Ecoquartier de la ZAC de Bonne à Grenoble: le premier en France

Situé en plein cœur de Grenoble, l’écoquartier de Bonne, construit entre 2005 et 2010, est le premier à avoir vu le jour en France. C’est un quartier respectueux des principes de développement durable, limitant l’empreinte écologique et abritant aussi bien des logements, des bureaux, des commerces et des jardins publics. Le projet a été porté par la Ville de Grenoble.

 

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Des pionniers de l’écoconstruction

Douzième agglomération de France avec un bassin de 560 000 habitants, Grenoble est en plein essor. Confrontée au problème de l’étalement urbain, la ville a mené, en plein cœur du centre ville, une opération sans précédent: la réhabilitation de la caserne militaire de Bonne.

Lorsqu’en 1994, l’armée quitte cette caserne, la ville a eu l’idée d’explorer le potentiel de cette surface de 8,5 hectares. Le pari est réussi: les murs de la caserne sont tombés, et celle-ci s’est transformée en un véritable écoquartier, avant même que cette notion soit labellisée en France. C’est l’écologiste Pierre Kermen, alors adjoint au Maire en charge de l’urbanisme, qui a insufflé cette idée, inspiré par ses visites d’écoquartiers en Europe du Nord, notamment en Allemagne.

Un projet ambitieux et innovant à plusieurs niveaux

Autours des trois bâtiments de la Cour d’honneur conservée en l’état, Grenoble a bâti un projet innovant, écologique, dense et social, basé sur les nouveaux fondamentaux de l’habitat urbain du 21ème siècle. L’idée était de rendre le centre de Grenoble plus beau, plus agréable et attractif.

Ce projet d’écoquartier est particulièrement ambitieux à plusieurs titres: premièrement de part son ampleur, son caractère social et son exemplarité écologique.

En effet, l’écoquartier s’étend sur 8,5 hectares au cœur de la ville dont 3,5 de parcs public et 1,5 de jardins en copropriété. Il compte 850 logements dont 40% sont sociaux et en location, une galerie commerciale écologique de 16 000 m2, 5000 m2 de bureaux dont un immeuble à énergie positive de 1600 m2, une école bioclimatique de 16 classes et une crèche.

On trouve également un établissement d’hébergement pour les personnes âgées dépendantes de 80 lits, deux résidences étudiantes, dont une gérée par le CROUS, un foyer d’hébergement de 24 logements pour personnes handicapées, un cinéma, une résidence hôtelière et un hôtel ***.

Ce projet est remarquable aussi de part son exemplarité écologique: les constructions sont HQE mais cela va au-delà. En effet, l’objectif ici était de 50KwH/m2 et par an de chauffage, soit près de 4 fois moins que la consommation moyenne.

Le plan masse du quartier a été conçu par l’architecte Christian de Villère. Le cahier des charges, très exigeant, met en œuvre les techniques d’isolation et de maîtrise de l’énergie de demain. Les bâtiments sont non seulement isolés par l’extérieur mais aussi en terrasse, en sous-face au niveau des plafonds des parkings, et sont munis de vitres performantes, notamment des fenêtres à double vitrage peu émissif avec une lame d’argon intercalée entre les deux vitrages.

Les bâtiments d’habitation sont équipés de panneaux solaires thermiques qui produisent 45% de l’eau chaude sanitaire. Par ailleurs, tous les besoins en électricité du site et la moitié des besoins en terme de chauffage sont couverts par la cogénération. À partir du gaz naturel, on produit de l’énergie thermique et de l’énergie mécanique immédiatement converties en électricité.

Chez nos voisins suisses et allemands, la cogénération est pratiquée depuis longtemps. Cela consiste à produire de l’électricité en récupérant la chaleur perdue lorsque l’on produit de l’électricité par voie thermique.

Le site de la ZAC de Bonne, comme l’ensemble du territoire de Grenoble, est situé sur une nappe phréatique très proche de la surface du sol (moins de 3 mètres). De plus, Grenoble étant une des villes les plus plates de France alors qu’elle compte une pluviométrie élevée (précipitations moyenne annuelles de 1007 mm), les aménageurs du projet ont été contraints à approfondir le sujet d’évacuation et de récupération des eaux de pluie. Un grand bassin d’une surface de 1700 m2 et d’une profondeur de 80 cm a été installé pour récupérer et stocker l’eau de pluie pour l’arrosage. De même, des végétaux aquatiques ont été implantés dans le bassin afin d’améliorer la qualité de l’eau qui circule en circuit fermé.

Côté transport, dans la mesure où le site se trouve à proximité d’une ligne de tramway, le centre commercial ne comprend que 350 places de parking afin d’inciter les gens à venir en transport en commun. On compte également une place de parking par logement, au sous-sol. Chaque immeuble possède un garage à vélo.

Enfin, les fruits et légumes frais font office de liens entre les habitants qui récupèrent leurs paniers solaires et se retrouvent autour du potager pédagogique.

Un pari réussi

En 2009, Grenoble a été récompensée pour son écoquartier de Bonne: elle a reçu le grand prix national EcoQuartier 2009. Le jury a conclu que l’écoquartier de Bonne était « un exemple en matière de recyclage, porteur d’excellence globale, répond aux enjeux du développement durable et illustre l’esprit du Grenelle de l’Environnement ».

Depuis, d’autres écoquartiers ont vu le jour en France, notamment à Mulhouse ou encore à Rennes. De nombreux projets sont également en cours comme à Marseille ou à Bordeaux, pour ne citer que les grandes villes de France.

Manon GUERMAN

webographie:

http://observatoire.pcet-ademe.fr/action/fiche/36/amenagement-de-la-zac-de-bonne

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_definitif_Etude_Eau_EQ2009-_novembre_2011.pdf

http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Dossier_Palmares_Grenoble_Zac_de_Bonne_08062011.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89coquartier

 

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