Sommes-nous entrés dans une nouvelle ère ?

Article faisant partie d’un dossier sur l’Anthropocène avec l’article de Gilles de Giorgio (lien)

Cette année, depuis le 8 août 2016, l’Humanité vit une fois de plus à crédit vis-à-vis de la Planète, c’est-à-dire qu’elle consomme davantage de ressources naturelles que la Terre ne peut en fournir.  Le 8 août c’est cinq jours plus tôt qu’en 2015 et 13 jours plus tôt qu’en 2010. L’impact gargantuesque de l’Homme sur la Planète ne peut plus être nié : depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ses activités laissent des traces irréversibles visibles jusque dans les couches géologiques. Si bien qu’aujourd’hui certains géologues considèrent que nous sommes entrés dans une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène.

 camiiille

Source : http://www.footprintnetwork.org/en/index.php/GFN/page/footprint_basics_overview/

 

Un constat implacable et accablant

L’été 2016 a été celui de tous les records. Malheureusement les performances sportives des Jeux Olympiques de Rio paraissent bien fades en comparaison des deux faits marquants suivants : l’été 2016 a été le plus chaud jamais enregistré dans toute l’histoire et nous avons atteint encore plus tôt le seuil au-delà duquel l’Humanité vit à crédit par rapport aux ressources naturelles. Nos modes de vie sont tels qu’aujourd’hui il faudrait en moyenne  1,6 planète pour répondre à l’ensemble de nos besoins. Toutefois ce nombre varie fortement selon les régions. Ainsi la palme de la  surexploitation revient à l’Australie (5,4 planètes) tandis que la France se situe à la sixième place (3 planètes). Malgré les efforts déjà engagés par les Etat pour limiter le désastre, les prévisions scientifiques sont alarmantes. Les experts estiment ainsi qu’en 2030 le seuil de crédit sera atteint aux alentours du 28 juin, soit un mois plus tôt que cette année.

« Nous vivons à crédits » : qu’est-ce-que cela signifie ?

Depuis le 8 août 2016 nous vivons à crédit vis-à-vis de la Terre et de ses ressources. Cela signifie qu’en ce jour précis, l’Humanité a déjà consommé toutes les ressources que la Planète peut produire en une année. Autrement dit, au-delà du « Jour du dépassement de la terre » nous puisons dans les réserves naturelles pour subvenir à nos besoins. C’est ce qui explique la raréfaction des ressources naturelles, ou encore la disparition de certaines espèces animales et végétales qui sont utilisées ou disparaissent à des vitesses supérieures à celles de leurs cycles de renouvellement.

Le concept du « Jour du Dépassement » a été inventé par les ONG Global Footprint Network et World Wide Fund afin de nous faire prendre conscience de l’impact de nos modes de vie ultra-consommateurs sur notre planète. Jusqu’en 1986 la Terre était encore capable de subvenir à l’ensemble de nos besoins en une année. Depuis, l’évolution de nos modes de vie a été telle que nous avons commencé de plus en plus à exploiter les réserves naturelles, ce qui signifie que nous puisons déjà dans le patrimoine naturel alloué aux générations futures.

L’empreinte écologique est calculée à partir d’un ensemble d’indicateurs révélant l’ensemble de nos impacts : consommation en eau, consommation en énergies primaires, disparition de la biodiversité, émissions de Gaz à Effet de Serre (GES), etc. Aujourd’hui l’empreinte carbone (quantité de carbone émise par une activité) représente en moyenne 60% de l’empreinte écologique.

A titre d’exemple, l’empreinte écologique d’un français en 2016 se décline de la façon suivante : 53 % pour les émissions de GES, 24% pour les cultures alimentaires non-animales, 10% pour consommation de ressources forestières, 5% pour les pâturages, 4% pour les poissons et 4% pour les espaces consommés par l’expansion urbaine.

Certains scientifiques restent optimistes puisque si la population et l’activité économique ont respectivement augmenté de 23 et  153% entre 1990 et 2009, l’empreinte écologique n’a quant à elle augmenté « que » de 9% sur la même période. Cela signifie que nous sommes capables de faire mieux avec toujours moins de ressources.

Pour autant il est indubitable que notre style de vie n’est plus viable. Les conséquences de nos activités se font sentir à tous les niveaux (hausse des températures, sécheresse, multiplication des catastrophes naturelles, disparition de la faune et de la flore…) et laissent même des traces irréversibles au niveau des strates géologiques. C’est pourquoi le 29 août 2016, lors du 35ème Congrès international de stratigraphie, certains experts géologues ont proposé de définir une nouvelle ère géologique, l’Anthropocène, caractéristique des activités de l’Homme sur la planète.

 

Qu’une ère géologique spécifique à l’Homme soit définie ou non, une question demeure, serons-nous capable d’inverser la tendance actuelle et de préserver une planète viable ?

 

 

Sources :

http://tempsreel.nouvelobs.com/planete/20160805.OBS5875/depuis-ce-lundi-notre-planete-vit-a-credit-et-s-epuise.html

http://www.lemonde.fr/climat/article/2016/08/07/sols-forets-poissons-a-partir-de-lundi-l-humanite-vivra-a-credit_4979389_1652612.html

http://www.footprintnetwork.org/fr/index.php/GFN/page/at_a_glance/

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