Zoom sur ces acteurs qui donnent une seconde vie à nos déchets

En 2016, les questions environnementales sont au cœur de tous les débats. Avec 13,8 tonnes de déchets par an et par habitant en France, la situation est véritablement préoccupante. Ainsi à l’échelle mondiale, le besoin d’un développement durable s’en ressent encore d’avantage; revalorisation des déchets, consommation responsable, recyclage… Tour d’horizon sur ces acteurs de demain.

Des acteurs engagés aux quatre coins du monde

Direction le Canada, où une entreprise, “The plastic bank“, s’est engagée dans une démarche environnementale et solidaire. Elle rémunère la population locale de Haïti pour récolter les déchets plastiques sur les plages ou dans les campagnes. L’entreprise revend ensuite le plastique à de grands groupes industriels qui s’en servent pour leur production. D’une pierre deux coups ; les déchets plastiques trouvent une seconde vie, et les collecteurs souvent pauvres bénéficient d’une source de revenu… Avec une trentaine de points de récolte en Haïti, la mesure concerne tout de même quelques 11 000 personnes.

En attendant la fin des cigarettes en France, c’est à Lyon, qu’une jeune start-up, « Cy-Clope » s’est implantée. Celle-ci collecte et recycle les mégots en plaque d’isolation plastique. Pour ce faire, elle met à disposition des fumeurs, à l’endroit des pauses cigarettes, des bornes de récolte. C’est déjà ce qui se fait en matière d’ampoules, de bouchons ou même de piles mais il s’agit d’une grande première pour les mégots. Étonnant quand on sait que les mégots de cigarette représentent le déchet le plus jeté dans le monde. En effet à raison de plus de 70 milliards de mégots à recycler chaque année, le marché semble prometteur !

Dans le registre des déchets alimentaires cette fois, la start-up “Moulinot Compost” s’attaque aux déchets des restaurateurs parisiens pour en faire du compost (je parle aussi de compost ici). A sa tête, Stéphan Martinez collecte plus de 30 000 restes de repas par jour, soit 8 tonnes de compost. Parmi ses clients, Mc Donald’s, Quick, l’Oréal, et même la COP21. Mais la start-up ne compte pas en rester là. Elle cherche actuellement à lever des fonds pour s’agrandir et vise de nouveaux horizons, notamment nos voisins les corses.

Un peu plus à l’Est de Paris cette fois-ci, à Reims, “Connect’O” est quant à elle une start-up qui aide à consommer mieux. Grâce à des capteurs connectés installés sur l’arrivée d’eau de l’appartement, la consommation d’eau est mesurée et les résultats sont transmis à une application mobile. Ainsi il est possible de connaitre en temps réel sa consommation d’eau et de la limiter. L’application propose des conseils aux consommateurs pour les encourager à adopter les bons comportements qui mettront fin aux gaspillages et allégeront en prime leurs factures. En bonus le système permettrait de signaler les risques de dégâts des eaux.

De belles initiatives certes, toutefois encore insuffisantes

Ce rapide panorama permet de mettre en évidence un regain d’intérêt certain pour l’environnement au 21e siècle. A l’heure où l’empreinte écologique atteint des records, il est rassurant de voir la multiplication des acteurs concernés par les questions environnementales.

Bien sûr tout cela est à relativiser. S’il est important de recycler, il n’en reste pas moins que le problème des déchets peut souvent être réglé en amont. Et s’il est bien un acteur qui peut agir c’est l’État lui-même. En matière de cigarette par exemple, à défaut de recycler les mégots, la diminution de la production pourrait s’avérer être une solution plus durable. En appliquant une législation d’avantage contraignante en la matière, l’abaissement du taux de fumeur s’en ressentirait très certainement. C’est d’ailleurs un domaine que l’Australie maîtrise remarquablement bien. D’année en année, la loi s’endurcit : après l’exigence d’absence publicitaire sur les emballages, c’est à la liste des zones sans tabac de s’allonger, en même temps que l’augmentation du prix des cigarettes. L’Australie a vu son taux de tabagisme parmi les jeunes passer de 23,5% il y a 20 ans à 6,7% en 2014. Des résultats encourageants pour la santé mais aussi pour l’environnement. C’est donc logiquement que la France commence, doucement mais sûrement, à suivre leur modèle.

 

Sources :

http://www.cniid.org/Les-dechets-en-France-quelques-chiffres,151

http://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/the-plastic-bank-la-start-up-qui-transforme-les-dechets-plastiques-en-monnaie-578709.html

https://www.maddyness.com/entrepreneurs/idee-business-startup/2015/08/31/cy-clope/

http://www.challenges.fr/start-up/moulinot-compost-transforme-les-dechets-des-restaurants_29350

http://www.wedemain.fr/Cette-start-up-qui-veut-reduire-votre-usage-de-l-eau-200-litres-par-jour_a1105.html

 

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Lea ZoharLéa Zohar

Etudiante en Master 2 GEDD à la faculté de droit de Strasbourg.

Membre actif de l’association MédiaDroit. Passionnée par la revalorisation des déchets.

maillinkedin

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2 réponses

  1. Carole dit :

    Chacun peut agir à sa manière en faisant attention à sa consommation et perso je suis une adepte du réemploi, encore plus que du recyclage, on y pense pas toujours mais je le fais par exemple avec mes cartouches d’encre (https://www.selecteo.fr/16-cartouches-jet-d-encre-remanufacturees) qui sont des produits très toxiques pour la santé et l’environnement alors autant limiter la casse !

  2. Lea Zohar dit :

    Tout à fait d’accord avec vous Carole.
    Merci d’avoir partagé cette info recyclage avec nous 🙂

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