La moitié du parc nucléaire français mise à l’arrêt par l’ASN: risque de black-out?

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L’ASN (l’Autorité de sûreté nucléaire) a rendu publique le 7 avril 2015 une anomalie de la composition de l’acier dans certaines zones du couvercle et du fond de la cuve du réacteur à eau pressurisée (Nouveau type de réacteur nucléaire développé par AREVA) de Flamanville. C’est suite à cette découverte datant de fin 2014 que l’ASN a demandé à EDF de réaliser des contrôles complémentaires sur les fonds primaires de générateurs de vapeur sur chacun des douze réacteurs concernés: ceux réalisés par AREVA Creusot Forge et le constructeur japonais Japan Casting & Forging Corporation (JCFC).

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Une anomalie récurrente sur les réacteurs nucléaires français

Le fond primaire est une portion de sphère de 4 mètres de haut située à la base du générateur de vapeur qui contient le combustible nucléaire et dont la fonction est d’isoler la radioactivité. L’acier de ces fonds de cuve est affecté par une concentration élevée en carbone pouvant conduire à des propriétés mécaniques plus faibles que celles attendues. En effet, le risque est que cet acier résiste moins bien à des chocs thermiques. Ceci est problématique sachant ces générateurs de vapeur sont des échangeurs thermiques qui permettent de refroidir le circuit primaire qui est porté à haute température (320 °C) dans le cœur du réacteur.

Suite aux résultats inquiétants des premiers contrôles réalisés sur 7 réacteurs à l’occasion des arrêts programmés pour rechargement de combustible, l’ASN a, dans une décision n° 2016-DC-0572 du 18 octobre 2016, prescrit que le contrôle des 5 réacteurs restant aura lieu sous 3 mois : Fessenheim 1, Tricastin 2 et 4, Gravelines 4 et Civaux 1. Ces contrôles doivent permettre de savoir si les fonds primaires susceptibles de poser problème sont en conformités avec les législations en vigueur.

Lors de la commission parlementaire du mardi 25 octobre 2016, Monsieur Bruno Sido, premier vice-président de l’Office Parlementaire d’Evaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (OPECST), rappelle que l’Office avait déjà, il y a 1 an, mené une audition publique suite à la découverte du défaut d’acier du fond de cuve de la centrale en construction de Flamanville. Cette audition avait permis la mise en œuvre d’autres tests et contrôles sur cette dernière. Il nous rappelle également qu’il avait souhaité que soit “adoptée une position de bon sens, consistant à attendre la réalisation des tests annoncés et l’analyse de leurs résultats quitte à ce que les travaux en cours soient interrompus”. Il souligne ensuite que cet avis n’a pas été suivi et “que la construction a continué sans que les interrogations sur la qualité de l’acier de la cuve n’ai été vraiment levées”.

A noter que la plus sérieuse anomalie concerne le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim (Alsace). Ce réacteur, qui était à l’arrêt pour une opération de maintenance en juin, a vu son certificat d’épreuve suspendu en octobre par l’ASN et n’a pas été autorisé à redémarrer. Par ailleurs, l’ASN exige aussi l’arrêt du réacteur 1 de la centrale. Il est important de souligner que seule l’ASN a le pouvoir d’autoriser ou non ces réacteurs à redémarrer.

 

Un cout dur supplémentaire pour EDF

Alors que les 58 réacteurs exploités en France procurent plus des trois quarts de l’électricité produite sur le territoire national, avec 20 réacteurs à l’arrêt, autrement dit plus d’un tiers du parc nucléaire français, la facture ne va pas être sans conséquence. EDF a d’ores et déjà une perte de production évaluée entre 29 et 36 térawattheures. Suite à ces contrôles, EDF déclare un manque à gagner d’au moins 1 milliard d’euros. La Commission de régulation de l’énergie (CRE) signale déjà que ces indisponibilités ont conduit à une hausse des prix de gros de l’électricité depuis mi-septembre. Cette hausse se justifie par la nécessité pour la France d’augmenter sa part d’importation dans son mix énergétique.

 

Risque d’une pénurie d’électricité en plein hiver ?

De plus, RTE (Le réseau de transport de l’électricité Français) annonce, dans un communiqué de presse du mardi 8 novembre 2016, qu’une pénurie d’électricité est à craindre. Le gestionnaire du réseau annonce devoir prendre, en cas de vague de froid importante, des mesures exceptionnelles afin de préserver l’approvisionnement en électricité des français pendant les pics de consommation journaliers. RTE pourra ainsi interrompre l’approvisionnement de sites énergivores, puis, si la situation s’aggrave, aller jusqu’à envisager des délestages électriques momentanés, c’est à dire supprimer l’alimentation électrique de certaines zones.

Néanmoins, RTE se veut pour le moment rassurant en indiquant que “ le développement des énergies renouvelables, des capacités d’importation, de l’effacement et des économies d’énergie, va toutefois permettre de compenser en partie la baisse globale de production des sites nucléaires. 

http://www.asn.fr/Informer/Actualites/Controles-complementaires-sur-les-generateurs-de-vapeur-de-cinq-reacteurs-d-EDF#bottom

http://videos.assemblee-nationale.fr/video.4345585_580f80fe66839.opecst–controle-des-equipements-sous-pression-nucleaires-25-octobre-2016

http://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/0211463147548-nucleaire-les-arrets-de-reacteurs-vont-couter-1-milliard-deuros-a-edf-en-2016-2040573.php?glHolkQ7XVOsVZXV.99

http://www.rte-france.com/fr/actualite/analyse-equilibre-offredemande-d-electricite-un-hiver-2016-2017-sous-forte-vigilance

 

 

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