Les hydroliennes fluviales: une technologie d’avenir bientôt opérationnelle?

Les hydroliennes, ces drôles de machines ressemblant vaguement à des éoliennes et que l’on immerge aux larges des côtes afin de capter l’énergie cinétique des courants marins, devraient à l’avenir conquérir les fleuves et les rivières du monde. Un modèle très prometteur est déjà en phase de test sur les bords de la Loire, tandis que plusieurs prototypes devraient être expérimentés dans la Garonne en plein coeur de la ville de Bordeaux. Mais quelles sont donc les perspectives d’avenir de cette technologie EMR (Energie Marine Renouvelable)?

hydrolienne_orleansPhoto: la barge supportant l’hydrolienne de la société Hydroquest.

Copyright: www.hydroquest.net/fr

  • Une technologie émergente.

L’Energie Marine Renouvelable (EMR) est une forme d’énergie renouvelable extrêmement prometteuse au potentiel encore grandement inexploité. Ainsi, plusieurs projets de ferme hydrolienne au large des côtes françaises sont en cours de réalisation, mais de nombreux problèmes techniques subsistent (surtout en matière de raccordement et d’éloignement entre les lieux de production et de consommation de l’électricité).

Toutefois, les EMR ne sont pas exclusivement destinées à une utilisation en pleine mer. En effet, les courants provoqués par les changements de marées ne sont pas les seules sources d’énergie marine renouvelable. Le courant des fleuves et des rivières, dont l’avantage est d’être continu (même s’il peut varier en fonction de la météo: épisode de sécheresse, période de crue), constitue également un moyen de faire tourner des hydroliennes et donc de fournir une énergie propre aux habitants se trouvant à proximité d’un cours d’eau.

Il est extrêmement ardu du trouver de sites favorables à l’implantation des hydroliennes fluviales. Elle nécessitent pour la plupart d’entre-elles un courant supérieur à 2 m/s et une profondeur suffisante à leur immersion totale. Elles ne doivent pas non plus entraver la circulation des embarcations sur les principales voies navigables, ni constituer une gène pour les poissons et les autres animaux évoluants dans les cours d’eau. Néanmoins, elles pourraient avoir un impact favorable sur l’environnement en se substituant à la construction des petits barrages hydroélectriques sur les rivières et les torrents.

De nombreux projets d’hydrolienne fluviale sont actuellement en phase de développement dans le monde et plus particulièrement en France. Ainsi, depuis Novembre 2014, la société « Hydroquest » teste un prototype d’hydrolienne dans la Loire, à Orléans, tandis qu’à Bordeaux une plateforme d’essai accessible à tous les constructeurs d’hydroliennes est en cours de construction sous l’une des arches du pont de pierre enjambant la Garonne.

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Photo: la barge supportant l’hydrolienne de la société Hydroquest.

Copyright: www.hydroquest.net/fr

  •  La première hydrolienne fluviale française.

L’hydrolienne actuellement installée dans la Loire par « Hydroquest »  est issue d’un projet collaboratif appelé « Hydrofluv ». Elle devrait y rester environ deux ans, le temps d’évaluer ses performances énergétiques et de déterminer son impact environnemental.

La Loire a été choisie comme banc d’essai car c’est un fleuve bien moins canalisé et aménagé par l’homme que les autres cours d’eau du territoire national. La Loire de part la richesse de la biodiversité qu’elle abrite et en raison de la grande variation de son niveau d’eau constitue un excellent site pour évaluer la productivité de la machine et ses effets sur la faune aquatique.

L’hydrolienne du projet « Hydrofluv » est actuellement attachée à une barge flottante, elle-même ancrée sur le fond du fleuve afin de maintenir constamment l’hydrolienne dans le flux d’eau. La solution de la barge évite de réaliser les lourds travaux de génie civil nécessaires pour d’ancrer directement la machine sur le fond du cours d’eau et facilite les opérations de maintenance, mais pose le problème de l’acceptabilité de l’installation par les riverains car elle est constamment visible depuis les habitations des bords de Loire.

