Warka Water : le collecteur d’eau atmosphérique destiné à abreuver l’Afrique.

 

La première tour Warka Water dans sa version 3.2 est implantée au Nord-Ouest de l’Ethiopie près de Bahar Dar. Les concepteurs travaillent actuellement à l’élaboration et à la conception d’une nouvelle version dont les caractéristiques n’ont pas été dévoilées.

Source : commons.wikimedia.org
Le tissu très fin qui équipant la tour capture l’humidité ambiante pour la restituer sous forme de microgouttes de condensation.

ORIGINES. Le projet doit son nom à l’arbre Warka, figuier géant originaire d’Ethiopie symbole de fécondité. Il fait partie intégrante de la culture et de l’écosystème en fournissant son fruit et un lieu de rassemblement pour les communautés locales.
Tout commence en 2012 lorsque Arturo Vittori, architecte italien et concepteur de la tour, se rend en Ethiopie à l’occasion d’un colloque d’architecture. « J’étais dans la région amhara au nord du pays. Des paysages magnifiques ! J’étais subjugué. Mais j’ai aussi été choqué de voir toutes ces femmes et ces enfants parcourir des dizaines de kilomètres à pied pour puiser de l’eau dans des sources souvent insalubres, des sources qu’ils partagent avec les animaux ». L’idée du projet Warka est lancée.

ENTRE 50 ET 100 LITRES D’EAU PAR JOUR. Indépendamment des conditions climatiques locales, l’air contient toujours une certaine quantité d’eau. Le principe est simple : pendant les moussons, les gouttes de pluie glissent le long du cordage en bambou. Lors des périodes de sècheresse, c’est un maillage de tissu très fin qui capture l’humidité de l’air sous forme de microgouttes de condensation. Le cordage achemine ensuite cette eau propre vers le réservoir d’une capacité de 3000 litres situé au bas de la tour. Il n’y a plus qu’à se servir. Selon son concepteur, la tour peut apporter jusqu’à 100 litres d’eau par jour à des villages n’ayant pas accès à l’eau potable.
La grande force de ce château d’eau atypique réside dans ses matériaux de construction qui se trouvent aisément sur place. En effet, la Warka Water a été conçue à base de bambou et de chanvre pour être facilement installée et entretenue par les villageois locaux sans échafaudage et surtout sans aucun outil électrique. Des caractéristiques qui représentent un double avantage : Une facilité d’assemblage, car d’après le concepteur de la tour, il ne suffirait que de trois heures à quatre ouvriers pour assembler les cinq modules qui la composent. Et d’autre part, un coût par unité estimé à 1000$ (environ 900€) rendu possible par l’utilisation de matériaux naturels présents en abondance sur les lieux.
PERSPECTIVES. A court et moyen terme, l’objectif est d’implanter ces tours sur l’ensemble du continent afin de lutter contre la raréfaction de l’eau toujours plus pressante en Afrique. Mais également de reverdir des paysages décimés par la déforestation. A titre d’exemple, l’Ethiopie a perdu 90% de ses forêts lors de ces cinquante dernières années. « On a décidé avec mon équipe qu’à chaque Warka Water installée, un de ces arbres sera planté » affirme Arturo Vittori.
A long terme, il ne serait pas impossible de voir le concept importé sur le vieux continent. Le stress hydrique et les sécheresses se faisant toujours plus pressants au fil des années, l’été 2015 en est l’exemple le plus récent, la Warka Water représente une solution d’adaptation au changement climatique concrète et abordable du point e vue financier. Cette tour pourrait assurément être une source d’eau durable pour nos agriculteurs et autres cultivateurs terriens dont les récoltes dépendent grandement d’un apport en eau quotidien.

Sources :
http://www.architectureandvision.com/
http://www.warkawater.org/
http://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnemen.html
https://www.kickstarter.com/
http://afrique.lepoint.fr/
https://www.youtube.com/watch?v=PbarOQ1TLUY
https://www.flickr.com/photos/warkawater/

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