Le fleuve Sénégal : les prémices d’un marché commun de l’énergie en Afrique ?

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Le fleuve Sénégal se situe à la croisée de la Mauritanie, du Sénégal, du Mali et de la Guinée et est l’un des fleuves les plus importants d’Afrique. Ses opportunités géopolitiques, économiques et régionales sont l’objet d’un conflit armé entre le Sénégal et la Mauritanie depuis les années 1989. Pour assurer la paix et une parfaite concordance entre les pays riverains, il a récemment été créé l’organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS), qui gère de manière collective les retombés économiques dudit fleuve dont l’énergie électrique en premier plan.

De la cogestion du fleuve

L’idée de construire un ouvrage hydroélectrique sur le fleuve Sénégal remonte à la colonisation. Après les indépendances, le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée forment un comité inter-état pour développer un projet, qui deviendra l’Organisation des États riverains du fleuve Sénégal, disparue en 1968. Ensuite viendra une nouvelle structure, Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS). Elle sera formée en 1972, sans la participation de la Guinée. L’OMVS visait entre autres à promouvoir la coopération interétatique, coordonner les études techniques, économiques, ainsi que le développement et la production de l’énergie hydroélectrique. Egalement, elle avait pour mission la protection et la conservation de l’environnement.

Les assises du marché commun de l’énergie

A l’instar de la cogestion des ressources communes du fleuve, en 2015, il a été décidé la mise en place d’un marché commun de l’énergie, l’un des premiers en Afrique.

Pour cela, plusieurs barrages ont été construits : le barrage de Diama ayant pour mission de stopper les remontées d’eaux salines et stocker l’équivalent de 500 millions de mètres cubes d’eau pour approvisionner les grandes capitales sous-régionales (Nouakchott, Dakar, Bamako et Conakry). Et le barrage de Manantali dont les retenues d’eaux permettent d’irriguer les terres arables et générer de l’hydroélectricité pour les populations de ces pays.

Aussi, et afin d’assurer une autosuffisance énergétique, plusieurs barrages sont en constructions, visant une capacité de 1205 MW à l’horizon 2030.

 

Les perspectives du réseau de distribution d’électricité

Le futur réseau, actuellement en construction, passera de 1 700 à 4 000 km à l’horizon 2025 et palliera à l’important déficit actuel en termes d’accès à l’électricité. A ce jour, seulement 54% des ménages du bassin (les populations riverains du fleuve) sont raccordés au réseau et ce taux descend à 13% dans les zones rurales qui sont les plus précaires. Ce marché commun de l’énergie vise à assurer des échanges d’énergie entre le nord et le sud du continent africain. A cette fin, il sera interconnecté avec celui du West African Power Pool.

Une consécration mondiale

Ce mode de gestion des ressources fluviales a été classé en 2015 premier de sa catégorie en termes de « quotient mondial de coopération en ressources en eau transfrontalière » établi par le strategic foresight group. L’aboutissement de ce marché commun de l’énergie est annoncé comme un modèle de développement en matière de coopération interétatique africaine et sa réalisation marquera certainement le secteur énergétique mondial à l’aune de ce 21e siècle.

 

Sources :

http://images.google.fr/imgres?imgurl=http%3A%2F%2Fscd.rfi.fr%2Fsites%2Ffilesrfi%2Fimagecache%2Faef_image_original_format%2Fsites%2Fimages.rfi.fr%2Ffiles%2Faef_image%2Fprojets-structurants-de-lo_0.jpg&

http://www.portail-omvs.org/domaines-dintervention/secteurs-cle/energie-choix-strategiques-lomvs

http://www.oieau.fr/oieau/notre-actualite-et-avancement-de/article/fleuve-senegal-organisation-de

http://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/d%C3%A9cembre-2015/vers-un-march%C3%A9-africain-unique

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