Le sac bioplastique en chardon, une solution écologique pour assurer le « grand remplacement » du sac plastique traditionnel

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Chaque année, il se vend environ 500 milliards de sacs plastiques dans le monde. Composé d’une matière issue du pétrole, le sac plastique est un symbole d’une société de consommation non durable.
Alors que certains Etats commencent à interdire les sacs plastiques non dégradables au profit des sacs biosourcés, la société italienne Novamont a d’ores et déjà trouvé une solution pour éradiquer la présence de pétrole dans ses produits bioplastiques : la graine de chardon.

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En Italie, les sacs plastiques à base de pétrole sont interdits depuis le 1er janvier 2011, remplacés par des sacs biodégradables ou en papier.
Cette décision se justifiait par l’abus de consommation de sacs plastiques dans la Botte : un italien utilisait en moyenne 300 sacs par an, faisant de l’Italie la responsable d’un quart de la consommation Européenne.
Depuis, l’Italie a fait d’énormes progrès en la matière, tant et si bien qu’une ville comme Milan a établi un ramassage de ses déchets organiques afin d’alimenter les centres de compostages industriels et de revendre le composte obtenu aux agriculteurs de la région Lombarde.
Pour ce faire, Milan utilise les sacs bioplastiques en chardon de la société Novamont qui sont à la fois biosourcés (issus de ressources renouvelables à 100%), biodégradables et compostables.

Le sac bioplastique en chardon de Novamont

La bioraffinerie Matrica, la plus grande d’Europe, a été créée en 2011 à Porto Torres (Sardaigne) par Novamont, société italienne spécialisée dans le bioplastique d’origine végétal et intégralement biodégradable, et l’ENI, la compagnie pétrolière italienne qui exploitait cet ancien site de production de plastique traditionnel.

L’utilisation de la graine de chardon permet de produire un bioplastique nouveau, composé d’amidon et d’acide azelaïque. C’est cette substance, issue de l’huile contenue dans la graine, qui remplace les composants d’origine pétrolière dans les bioplastiques de Matrica.
Cet acide peut avoir d’autres utilisations, notamment comme bio-herbicide.
Ce procédé, qui a nécessité 20 années de recherches, est exécuté sans produit chimique.

Ces sacs bioplastiques, biodégradables et compostables, coûtent environ 10 centimes l’unité, soit un prix trois fois plus élevé que les sacs plastiques traditionnels. La production est principalement écoulée en Italie pour l’instant.
Novamont a le projet de créer très prochainement une même bio-raffinerie aux Etats-Unis et envisage également de s’implanter en Allemagne et en France, maintenant que les législations sont favorables au bioplastique.

Pourquoi exploiter le chardon de Sardaigne

Le chardon est une espèce à faibles intrants, c’est-à-dire qu’elle ne consomme pas d’eau et pousse en quantité dans les régions arides comme la Sardaigne.
Cette plante n’a pas besoin de pousser sur des terres fertiles ni d’être ressemer.
Il s’agit ainsi d’une culture locale, n’empiétant pas sur les terres destinées à la production alimentaire, et permettant la réindustrialisation et la revalorisation de zones agricoles inexploitées comme c’est le cas en l’espèce avec cet ancien site désaffecté par l’ENI.
Le chardon devient une matière première qui se pose en alternative au pétrole pour créer des produits à faible impact environnemental.
Le reste de la graine de chardon permet, transformée sous forme de farine, d’apporter des protéines aux moutons des éleveurs locaux.
Les feuilles et la tige du chardon Sarde (près de 3 mètres de haut) sont, elles, transformées en paille lors de la récolte et ont vocation à alimenter la future centrale biomasse de l’usine lorsque 4000 hectares seront consacrés à la culture du chardon, lui permettant de devenir indépendante énergétiquement.
Matrica exploite 500 hectares de champs de chardons actuellement mais souhaite augmenter le volume des terres cultivées. Pour cela, Novamont et l’association agricole Coldiretti ont conclu un accord en 2015 pour élargir la culture du chardon chez les agriculteurs membres de celle-ci.

Avec l’usine Matrica, Novamont a créé un outil de production bioéconomique intégré au territoire mettant en place une économie circulaire.
La PDG de Novamont, Catia Bastioli, favorable aux matières premières locales, dit ainsi qu’un « nouveau type d’approche est nécessaire pour changer les choses, dit-elle. Pour cela, il faut mettre en relation sur un territoire donné l’agriculture, l’environnement, l’éducation, la recherche et la finance.

Un marché des sacs bioplastiques en plein essor en raison des interdictions des sacs plastiques

La France aurait pu mettre fin aux sacs plastiques dès 2006, avant l’Italie, mais le décret d’application de la loi en question n’a jamais vu le jour.
Il faut attendre la directive européenne 2015/720 relative à la réduction de la consommation de sacs en plastique légers (inférieurs à 50 micromètres) pour que la France agisse via la loi sur la transition énergétique du 18 août 2015. Celle-ci interdit les sacs plastiques fins, à usage unique, en deux temps : le 1er juillet 2016 pour les sacs de caisse (grande surface, petit commerce et marché) et le 1er janvier 2017 pour les sacs d’emballage des fruits et légumes.
Les sacs fins mais biosourcés et compostables sont cependant autorisés ailleurs qu’en caisse. Ces sacs sont pour l’essentiel composés de matières organiques (fécule de pomme de terre, d’amidon, d’huiles végétales, de sucres ou encore d’algues) et de plastique, là où Novamont n’utilise que de l’amidon et de l’huile de chardon. Ils se dégradent naturellement et se transforment en eau ou en CO2.
La loi sur la transition énergétique impose que la teneur en matière organique des sacs biosourcés passe de 30% à 60% entre 2017 et 2025. La matière organique étant produite localement, des industriels du bioplastique se positionnent déjà sur le nouveau marché français.
Le mouvement contre les sacs plastiques s’étend dans le monde. A Bali, leur interdiction a été prononcée pour 2018 grâce à l’action de deux adolescentes.
A l’inverse, au lieu de les supprimer, l’Irlande a par exemple choisi de taxer dès 2002 les sacs plastique à hauteur de 15 puis 22 centimes désormais avec une efficacité certaine : une réduction de 90% de leur usage.

A l’heure actuelle, la nouvelle tendance est de se tourner vers le biodégradable.
Cependant, la meilleure solution serait plutôt de faire primer le sac durable, qu’il soit en papier, en tissu ou tout simplement plus épais.

SOURCES :

http://www.20minutes.fr/societe/1876467-20160629-sacs-plastique-devient-interdit-va-etre-disponible-1er-juillet

https://www.zerowastefrance.org/media/TZW/Dossier%20du%20mois%20-%20f%C3%A9vrier%202016.pdf

http://cniid.org/Lutte-contre-les-sacs-plastiques-le,788

http://www.actu-environnement.com/ae/news/sacs-plastique-interdiction-italie-11655.php4

http://www.actu-environnement.com/ae/news/bioraffinerie-plastique-sacs-chardon-matrica-novamont-biodegradable-compostable-25328.php4

http://journaldelenergie.com/petrole/le-chardon-la-mauvaise-herbe-qui-nous-debarrasse-du-petrole/

http://www.courleuxsansfrontieres.com/Plastique-Vegetal-Bioplastiques-sacs-plastiques-de-caisse-et-couverts-biodegradables-Reportage-et-visite-Bioraffinerie_a1111.html

http://www.francetvinfo.fr/monde/environnement/le-chardon-la-plante-du-futur_1119003.html

 

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