Huile de palme : un potentiel fléau pour les forêts africaines?

Publié le 23 Février 2016, l’ONG Greenpeace a alerté l’opinion publique dans un document intitulé « Menaces sur les forêts africaines», concernant les dangers de la déforestation au profit de la production d’huile de palme ou d’hévéa.

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Les investisseurs, dont Socfin incriminé dans le rapport, s’intéressent de plus en plus à ce continent pour trois raisons : des conditions climatiques favorables, une réglementation peu contraignante ou non appliquée et un régime fiscal intéressant.

Les arguments en faveur de ces cultures :

En Afrique, l’exploitation d’huile de palme pourrait créer des opportunités économiques pour développer ce continent. De plus, ce produit ne contient pas d’acides gras trans, considérés comme nocifs pour la santé car ils augmenteraient le niveau de cholestérol LDL dit « mauvais cholestérol » et diminueraient le taux de bon cholestérol (HDL). L’huile palmitique pourrait contribuer à l’alimentation locale des populations à faible coût. Il ne faut pas oublier que le palmier à huile est africain et est utilisé dans de nombreuses communautés africaines. Le plus gros producteur africain d’huile de palme est aujourd’hui le Nigeria mais l’Afrique ne représente qu’un petit pourcentage de la production d’huile de palme au niveau mondial.

Les détracteurs d’une exploitation intensive :

Certains projets ciblent des forêts denses primaires ou secondaires constituant d’immenses puits à carbone en République démocratique du Congo, au Liberia, au Ghana, au Cameroun, en Côte d’Ivoire ou bien encore en Sierra Leone… Il faut signaler que 12% des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont issues de la déforestation (chiffres du GIEC).
Ce sont aussi des réserves de biodiversité uniques au monde. Les plantations de ces groupes industriels, dont Socfin, pourraient détruire l’habitat de nombreuses espèces dont des espèces menacées voire même en danger.
D’autre part, ces projets peuvent s’implanter sur des terres utilisées par les populations locales pour de l’agriculture vivrière. En perdant leurs terres, ils perdent leur moyen de subsistance, menaçant ainsi la sécurité alimentaire de certaines communautés. Des études de terrain et des consultations, pour certains projets, ont été menées mais les ONG et les grandes entreprises concluent à des résultats significativement différents allant d’une zone à forte valeur pour la conservation de la biodiversité pour les premiers à une zone à faible pour les seconds. Les compensations financières sont estimées insuffisantes par la population, les conditions de travail des ouvriers agricoles sont jugées très dures créant de nombreux conflits sociaux.
Enfin, des soupçons de corruption planent sur certains projets de plantation de palmiers, noircissant l’image de ces sociétés déjà en difficulté avec les dégradations causées en Amérique Latine et surtout en Asie du Sud Est.
A titre d’exemple, Greenpeace met en exergue l’assignation en justice du groupe Socfin par des paysans cambodgiens devant le tribunal de grande instance de Nanterre dans le cadre d’une action en responsabilité civile, en juillet 2015.

Des solutions possibles

“Pour que les forêts africaines ne connaissent pas le sort des forêts indonésiennes et malaisiennes, les investisseurs doivent s’engager dès aujourd’hui à adopter des politiques zéro déforestation assorties de garde-fous sociaux, remparts indispensables contre le développement incontrôlé des plantations”, a déclaré l’ONG Greenpeace, à l’occasion de la publication de son enquête.

Une politique zéro déforestation ne signifie pas la non exploitation d’espaces forestiers mais plutôt d’apprécier les zones à forte valeur écologique ou sociale pour les protéger et de cultiver d’autres zones pour la culture d’huile de palme. En outre, une méthodologie a été mise en place pour identifier les zones forestières qui doivent absolument être protégées, car elles stockent une quantité importante de carbone ou parce qu’elles abritent une biodiversité animale et végétale importante : il s’agit de la méthodologie HCS (High Carbon Stock).
Le groupe Socfin a publié une Sustainability Policy en 2015 mais elle est considérée par l’ONG d’insuffisante au regard des engagements pris par d’autres groupes agro-alimentaires du secteur.

La mise en œuvre effective de la responsabilité sociétale de ces grands groupes est nécessaire pour répondre aux attentes des consommateurs mais aussi à l’équilibre tant climatique, que financier de ces firmes.

 

Sources :

Rapport Greenpeace : http://www.greenpeace.org/france/PageFiles/266171/Menaces-For%C3%AAts_Greenpeace-France.pdf

http://www.novethic.fr/breves/details/les-forets-africaines-menacees-par-les-plantations-dhuile-de-palme-selon-greenpeace.html

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