence de pesticides ne provient que très rarement de fraudes de l’agriculteur. Elle s’explique souvent par des contaminations accidentelles qui ont lieu dans les champs ou lors des différentes étapes de production (transport, conditionnement, distribution…).

Mais le Parlement européen, soutenu par la filière bio, se montre très opposé à la proposition de la Commission de déclassement des produits contaminés. Plusieurs arguments sont avancés par la filière bio. Tout d’abord, accepter cette proposition reviendrait à passer d’une obligation de moyens à une obligation de résultat, ce qu’elle refuse par principe. Comme le dit Eliane Anglaret, qui préside Nature & Progrès : « L’important, c’est de respecter le lien à la terre, de ne pas utiliser d’intrants chimiques de synthèse, d’être dans des circuits locaux… Sinon, il suffirait de mettre des cultures hors sol sous serres en plastique, avec zéro pesticide, pour obtenir du bio. Or, ce n’est pas ce qu’on cherche. » De plus, la proposition de la Commission pénaliserait injustement les producteurs bio qui verraient leur production entièrement déclassée, pourtant victimes de contamination. Et il serait bien difficile de déterminer la réelle provenance des pesticides en cause.

Dans sa proposition, la Commission prévoit une compensation en cas de contamination accidentelle, mais la filière bio juge ce mécanisme « imprécis et insuffisant ». Celle-ci préfèrerait que la Commission agisse sur la cause de la contamination des produits, à savoir l’omniprésence des pesticides dans l’agriculture conventionnelle actuelle…

 

Dima Doukhi Afficher l'image d'origine – Étudiante en Master 2 GEDD à Strasbourg

 

Sources:

http://www.bioalaune.com/fr/actualite-bio/34798/leurope-envisage-dinstaurer-des-seuils-de-pesticides-lagriculture-bio

http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/11/02/une-reforme-europeenne-toxique-pour-les-agriculteurs-biologiques_5024312_3244.html

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