La stratégie européenne d’une Union de l’énergie

Récemment,  le président Juncker et ses commissaires ont présenté leur projet d’Union énergétique qui se décline en deux volets : l’achèvement du marché intérieur de l’énergie et le renforcement d’actions pour lutter contre le changement climatique.


Source: Pixabay.com

Comme l’a énoncé le président Junker, « l’énergie doit être résiliente, fiable, sûre et de plus en plus renouvelable et durable », ce qui se traduit par la sécurité des approvisionnements de l’énergie, la maitrise des prix et la préservation de l’environnement.


La priorité de sécurisation de l’approvisionnement en énergie
Face aux répétitions des conflits entre la Russie et l’Ukraine, qui menacent en permanence la sécurité énergétique de l’Europe, la Commission cherche à diversifier ses moyens de fourniture d’énergie. Cependant, elle veut s’assurer que la conclusion de ses contrats commerciaux de fourniture de gaz et d’électricité soient en conformité avec les règles de l’UE et respectent un principe de transparence dans leur constitution.
Toutefois, cette diversification de fournisseurs d’énergie est contestée car la Commission envisage de conclure ce type de conventions avec des États violant les droits de l’homme (Turquie, Azerbaïdjan, Algérie, Turkménistan, des pays du Moyen Orient et de l’Afrique). Les détracteurs à cette pratique ont manifesté leur crainte à ce que ce type de marché de l’énergie profite à ces pays dictatoriaux ou à fortes tensions politiques. Afin d’apaiser ses contestations et peurs, le commissaire de l’énergie a assuré qu’ils privilégieraient des négociations pour améliorer le respect des droits de l’homme.
Selon les propos d’Iverna Mc Gowan, directrice adjointe du bureau des institutions européennes chez Amnesty International, « les droits de l’homme devraient être la pierre angulaire des politiques étrangères de l’UE ». Même si l’insécurité énergétique en Europe est une urgence à résoudre, il ne faut pas le faire au détriment de la violation de certains principes fondamentaux.
Le renforcement des interconnexions transfrontalières
Toujours dans le souci d’assurer une sécurité d’approvisionnement en énergie, la commission a fixé l’objectif d’augmenter de 10 % pour chaque État membre, les interconnexions électriques transfrontalières d’ici 2020 et 15 % en 2030. Il a été estimé que l’ensemble de ces actions transfrontalières couteraient environ 200 milliards d’euros dans les dix ans à venir.
C’est un gage de solidarité d’approvisionnement réciproque en énergie et cette ambition a aussi pour but de parvenir à un commerce d’électricité entre les États membres. Nous pouvons évoquer l’aboutissement de l’interconnexion électrique franco espagnol : il s’agit d’une liaison de 2000 MW, d’une longueur de 64.5 km et qui profite à 34 pays : l’Europe bénéficie des ressources renouvelables de la péninsule Ibérique et l’Espagne peut importer de l’électricité décarbonnée. Il permet de d’absorber 5 millions de tonnes de carbone par an, d’assurer des meilleurs prix aux futurs consommateurs ainsi que l’attractivité des espaces locaux traversés par cette ligne. Projet prioritaire d’intérêt européen, cette entreprise a représenté 700 millions d’euros, financée solidairement entre les gestionnaires de réseaux de transports, RTE et REE, rassemblés autour de leur filiale commune Inelfe.
Cette recherche d’échange d’énergie réciproque renvoie à l’aspiration européenne d’instaurer un marché unique de l’électricité. Pour cela, la commission a prévu de contrôler l’application des règles sur l’ensemble de la chaine de valeur de l’énergie et de dissocier les activités de l’énergie (production- transport/distribution-fourniture). De même, elle souhaite apporter plus d’indépendance aux régulateurs de l’énergie et d’élargir les compétences de l’agence de coopération des régulateurs nationaux. L’objectif annoncé est de parvenir à un marché de l’électricité intégré, en mettant à contribution les différentes régions des Etats membres. Toutefois, de nouvelles voix s’élèvent pour contester la manœuvre de la commission: A défaut d’intervenir dans la détermination du mix énergétique des Etats membres, elle leur impose d’autres exigences afin de parvenir à une cohérence de la stratégie énergétique de l’UE. Encore faut-il que les Etats acceptent cette intrusion indirecte dans leur politique énergétique nationale.
Le soutien à la lutte contre le changement climatique
Cette communication mentionne aussi l’avancée vers « la transition vers une société à faible carbone ». D’après les propos du commissaire de l’énergie Miguel Arias Canete, cela se traduit par « le renforcement des économies d’énergies, l’expansion des énergies renouvelables et la diversification de notre approvisionnement en énergie ». Autrement dit, il est prévu de repenser l’approche globale de l’efficacité énergétique. En premier lieu, il s’agit de poursuivre les actions de rénovations énergétiques des bâtiments afin qu’ils soient moins consommateurs d’énergies. De même, il faut renforcer le système d’échanges de quotas d’émissions et de paiement de taxes des secteurs les plus pollueurs. De surcroit, il est primordial de faire évoluer le secteur des transports en favorisant les autres moyens de transports, le recours à des carburants alternatifs ainsi qu’à l’électrification de son parc automobile. De nombreux moyens financiers soutiendront l’ensemble de ces actions ainsi que le développement des énergies renouvelables et des technologies intelligentes. Cela aura pour effet la création d’emplois et la reconnaissance de l’UE dans de déploiement de ses nouvelles technologies de développement des énergies vertes.
Ce projet européen de l’Union de l’énergie fait aussi écho à la prochaine Cop 21 qui se déroulera à Paris en décembre 2015 prochain. Il s’agit de parvenir à la signature d’un accord international sur le climat et affiner l’objectif de réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre entre 1990 et 2050.
Ce projet ambitieux d’Union de l’énergie et du climat doit maintenant être approuvé par le Parlement et le Conseil Européen et il faudra attendre quelques mois pour avoir plus de précisions dans sa mise en œuvre.

Source :
-http://ec.europa.eu
-http://www.lesechos.fr
-http://www.journaldelenvironnement.net
-http://www.lefigaro.fr
-http://www.enerzine.com
-http://www.euractiv.fr/sections/energie/lunion-de-lenergie-tend-la-main-des-regimes-autoritaires-312534

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