Investissements dans le nucléaire : comment se positionne l’Union Européenne ?

Le PINC, ou Programme Indicatif Nucléaire, correspond à la feuille de route de la Commission européenne en matière d’objectifs de production et d’investissements de l’Union Européenne dans le secteur du nucléaire. Instauré par l’article 40 du traité Euratom, cette communication est publiée à intervalles réguliers. Le PINC 2016 a été dévoilé par la Commission le 4 avril dernier. Il s’agit du premier PINC post-Fukushima.

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Centrale nucléaire du Bugey dans l’Ain. Source : 

I-Un coût considérable…

Les deux axes principaux de la communication sont les investissements liés à la sûreté des exploitations existantes ainsi que les besoins de financements pour le démantèlement des centrales et la gestion des déchets radioactifs.

Ainsi, la Commission estime que 90 % des réacteurs nucléaires européens devront être remplacés d’ici 2030, si aucun programme d’extension de durée de vie des centrales n’est lancé. Entre 350 et 450 milliards d’euros devraient donc être injectés pour la mise en place de nouvelles centrales. Le PINC de 2016 ne fait aucune mention des subventionnements publics de ces centrales.

Concernant le démantèlement des centrales et la gestion des déchets, le total de ces financements est estimé à 253 milliards d’euros jusqu’à 2050. Actuellement, les fonds alloués représentent 150 milliards d’euros. Le coût du démantèlement par centrale varie considérablement d’un État membre à un autre : 200 millions d’euros en Finlande, 1 300 millions en Lituanie par exemple. S’il est possible d’envisager à long terme une baisse des coûts du démantèlement, le coût de la gestion des déchets nucléaires reste, en revanche, très difficile à estimer.

II-… Pour un engagement sur le long terme

A la clé de ce Programme, un objectif phare de l’UE : la sécurité d’approvisionnement. Selon les prévisions du PINC, la part du nucléaire dans le mix énergétique européen devrait baisser à horizon 2020 (notamment dû au retrait allemand), mais un pic est à prévoir en 2030 en raison de l’arrivée d’une nouvelle génération de réacteurs. L’Union européenne est très consommatrice d’électricité nucléaire (1/3 de la consommation mondiale), ce qui n’empêche pas une importation notable: le Kazakhstan a été le principal fournisseur de combustible en 2014 (27 %), suivi par la Russie (18 %) et le Niger (15 %).

Le PINC énonce que « l’énergie nucléaire, technologie à faible intensité en carbone qui contribue de façon significative à la sécurité de l’approvisionnement et à sa diversification, devrait rester une composante importante du bouquet énergétique de l’UE à l’horizon 2050 ». L’Union Européenne entend donc clairement poursuivre l’utilisation de l’énergie nucléaire, et veut prétendre au statut de leader technologique dans ce secteur.

Pourtant, et contrairement à ce qui est demandé par l’article 40 du traité Euratom, aucun seuil ou objectif chiffré de production n’est indiqué dans le PINC de 2016: le nucléaire continue de diviser au sein des États-membres.

 

Sources :

http://www.nuclear-transparency-watch.eu/fr/non-classe/pinc-2016-le-vrai-tableau.html

http://www.europaforum.public.lu/fr/actualites/2016/04/comm-pinc/index.html

https://ec.europa.eu/energy/en/news/commission-presents-nuclear-illustrative-programme

http://www.taurillon.org/nucleaire-ou-en-est-l-union-europeenne

 

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