L’hydrolienne installée à Orléans devrait permettre de produire entre 30 et 50 kW/h en fonction de la puissance du courant et ainsi de couvrir les besoins en électricité d’une soixantaine de foyers.

Si le test, qui devrait prendre fin au mois de juin 2016 se révèle concluant,  cette technologie  pourrait être construite de manière industrielle et entre 300 et 500 machines pourraient trouver un acquéreur principalement sur les marchés américains et africains.

  • La plateforme de test SEENEOH.

A Bordeaux, sous l’une des arches fermées à la navigation du pont de pierre traversant la Garonne, devrait bientôt être achevée une plateforme de test pour les hydroliennes marines et fluviales. En effet, le « Site Expérimental Estuarien National pour l’Essai et l’Optimisation des Hydroliennes » (SEENEOH), projeté par le bureau d’études « Energie de la Lune » a pour objectif d’offrir aux industriels une infrastructure grâce à laquelle ils pourront expérimenter leurs machines dans des conditions optimales.

En effet, le SEENEOH se trouve dans le plus grand estuaire européen, celui de la Gironde et le pont de pierre de Bordeaux se trouve être le lieu de confluence des énergies marines et fluviales. A proximité des piles du pont, la vitesse du courant est presque tout le temps supérieure à 1 m/s et peut atteindre les 3,5 m/s en période de crue. La profondeur y est de 8 mètres ce qui est suffisant pour immerger totalement les plus grosses hydroliennes fluviales (5 mètres de diamètre et une puissance de 250 kW).

Lancé en 2012, ce projet devrait aboutir au mois de juillet prochain avec la mise en service d’une hydrolienne à axe vertical conçue par la société « Hydrotube Energie ». Jusqu’à trois hydroliennes devraient pouvoir y être testées en même temps pour une durée pouvant varier entre 6 et 24 mois. Deux machines seront fixées sur des plateformes flottantes à 46 mètres en aval du pont, tandis qu’une troisième se trouvera à une distance de 125 mètres de l’édifice.

Assurément l’énergie hydrolienne en eau douce est une filière d’avenir. Près de 3 000 MW pourraient être installés dans les fleuves et les rivières sillonnant les terres émergées du globe, ce qui représente un marché de plus de 10 milliards d’€uros.

  • Sources:
  •  concernant le projet « Hydrofluv ».

http://www.actu-environnement.com/ae/news/hydrolienne-loire-orleans-hydroquest-23296.php4

ici.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/la-premiere-hydrolienne-fluviale-de-france-est-experimentee-8551215.html

http://www.batiweb.com/actualites/collectivites-territoriales/orleans-experimente-la-premiere-hydrolienne-fluviale-de-france-07-11-2014-25374.html

http://france3-regions.francetvinfo.fr/centre/2014/11/06/orleans-teste-la-premiere-hydrolienne-fluviale-de-france-586978.html

http://www.usinenouvelle.com/article/premiere-hydrolienne-fluviale-dans-la-loire.N297297

  • concernant le projet « SEENEOH ».

http://www.faiteslepleindavenir.com/2014/02/27/bordeaux-teste-les-hydroliennes/

http://larochelle-rebelle.blogspot.fr/2015/05/bordeaux-experimente-une-hydrolienne.html

http://www.latribune.fr/regions/aquitaine/20131015trib000790704/bordeaux-capitale-mondiale-des-hydroliennes-fluviales-en-2014.htmlhttp://www.20minutes.fr/bordeaux/1482979-20141118-bordeaux-site-essais-hydroliennes-doit-encore-patienter-quelques-mois

http://www.sudouest.fr/2015/04/29/l-hydrolienne-reste-a-flotle-premier-client-de-seeneoh-1906782-2780.php

http://www.bordeaux7.com/bordeaux-actu/49-actu/14236-initiative

http://www.france-energies-marines.org/content/download/14875/97533/version/9/file/FICHE+SEENEOH_FR.pdf

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