Engie acte la fermeture de la centrale au charbon Hazelwood en Australie

Le groupe français, propriétaire de la centrale depuis 2010, a pris en novembre 2016 la décision d’une fermeture en mars 2017. La mine à ciel ouvert voisine, qui approvisionne la centrale, cessera son activité au même moment. Cette décision intervient alors que le géant de l’énergie recentre ses activités dans l’électricité autour des énergies renouvelables et fait suite à de nombreuses polémiques entourant cette centrale.

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Hazelwood, par Stephen Edmonds, sous licence CC BY-SA 2.0

 

Hazelwood est une gigantesque centrale électrique au charbon située dans l’Etat de Victoria, au sud de l’Australie, à environ 150 km de Melbourne. Mise en service en 1971, elle développe une puissance de 1600 MW, soit plus qu’un réacteur nucléaire, et produit 5% de l’électricité australienne. Mais c’est également une centrale considérée comme l’une des plus polluantes au monde : elle émet plus de 16 millions de tonnes de CO² chaque année, soit près de 3% des émissions de l’Australie !

Engie possède également la mine attenante, qui fut à l’origine d’une des plus graves catastrophes environnementales de l’histoire du pays. En février 2014, un incendie se déclare dans cette mine, et perdurera 45 jours avant d’être maîtrisé, exposant les 14 000 habitants de la ville voisine de Morwell à des niveaux de pollution extrêmement élevés et dangereux pour la santé.

 

Engie cherche à revendre la centrale depuis 2013, sans succès jusqu’à présent. Mais l’incendie de 2014, qui a profondément marqué la population, couplé à une production électrique excédentaire dans l’Etat de Victoria, a orienté l’entreprise française vers une cessation d’activité pure et simple à Hazelwood. Cette décision a été prise en novembre 2016, avec l’aval du gouvernement fédéral.

 

Il s’agit d’une victoire pour les écologistes australiens, qui réclamaient la fermeture depuis de nombreuses années, mettant en cause les émissions de gaz à effet de serre et les conséquences de la pollution pour la population locale. Une étude réalisée par l’ONG Environment Victoria estime d’ailleurs le coût indirect de la centrale, en matière de dégradation de l’environnement et d’incidences sanitaires de la pollution, à 900 millions de dollars australiens (634 millions d’euros) annuels.

 

Les gains financiers, environnementaux et sanitaires engendrés par la prochaine fermeture semblent ainsi à même de compenser l’impact social lié aux pertes d’emplois.

Sur les 750 employés du complexe, 250 participeront aux opérations de démantèlement de la centrale et de réhabilitation de la mine qui devraient durer jusqu’en 2023.

Le gouvernement fédéral a également annoncé une enveloppe de 43 millions de dollars australiens (30 millions d’euros), et le gouvernement de l’Etat de Victoria une autre 22 millions (15 millions d’euros) pour financer la reconversion des travailleurs directs et indirects affectés par la fermeture, qu’Engie devra accompagner dans leur démarche.

 

Sources

Novethic

Actu-Environnement

Les Echos

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