Une augmentation de la fiscalité sur le diesel en France ?

Après le scandale de Volkswagen, Ségolène Royal veut « en terminer avec le diesel ». En effet dans une interview donnée sur France 5, la ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie a affirmé qu’une augmentation des taxes sur le diesel est « sur la table ».

Source : https://pixabay.com/en/gasoline-diesel-petrol-gas-fuel-175122/

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Le diesel, une histoire française

La France détient le parc automobile le plus diéselisé au monde, avec 64% de véhicules particuliers équipés de ces moteurs. Le 12 juin 2012, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) classait pour la première fois les gaz d’échappement des moteurs diesel comme étant cancérogènes pour l’homme. Dès 1988, ces moteurs ont été classés par l’OMS comme «probablement cancérogènes».

Cette forte détention d’un parc diéselisé provient de l’intention du gouvernement. En effet, celui-ci a prôné pendant de nombreuses années l’avantage du diesel. Il sera donc problématique de sortir du diesel, tout en favorisant son utilisation fiscalement. En 2015, un litre de gazole est taxé 47 centimes contre 62 centimes pour l’essence. De plus, les industries françaises (PSA et Renault) ont largement investi dans le développement de ce type de moteur.

Un projet réaliste et progressif ?

Le dispositif retenu par le gouvernement proposerait un alignement progressif de la fiscalité de l’essence et du diesel sur 5 ans, avec comme possible date d’échéance 2020. Reste à savoir si cet alignement augmentera le prix du diesel pour se mettre au niveau de l’essence, ou si l’essence diminuera en augmentant le diesel en parallèle.

Ce débat sur la taxation du diesel est loin d’être terminé. Cela fait plusieurs années que le gouvernement actuel hésite à augmenter la taxation du diesel, sans n’avoir pris de réelles mesures. On peut notamment citer le rapport de la cour des comptes datant du 17 décembre 2012 qui critique d’une manière générale la politique fiscale française sur l’énergie qui «répond davantage au souci de préserver certains secteurs d’activité qu’à des objectifs environnementaux». Elle ajoute également : «Les voitures diesel sont celles pour lesquelles les recettes couvrent le moins les coûts externes».
Le scandale de Volkswagen permettra peut-être de donner un second souffre à ce débat.

 

Sources :

http://www.lemonde.fr/sante/article/2013/03/02/diesel-42000-morts-prematurees-chaque-annee-en-france_1841726_1651302.html

http://www.largus.fr/actualite-automobile/segolene-royal-veut-en-terminer-avec-le-diesel-3968379.html

http://www.metronews.fr/info/essence-ou-diesel-pourquoi-segolene-royal-refuse-d-augmenter-le-prix-du-gazole/mogp!Pf9TvejLN4juI/

 

Pour aller plus loin : Rapport de la cour des comptes du 17 décembre 2012

https://www.ccomptes.fr/content/down…fere_65241.pdf

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1 réponse

  1. On oublie systématiquement un autre dispositif fiscale tout aussi important et qui “oblige” les entreprises à utiliser du diesel : la récupération de la TVA sur les achats de véhicules, sur leur entretiens et sur les carburants n’est pas possible pour les véhicules essence.
    Est-ce que madame Royal l’ignore ?

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