L’Alsace, pionnière de la géothermie profonde à vocation industrielle

Le 1er septembre dernier, le projet ECOGI (Exploitation de la Chaleur d’Origine Géothermale pour l’Industrie), premier projet de valorisation directe de la chaleur issue de la géothermie profonde à vocation industrielle voit le jour sur le sol alsacien. Cet investissement de 55 millions d’euros va permettre de récupérer de l’eau à 165 degrés celsius se trouvant à 2500 mètres de profondeur afin de fournir en vapeur une usine d’amidon du groupe agroalimentaire Roquette située à Beinheim, à 15 kilomètres de la centrale.

 

 

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La géothermie ou “chaleur de la terre” est une technique de production d’énergie par la récupération de la chaleur contenue dans le sous-sol ou dans les nappes d’eau souterraines.

L’installation de Rittershoffen en est un bel exemple. En puisant de l’eau à 2,5 kilomètres de profondeur, la centrale génère une puissance de 24 mégawattheure, ce qui d’après la société Roquette, équivaut à l’énergie nécessaire pour fournir en chauffage 27.000 logements en une année, et permettra d’économiser 39 000 tonnes de CO2, ce qui correspond aux émissions annuelles de 25 000 voitures.

Ce projet s’inscrit dans les démarches de transition énergétique entreprises par l’Eurométropole de Strasbourg. En effet, suite au Sommet mondial sur le climat à Paris en 2015, et la loi du 15 août 2015 sur la transition énergétique, l’accent est mis sur les actions locales. L’Eurométropole s’est donc fixée les objectifs ambitieux de réduire de 30% ses consommations d’énergie d’ici à 2020, de baisser sa production de gaz à effet de serre et d’utiliser 20 à 30% d’énergies renouvelables pour satisfaire l’ensemble des besoins privés et publics.

Pour ce faire la collectivité investit dans différentes techniques de production d’énergie verte et notamment dans la géothermie profonde. Le sous-sol alsacien étant une mine d’or géothermique puisqu’il possède le gradient géothermique le plus élevé de France, permettant de puiser cette eau à 165 degrés celsuis.  “On ne peut pas faire de géothermie partout, mais la plaine d’Alsace s’y prête bien, de par la géologie de son sous-sol.” explique Philippe Soulé, directeur du groupe Fonroche.

C’est pourquoi, d’autres permis de recherches ont été accordés par le Ministère de l’écologie à des entreprises privées qui souhaitent explorer les sous-sols Bas-Rhinois. Le premier site choisi est situé dans la commune d’Eckbolsheim ou il est prévu la construction d’une centrale de cogénération (électricité et chaleur) qui alimentera le réseau de chaleur public de Hautepierre. Un deuxième site se trouve à Vendenheim avec l’objectif de satisfaire des besoins industriels, agricoles et de chauffage du secteur.  Pour finir, le troisième projet basé sur Illkirch-graffenstaden sera destiné à l’alimentation d’un futur réseau de chaleur public urbain.

Tout à commencé au sein du projet géothermique de Soultz-Sous-Forêts (Alsace) avec la mise au point du système géothermal activé ou technologie EGS (Enhanced geothermal system) développé en partenariat avec électricité de Strasbourg. En effet, la centrale de Rittershoffen fonctionne suivant le même système d’exploitation. Un système qui permet d’exploiter les réservoirs d’eau chaude sans avoir recours à la fracturation hydraulique : La technique utilisée par les gaz de schiste consistant à fissurer la roche par l’injection d’un fluide à base d’eau et de produits chimiques sous très haute pression afin de libérer le gaz emprisonné dans la roche. Par conséquent, le système utilisé en Alsace consiste à un nettoyage des failles naturellement présentes par le biais d’injection d’eau à basse pression. Ceci afin de réactiver la circulation sous-terraine naturelle de l’eau et ainsi l’exploiter. Autrement dit, la chaleur de l’eau est valorisée, puis réinjectée dans le sous-sol terrestre : la ressource est donc 100% renouvelable.

Il ne faut cependant pas oublier que la géothermie n’est pas sans risque, ce système, bien qu’il soit moins violent que la fracturation hydraulique peut tout de même engendrer des séismes.  Cela a déjà été le cas en 2003 où un tremblement de terre d’une magnitude de 2,9 sur l’échelle de Richter a été généré par la station située à Soultz-Sous-Forêts. Il y a aussi des risques de pollution des nappes phréatiques et des eaux de ruissellement par des fuites d’eau géothermale salée, ou de radioactivité naturelle.

Néanmoins, lors d’une conférence sur la géothermie du 22 septembre 2016, Pierre Mammousse (Maire de Soultz-sous-Forêts) nous a affirmé que l’étude d’acceptabilité menée en 2012 relative à la centrale géothermique située sur sa commune indique que les principales sources d’inquiétudes des riverains sont d’abord liées aux nuisances sonores émises par la centrale, puis dans un second temps aux risques sismiques.

 

Source :

http://labex-geothermie.unistra.fr/article278.html

http://www.roquette.fr/2016-roquette-news/inauguration-de-la-premiere-centrale-de-geothermie-profonde-a-vocation-industrielle/

http://www.es-geothermie.fr/qui-sommes-nous/actualites/projets/centrale-de-rittershoffen-en-exploitation

 

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