Piétonisation des berges à Paris : exemple à suivre ?

 

Depuis le vote du lundi 26 septembre 2016, les berges rive droite au coeur de Paris, qui s’étendent de la voie Georges-Pompidou entre le tunnel des Tuileries (1er arrondissement) et le port de l’Arsenal (12e), seront définitivement interdites à la circulation automobile. Seuls  y seront encore admis  piétons et cyclistes.

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Un objectif affiché de réduction des polluants

 La piétonisation a pour ambition de réduire l’utilisation des véhicules par les parisiens et de favoriser des modes de déplacement plus écologiques, comme les nombreux transports en commun que compte Paris, par exemple, ceci afin d’améliorer la qualité de l’air de la capitale.

La maire de Paris Anne Hidalgo rappelle en effet que le trafic « génère aujourd’hui deux tiers des émissions de dioxyde d’azote et 56 % des particules fines dans Paris » [1], ce qui constitue des enjeux de santé publique et d’écologie majeurs. La pollution de l’air serait en effet responsable de 9000 décès par an en France, dont 2500 pour la seule ville de Paris [1]

La décision aurait déjà permis, selon les mots de la maire de Paris, une évaporation du trafic, en d’autres termes une réduction de ce trafic de l’ordre de 10 % [2], soit autant d’émissions de polluants évitées.

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Le projet de Mme Hidalgo fait notamment l’objet des critiques des associations de défense des automobilistes, de la droite, et des habitants de la banlieue parisienne. En effet, la piétonisation des berges ne manquera pas de provoquer des reports de trafic sur d’autres axes, ce qui s’accompagnera de bouchons et d’un rallongement des trajets domicile travail, au moins dans un premier temps.

Il est également reproché l’aspect précipité et le manque de transparence du processus de décision. Nathalie Kosciusko-Morizet, cheffe du groupe Les républicains, a dénoncé un projet « conduit en force » sans concertation et qui « ne pouvait se concevoir qu’à l’échelle de la métropole » [1].

Enfin, si le projet est majoritairement approuvé par les parisiens intra muros, qui utilisent davantage les transports en commun et le vélo,  ce n’est pas le cas pour les habitants de la banlieue, davantage dépendants de leurs véhicules, comme le révèle une étude IFOP [3]. Une petite majorité de parisiens est cependant favorable à la mesure ( 55% des sondés), et notamment les jeunes (69 % des sondés y sont favorables).  

Ceci est l’illustration des difficultés concrètes d’engagement d’une politique de développement durable, les pouvoirs publics devant mener une politique d’équilibre entre les aspects économiques, sociaux, et environnementaux. Un arbitrage compliqué des différents intérêts des partis prenantes auquel s’est livré la maire de Paris.

Une simple expérimentation avant une possible généralisation ? 

Aucune extension de la mesure à d’autres axes de Paris n’est prévue pour l’heure. Cependant, l’idée d’interdire l’usage de la voiture, dans les centre villes notamment, n’est pas neuve, et le projet de Mme Hidalgo relance le débat s’agissant du bien fondé d’une telle mesure. Il pourrait également contribuer à l’éclosion de mesures similaires dans d’autres grandes villes de France ou à l’étranger s’il se révélait être un succès.

L’idée est d’autant plus intéressante que l’objectif européen de réduction de 20 % des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2020 est encore loin d’être atteint.

 

SOURCES

[1] http://www.lemonde.fr/pollution/article/2016/09/26/le-conseil-de-paris-approuve-la-pietonnisation-des-berges-de-seine-rive-droite_5003514_1652666.html

[2] http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/09/26/fermeture-des-voies-sur-berges-premiers-chiffres-sur-l-etat-du-trafic_5003176_3244.html

[3] http://www.lemonde.fr/politique/article/2016/09/23/55-des-parisiens-favorables-a-la-pietonisation-de-la-rive-droite-de-la-seine_5002341_823448.html

Image libre de droit : https://pixabay.com/fr/berge-paysage-urbain-ville-urbaines-1149606/

 

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