Cop21 – l’absence du problème des débris spatiaux

Jeune chercheuse ayant effectuée sa thèse sur les débris spatiaux-artificiels, Mme Fatoumata  Kebe, doctorante en astronomie, était invitée à la conférence de l’UNESCO ayant pour thème “Comment la recherche et l’innovation peuvent-elles sauver la planète ?”. Elle a ainsi pu longuement évoquer un problème particulier, important et méconnu du grand public : les débris spatiaux, absent des négociations de la COP21. La pollution spatiale existe et elle est bien plus grave que ce que l’on pourrait croire.

Cartographie des principaux débris spatiaux en orbite basse

Cartographie des principaux débris spatiaux en orbite basse

Les débris spatiaux, qu’est-ce que c’est ?

Ce sont des restes des objets que nous avons envoyés dans l’espace depuis 1957, date à laquelle la conquête de l’espace a débuté. Il s’agit de satellites envoyés dans l’espace qui ont finis leur mission, des morceaux de fusées, ou encore des écailles de peintures qui se sont détachés des satellites avec le temps. Bien sûr, ces objets n’avaient pas été prévus pour être rapatriés sur Terre, ou trop cher pour le faire.

Quels dangers ?

D’après Mme Kebe, il y en aurait actuellement 120 millions ! Ces débris gravitent autour de la Terre à une vitesse considérable (8km/s pour les débris en orbite basse). Lorsqu’ils se percutent, cela créé encore plus de débris, leur nombre se multiplie. Il y a donc un risque que ces objets abandonnés entrent en collision avec des satellites actuellement en activité et parfois peuplés comme la station spatiale internationale, dont certains ont déjà dû effectués des manœuvres d’évitement. On estime que ces objets deviennent une menace à partir de 0,01cm, peuvent irrémédiablement endommager des instruments à partir d’1cm et mener jusqu’à l’explosion d’un satellite à partir de 10cm.

Ils ont beau se trouver en dehors de notre atmosphère, il arrive que certains de ces débris retombent sur terre ou sur l’océan sans que l’on puisse savoir précisément où. Par exemple, un réservoir d’un satellite de 1975 est retombé 37 ans plus tard au Zimbabwe.

Quel avenir ?

Selon la NASA, en 2025, il sera difficile d’envoyer des objets dans l’espace sans qu’ils risquent de se faire percuter par des débris. De plus, durant les prochaines années, de plus en plus de satellites seront lancés avec l’émergence de la Chine et de l’Inde qui développent des programmes spatiaux. Enfin, une entreprise américaine va envoyer 4000 petits satellites (constellation) pour avoir accès aux télécommunications. Mais si 2 d’entre eux entrent en collision, cela produira environ 30.000 débris selon Mme Kebe. Cette expansion de la conquête spatiale est favorisée par l’intérêt économique puisque le secteur génère des milliards de bénéfices.

Quelles solutions ?

Actuellement, un effort de recherche est mené sur les débris spatiaux pour apprendre à mieux les modéliser, comprendre combien sont générés lors d’une collision ou explosion dans l’espace, et comment ils vont se mouvoir autour de la Terre“, selon Mme Kebe. Il s’agit donc d’essayer de savoir si ces déchets vont entrer sur Terre, si oui, dans combien de temps, et surtout protéger la station spatiale internationale (où des astronautes font des expériences scientifiques) et les satellites (qui assurent la télécommunication).

Des méthodes de prévention et des satellites qui rentrent sur Terre après une mission, mais cela ne suffirait pas à stabiliser l’environnement spatial.

Ainsi, des missions de nettoyage sont prévues : la technologie pour nous sauver des dégâts causés par la technologie. “Actuellement, il y a eu plusieurs propositions de méthodes nettoyage. Aucune n’a été testé dans des conditions réelles car envoyer un objet dans l’espace coûte très cher“. Une de ces méthodes consiste à utiliser un harpon pour attraper un débris afin de modifier sa trajectoire pour qu’il rentre au plus vite sur Terre.

Concernant les objets présents sur une orbite très éloignés de la Terre (environ 36.000 km), il est envisagé de les éloigner encore plus de la Terre, sur une “orbite cimetière”.

 

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